Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bonjour et bienvenue à tous sur le blog consacré au livre d'Ellen White (1827-1915), "La Tragédie des Siècles" (1911). Cet ouvrage éclaire de façon étonnante le passé, le présent et l’avenir, tout en exposant le plan de Dieu pour l’humanité.
Source de réconfort et d’inspiration il deviendra l’un des livres les plus importants que vous ayez jamais lus.

Rechercher

25 septembre 2005 7 25 /09 /septembre /2005 00:00

LUMIÈRES ET TÉNÈBRES

Une grande analogie caractérise les réformes qui, de siècle en siècle, jalonnent les progrès de l'oeuvre de Dieu. Étant donné que les voies divines sont immuables et que les mouvements importants du temps présent trouvent leur parallèle dans l'histoire, les péripéties de la vie de l'Église aux siècles passés nous offrent de précieux enseignements.

La Bible laisse clairement entendre que les hommes choisis par Dieu pour diriger les grands mouvements destinés à poursuivre son oeuvre de salut sur la terre sont tout spécialement placés sous la direction de son Esprit. Ces hommes ne sont que des instruments dont Dieu se sert en vue de la réalisation de ses desseins de miséricorde. Chacun d'eux a son role à jouer; chacun reçoit la mesure de lumière adaptée aux besoins de son temps et suffisante pour accomplir la tâche qui lui est confiée. Mais aucun de ces hommes, si honoré du ciel qu'il ait été, n'est parvenu à une parfaite intelligence du grand plan de la rédemption, ni même à une juste appréciation du dessein de Dieu pour son époque. L'homme ne peut comprendre parfaitement ce que Dieu se propose d'accomplir par le mandat qu'il lui confie, ni voir toute la portée du message dont il est le héraut.

« Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, demande Job, parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant? » « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » « Car je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre, je suis Dieu et nul n'est semblable à moi. J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore accompli. (
Job 11.7 Ésaïe 55.8,9 Ésaïe 46.9,10)

Les prophètes eux-mêmes, pourtant spécialement éclairés par le Saint-Esprit, ne voyaient pas toute la portée de leurs oracles. La signification de ceux-ci se dégagea peu à peu au cours des siècles, et cela seulement à mesure que les enfants de Dieu avaient besoin des enseignements qu'ils contenaient.

Ainsi, touchant le salut mis en évidence par l'Évangile, l'apôtre Pierre pouvait écrire : « Les prophètes... ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d'avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui ont prêché l'Évangile. (
1 Pierre 1.10-12)

Bien qu'il ne leur fût pas donné de comprendre pleinement les choses qui leur étaient révélées, les prophètes s'efforçaient néanmoins de saisir toutes les lumières que Dieu jugeait bon de leur communiquer, faisant « des recherches et des investigations » pour découvrir « l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit ». Quel magnifique enseignement se cache ici pour le peuple de Dieu vivant sous la dispensation évangélique et au bénéfice duquel ces prophéties furent données! « Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses. » Les voyez-vous, ces serviteurs de Dieu, scrutant diligemment des révélations destinées aux générations à venir? Comparez leur saint zèle avec l'indifférence que notre époque favorisée manifeste à l'égard du don céleste! Quelle censure à l'adresse des chrétiens insouciants et mondains qui se contentent de dire que les prophéties sont incompréhensibles!

Bien que l'esprit limité de l'homme soit insuffisant pour entrer dans les conseils de l'Infini ou pour en comprendre pleinement les desseins, il n'en est pas moins vrai que c'est souvent en raison de quelque erreur ou de quelque négligence de notre part que nous saisissons si imparfaitement les messages du ciel. Il arrive fréquemment que l'intelligence des gens, même des serviteurs de Dieu soit tellement obscurcie par les usages, les opinions courantes et les enseignements populaires, qu'ils ne perçoivent que partiellement les vérités révélées. Tel fut le cas des disciples de Jésus, alors même qu'il était personnellement avec eux. Imbus des conceptions courantes sur le Messie, ils attendaient un prince temporel qui porterait Israël à la tête de l'univers! De là leur incapacité de comprendre le Sauveur quand il leur parlait de ses souffrances et de sa mort.

Le message que Jésus lui-même leur avait confié : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle » (
Marc 1.15)
, était basé sur le livre de Daniel. Selon cette prophétie (
Dan., ch. 9), le Messie, « l'oint », devait paraître à l'expiration des soixante-neuf semaines. Pleins d'espérance et de joie à la perspective du prochain établissement, à Jérusalem, d'un glorieux royaume messianique embrassant toute la terre, ils s'acquittèrent de la mission dont le Seigneur les avait chargés. Mais, aveuglés par l'erreur qu'ils caressaient depuis leur enfance, ils ne s'apercevaient pas que le texte de Daniel (9.25) annonçait, un verset suivant du même chapitre, que le Messie devait être « retranché ». Aussi, au moment où ils croyaient leur Maître sur le point de monter sur le trône de David, quelle ne fut pas leur déception de le voir arrêté comme un malfaiteur, battu de verges, tourné en dérision, condamné et suspendu sur la croix du Calvaire! De quelles angoisses et de quel désespoir leur coeur ne fut-il pas déchiré pendant les jours qu'il passa dans le sommeil de la tombe!

Et pourtant, Jésus était venu dans le monde à son heure et de la façon prédite. Chaque détail de son ministère avait marqué un accomplissement de la prophétie. Il avait annoncé le message du salut, et cela « avec puissance ». Ses auditeurs avaient été convaincus qu'il venait du ciel. Tant la Parole que l'Esprit de Dieu avaient attesté la divinité de sa mission.

Restés attachés à leur Maître bien-aimé par les liens d'un indéfectible amour, les disciples furent pourtant envahis par l'incertitude et le doute. Dans leur détresse, ils ne se rappelèrent pas les paroles du Maître relatives à ses souffrances et à sa mort. Si Jésus de Nazareth avait été le vrai Messie, seