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Bonjour et bienvenue à tous sur le blog consacré au livre d'Ellen White (1827-1915), "La Tragédie des Siècles" (1911). Cet ouvrage éclaire de façon étonnante le passé, le présent et l’avenir, tout en exposant le plan de Dieu pour l’humanité.
Source de réconfort et d’inspiration il deviendra l’un des livres les plus importants que vous ayez jamais lus.

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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

LA BIBLE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (Partie 1)

Au seizième siècle, une Bible ouverte à la main, la Réforme avait frappé à la porte de tous les pays d'Europe. Certaines nations l'avaient accueillie comme une messagère céleste. D'autres, influencées par la papauté, lui avaient en grande partie fermé l'accès de leur territoire, qui resta ainsi presque totalement privé de la connaissance et de l'influence bienfaisante de la Parole de Dieu. Parmi ces derniers, il faut ranger la France, où la lumière pénétra de bonne heure, où, des siècles durant, la vérité et l'erreur furent aux prises, et où le mal finit par triompher et la lumière céleste par être bannie. « La lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière. » ( Jean 3.19 ) Aussi la nation française tout entière a-t-elle récolté les fruits de ses semailles. La puissance protectrice de l'Esprit de Dieu ayant cessé d'entourer un peuple qui avait méprisé le don de Sa grâce, les ferments du mal sont parvenus à maturité, et le monde a pu contempler les résultats auxquels on s'expose volontairement lorsqu'on ferme sa porte au Prince de la Paix et à la pure lumière de Son Évangile.

La guerre faite à l'Évangile sur le sol de France atteignit son point culminant sous la Révolution. Cet effroyable bouleversement fut la conséquence naturelle de la suppression de la Parole de Dieu. (Voir
Appendice a21) Il est la démonstration la plus frappante de l'aboutissement auquel peut arriver une nation après plus d'un millénaire passé à l'école de l'église de Rome.

La suppression des saintes Écritures durant la période de la suprématie papale avait été prédite par les prophéties; d'autre part, l'Apocalypse avait annoncé les terribles résultats qu'aurait, pour la France en particulier, la domination de « l'homme de péché ».

« [Les nations] fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois, avait dit saint Jean. Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours.... Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra, et les tuera. Et leurs cadavres seront sur la place de la grande ville, qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié.... Et à cause d'eux les habitants de la terre se réjouiront et seront dans l'allégresse, et ils s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre. Après les trois jours et demi, un esprit de vie, venant de Dieu, entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds; et une grande crainte s'empara de ceux qui les voyaient. » (
Apocalypse 11.2-11 )

Les périodes « quarante-deux mois » et « mille deux cent soixante jours » mentionnées dans ce passage sont un seul et même laps de temps, à savoir celui pendant lequel l'Église de Dieu devait être opprimée par celle de Rome. Les mille deux cent soixante années de la suprématie papale commencèrent en l'an 538 de notre ère, et devaient par conséquent se terminer en 1798. (Voir
Appendice a22) À cette dernière date, une armée française entra dans Rome, s'empara du pape et le conduisit en exil à Valence, où il mourut. On ne tarda pas à élire un nouveau pape, mais la Curie fut incapable de rétablir son ancienne puissance.

Cependant la persécution des fidèles disciples du Sauveur ne dura pas jusqu'à la fin de la période des mille deux cent soixante années. Dans sa miséricorde envers son peuple, Dieu abrégea la durée de cette cruelle épreuve. En prédisant la « grande affliction » qui allait être le lot de son Église, le Sauveur avait dit : « Et si ces jours n'étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. » (
Matthieu 24.22 ) Grâce à l'influence de la Réforme, la persécution prit fin avant 1798.

Au sujet des deux témoins, le prophète ajoute : « Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. » (
Apocalypse 11.4 ) « Ta Parole, dit le Psalmiste, est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » ( Psaumes 119.105 ) Les deux témoins représentent les Écritures de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'un et l'autre témoignent de l'origine et de la perpétuité de la loi de Dieu. L'un et l'autre proclament le plan de la Rédemption. Les symboles, les sacrifices et les prophéties de l'Ancien Testament annoncent un Sauveur à venir. Les évangiles et les épîtres du Nouveau Testament nous parlent d'un Sauveur déjà venu, et qui répond exactement aux symboles et aux prophéties.

« Je donnerai à mes deux témoins, lisons-nous dans l'Apocalypse, le pouvoir de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours. »

Durant la plus grande partie de cette période, les deux témoins de Dieu ont connu une période d'obscurité relative. La puissance papale s'est efforcée de soustraire au peuple la Parole de vérité et de produire de faux témoins qui en contredisaient le témoignage. » (Voir
Appendice a23) Le temps où les deux témoins prophétisèrent, vêtus de sacs, est celui où les saintes Écritures étaient proscrites par les autorités civiles et religieuses, où leur témoignage était falsifié, où l'effort réuni des hommes et des démons tendait à en détourner les esprits, où ceux qui osaient en proclamer les vérités sacrées étaient traqués, ensevelis dans des cachots, torturés, martyrisés pour leur foi ou obligés d'aller demander une retraite aux forteresses de la nature, aux rochers et aux antres de la terre; c'est alors que les deux témoins « prophétisèrent vêtus de sacs ». Ce ministère, ils le poursuivirent pendant toute la période des mille deux cent soixante années. Aux époques les plus sombres, il y eut des hommes fidèles qui aimaient la Parole de Dieu et qui, jaloux de Sa gloire, reçurent de Son Auteur sagesse, puissance et autorité pour annoncer la vérité.

« Si quelqu'un veut leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis; et si quelqu'un veut leur faire du mal, il faut qu'il soit tué de cette manière. » (
Apocalypse 11.5 ) Ce n'est jamais impunément qu'on foule aux pieds la Parole de Dieu. Le sens de cette terrible sentence est donné dans le dernier chapitre de l'Apocalypse : ' Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. » ( Apocalypse 22.18, 19 )

Tels sont les avertissements que Dieu nous donne pour nous mettre en garde contre la tentation d'apporter la moindre altération à ce qu'il a révélé ou ordonné. Ces solennelles instructions s'appliquent à tous ceux dont l'influence pousse les hommes à faire peu de cas de la loi divine. Elles devraient faire trembler ceux qui traitent à la légère l'obéissance aux saints commandements de Dieu. Tous ceux qui mettent leurs opinions au-dessus de la révélation divine, qui altèrent le sens clair et évident des Écritures en vue de se procurer un avantage particulier ou afin de se conformer au monde, prennent sur eux une redoutable responsabilité. Le critère qui servira à éprouver tous les hommes, c'est la Parole écrite, la sainte loi de Dieu; tous ceux que ce code infaillible déclarera coupables seront condamnés.

« Quand ils auront achevé [ou seront sur le point d'achever ] (Trad. littérale. Voir Emphatic Diaglott.) leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera. »

La période pendant laquelle les deux témoins devaient rendre leur témoignage revêtus de sacs se termina en 1798. Vers la fin de leur ministère exercé dans l'ombre, la puissance représentée par la « bête qui monte de l'abîme » allait leur faire la guerre. Durant des siècles, les autorités civiles et ecclésiastiques de plusieurs États européens avaient été, par l'intermédiaire de la papauté, dirigées par Satan. Mais ici on assiste à une nouvelle manifestation de sa puissance.

Sous prétexte d'une grande vénération pour les saintes Écritures, la tactique constante de Rome avait été de les tenir scellées dans une langue inconnue, et de les mettre ainsi hors de la portée du peuple. Sous cette domination, les deux témoins avaient prophétisé vêtus de sacs. Mais un nouveau pouvoir -- la « bête qui monte de l'abîme » -- devait surgir et livrer une guerre ouverte à la Parole de Dieu.

« Et leurs cadavres seront sur la place de la grande ville, qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. »

La « grande ville » dans les rues de laquelle les deux témoins sont tués, et où gisent leurs cadavres, « est appelée, dans un sens spirituel,... Égypte ». De toutes les nations dont l'Écriture nous rapporte l'histoire, c'est l'Égypte qui a le plus effrontément nié l'existence de Dieu et foulé aux pieds ses commandements. Aucun monarque ne s'était jamais révolté plus audacieusement contre l'autorité du ciel que le pharaon d'Égypte. Quand Moïse lui apporta un message de la part de Dieu, il lui répondit avec hauteur : « Qui est l'Éternel, pour que j'obéisse à sa voix, en laissant aller Israël? Je ne connais point l'Éternel, et je ne laisserai point aller Israël. » (
Exode 5.2 ) Tel est le langage de l'athéisme. Or, la nation représentée ici par l'Égypte devait également refuser de reconnaître les droits du Dieu vivant; elle devait faire preuve d'une incrédulité semblable, et défier de la même façon le Créateur des cieux et de la terre. La « grande ville » est aussi appelée, « dans un sens spirituel, Sodome ». La corruption de Sodome se manifestait plus spécialement par sa luxure. Ce péché devait également caractériser la nation qui allait accomplir cette prophétie.

Il ressort donc des paroles du prophète que, peu avant l'an 1798, un gouvernement sortant de « l'abîme » devait s'élever pour faire la guerre à la Parole de Dieu. Dans le pays où les deux témoins allaient être réduits au silence, on devait voir s'étaler l'athéisme de Pharaon et la luxure de Sodome.

Cette prophétie a reçu l'accomplissement le plus frappant dans l'histoire de la France. Au cours de la Révolution, en 1793, « le monde vit pour la première fois une assemblée d'hommes nés et élevés en pays civilisé, et s'arrogeant le droit de gouverner la nation la plus policée de l'Europe, s'unir pour renier unanimement la vérité la plus haute qui soit accessible à l'homme : la foi en la divinité et en son culte. » (Voir
Appendice a24) « La France est la seule nation du monde qui ait officiellement osé lever la main contre l'Auteur de l'univers. Il y a eu, et il y a encore, bon nombre de blasphémateurs et d'incrédules en Angleterre, en Allemagne, en Espagne et ailleurs; mais la France occupe une place à part dans les annales de l'humanité, étant le seul État qui, par une décision de son assemblée législative, ait déclaré l'inexistence de Dieu, et dont la vaste majorité de sa population, tant dans la capitale qu'en province, ait accueilli cette nouvelle par des danses et des chants de joie. » (Voir Appendice a24)

À la même époque, la France manifesta aussi le caractère de Sodome. Au cours de la Révolution, on put constater un état de corruption analogue à celui qui attira la colère de Dieu sur cette ville coupable de l'antiquité. L'histoire, comme la prophétie, établit un rapport entre l'athéisme et l'impudicité. « En relation intime avec les lois contre la religion se trouvait celle qui attaquait le mariage. L'engagement le plus sacré existant entre deux êtres humains, et dont la permanence est indispensable à la conservation de la société, était réduit à l'état de simple contrat civil de nature transitoire, et que deux personnes peuvent contracter et rompre à volonté.... Si des ennemis de la société s'étaient imposé la tâche de détruire tout ce qu'il y a de gracieux, de vénérable et de constant dans la vie domestique par un mal qui se perpétuât de génération en génération, ils n'auraient rien pu trouver de plus efficace que la dégradation du mariage.... Sophie Arnould, actrice célèbre par son esprit, appelait l'union libre « le sacrement de l'adultère. »

« Où leur Seigneur a été crucifié », dit la prophétie. Ce détail prophétique s'était également réalisé. Aucun pays -- au cours de son histoire -- n'avait manifesté autant d'inimitié que la France contre Jésus-Christ, contre Sa Parole et contre Ses vrais disciples. Par les persécutions qu'elle avait fait subir au cours des siècles aux confesseurs de l'Évangile, elle avait réellement « crucifié le Seigneur » dans la personne de Ses disciples.

Siècle après siècle, le sang des saints avait coulé à flots. Pendant que les Vaudois, dans les montagnes du Piémont, donnaient leur vie pour « la Parole de Dieu et le témoignage de Jésus », les Albigeois faisaient, en France, le même sacrifice et pour la même cause. Aux jours de la Réforme, les Huguenots avaient également versé leur sang pour conserver ce qu'il y a de plus cher au coeur humain : la conscience. Traités en parias, ils avaient vu leur tête mise à prix. Pourchassés comme des fauves, ils avaient subi la mort après d'affreuses tortures. Le roi et les nobles, des femmes de haute naissance et de délicates jeunes filles s'étaient rassasiés du spectacle de l'agonie des martyrs de Jésus.

Ceux de leurs descendants qui restaient encore en France au dix-huitième siècle se cachaient dans les montagnes du Midi, et là, sous le nom d'« Église du Désert », ils conservaient la foi de leurs pères. Quand ils osaient se réunir de nuit sur le flanc des montagnes ou dans les landes désertes, c'était au risque d'être traqués par les dragons du roi et condamnés à une vie d'esclavage sur les galères. Les hommes les plus purs, les plus nobles et les plus distingués de France vivaient dans les chaînes, ou exposés aux plus horribles tortures dans la promiscuité des bandits et des assassins. Plus humainement traités étaient ceux qui, sans armes et sans défense, tombant à genoux et se recommandant à Dieu, étaient fusillés de sang-froid. Des centaines de vieillards, de femmes inoffensives et d'enfants innocents, surpris en pleine assemblée, étaient laissés inanimés sur les lieux. En parcourant le versant des montagnes où ces infortunés chrétiens avaient coutume de se réunir, on voyait souvent, « tous les quatre pas, des corps morts qui jonchaient le chemin et des cadavres suspendus aux arbres ». Leur pays, dévasté par l'épée, la hache et le bûcher, fut transformé en un vaste et lugubre désert. « Ces atrocités se perpétraient non pas en un temps de ténèbres et d'ignorance, mais dans le siècle poli de Louis XIV, siècle où les arts et les sciences étaient cultivés, où les lettres florissaient et où les théologiens de la cour et de la capitale, savants et éloquents, se paraient des grâces de la douceur et de la charité. » (Voir
Appendice a25)

Mais le plus noir des forfaits, le plus atroce des crimes enregistrés par l'histoire, fut le massacre de la Saint-Barthélemy. Le monde frémit encore d'horreur au souvenir de ce lâche et cruel attentat. Sous la pression des dignitaires de l'Église, ce crime fut autorisé par le roi de France. Une cloche de l'église de Saint-Germains-l'Auxerrois, retentissant dans le silence de la nuit, donna le signal de la tuerie. Des milliers de protestants qui, comptant sur la parole d'honneur de leur roi, reposaient tranquillement dans leurs lits, furent assaillis dans leurs demeures et massacrés.

De même que le Christ avait été le Conducteur invisible de Son peuple lorsqu'il l'arracha à l'esclavage de l'Égypte, de même Satan fut le chef invisible de ses sujets dans cet horrible égorgement qui se poursuivit dans Paris sept jours durant, les trois premiers avec une indicible fureur. Mais cette oeuvre de mort ne se borna pas à la capitale : par ordre du roi, elle s'étendit à toutes les provinces et à toutes les villes où vivaient des protestants. On n'eut égard ni à l'âge ni au sexe. On n'épargna ni l'enfant à la mamelle, ni le vieillard aux cheveux blancs. Nobles et paysans, jeunes et vieux, mères et enfants, tous étaient également immolés. Le massacre dura deux mois entiers dans toutes les parties de la France. Soixante-dix mille âmes environ, la fleur de la nation, périrent.

« Quand la nouvelle de ce crime parvint à Rome, la joie du clergé ne connut pas de bornes. Le cardinal de Lorraine récompensa le messager d'un don de mille couronnes; le canon de Saint-Ange se fit entendre en signe de joyeux salut; les cloches de toutes les églises sonnèrent à toute volée; les feux de joie transformèrent la nuit en jour; et Grégoire XIII, accompagné des cardinaux et d'autres dignitaires ecclésiastiques, se rendit en procession à l'église de Saint-Louis, où le cardinal de Lorraine chanta le Te Deum.... Une médaille fut frappée pour commémorer l'événement. Le pape Grégoire envoya la Rose d'or à Charles IX et, quatre mois après,... il écoutait complaisamment le sermon d'un prêtre français célébrant ce jour de joie et d'allégresse où le Saint-Père reçut l'heureuse nouvelle, et alla solennellement en rendre grâces à Dieu et à Saint Louis. » (Voir
Appendice a26) On peut encore voir au Vatican les trois fresques de Vasari représentant le meurtre de Coligny, le roi décidant le massacre en conseil, et le massacre lui-même.

L'esprit infernal qui poussa à la Saint-Barthélemy présida aussi aux scènes de la Révolution. Jésus-Christ y fut déclaré un imposteur, et le cri de ralliement des incrédules qui le désignaient était : « Écrasons l'infâme » (Voir
Appendice a27) Le blasphème et la luxure marchaient de pair; des hommes abjects, des monstres de cruauté et de vice étaient comblés d'honneur : hommage suprême rendu à Satan, tandis que Jésus-Christ, la personnification de la vérité, de la pureté et de l'amour désintéressé, était crucifié à nouveau.

« La bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre; elle les vaincra et les tuera. »

Comme on vient de le voir, la puissance athée qui gouverna la France sous la Révolution et le règne de la Terreur livra en effet à Dieu et à Sa Parole une guerre sans précédent dans l'histoire. L'Assemblée nationale abolit le culte de la divinité. Les exemplaires de la sainte Écriture furent ramassés et brûlés publiquement avec toutes les marques du mépris. La loi de Dieu était foulée aux pieds. La célébration publique du culte chrétien, du baptême et de la cène fut interdite; le repos hebdomadaire fut supprimé et remplacé par le décadi. Des inscriptions placées bien en vue sur les cimetières déclaraient que la mort est un sommeil éternel.

On affirmait que, loin d'être « le commencement de la sagesse », la crainte de Dieu était le commencement de la folie. Tout culte religieux, sauf celui de la liberté et de la patrie, fut prohibé. « L'évêque constitutionnel de Paris eut le principal rôle dans une comédie impudente et scandaleuse qui fut jouée en présence de l'Assemblée nationale.... Il vint, recouvert de ses ornements sacerdotaux, pour déclarer à la barre de la Convention que la religion qu'il avait enseignée tant d'années avait été inventée de toutes pièces par les prêtres et qu'elle n'avait aucun fondement ni dans l'histoire ni dans la vérité sacrée. Dans les termes les plus solennels et les plus explicites, il nia l'existence de la divinité dont il avait été le prêtre, annonçant qu'il allait désormais dédier sa vie au culte de la liberté, de l'égalité, de la vertu et de la morale. Il déposa alors devant l'Assemblée ses insignes épiscopaux et reçut du président de la Convention l'accolade fraternelle. Plusieurs prêtres apostats suivirent l'exemple de ce prélat. » (Voir
Appendice a28)

« Et à cause d'eux les habitants de la terre se réjouiront et seront dans l'allégresse, et ils s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre. » La France avait réduit au silence la voix de ces deux témoins. La Parole de vérité, étendue comme un cadavre dans ses rues, mettait dans la joie ceux qui haïssaient les restrictions et les exigences de la loi divine. On outrageait publiquement le Dieu du ciel.

Comme certains pécheurs d'autrefois, on s'écriait : « Comment Dieu saurait-il, comment le Très-Haut connaîtrait- il? » (
Psaumes 73.11)

Avec une hardiesse dans le blasphème depassant presque toute conception, un prêtre du nouvel ordre s'écriait : « Dieu, si tu existes, venge les injures faites à ton nom. Je te défie!... Tu gardes le silence.... Tu n'oses pas lancer les éclats de ton tonnerre!... Qui, après ceci, croira encore à ton existence? » (Lacretelle, Histoire, vol. XVI, p. 309. Cité dans Alison's History of Europe, vol.I, chap. X..) Écho frappant des paroles de Pharaon : « Qui est l'Éternel pour que j'obéisse à sa voix? Je ne connais pas l'Éternel! »

« L'insensé dit en son coeur : Il n'y a point de Dieu. » (
Psaumes 14.1 ) De ceux qui pervertissent la vérité, il est dit : « Leur folie sera manifeste pour tous » ( 2 Thimothée 3.9 ) Quand la foule eut répudié le culte du Dieu vivant, de celui « dont la demeure est éternelle », elle ne tarda pas à glisser dans une idolâtrie dégradante. En la personne d'une comédienne, le culte de la Raison fut inauguré sous les auspices de l'Assemblée nationale et des autorités civiles et législatives.

« Les portes de la Convention s'ouvrirent toutes grandes pour livrer passage à une bande de musiciens, à la suite de laquelle les membres du Conseil municipal entrèrent en procession solennelle, chantant un hymne à la liberté et escortant, comme objet de leur culte futur, une femme voilée dénommée la déesse Raison. Dès qu'elle se trouva dans l'enceinte, on la dépouilla solennellement de son voile, et elle prit place à la droite du président. On reconnut alors une actrice de l'Opéra. C'est à cette femme, considérée comme le meilleur emblème de la raison, qu'allèrent les hommages publics de la Convention nationale.

» Cette cérémonie impie et ridicule eut une certaine vogue; l'instauration de la déesse Raison fut renouvelée et imitée dans toutes les parties de la France où l'on voulut se montrer à la hauteur de la Révolution. » (Voir
Appendice a29)

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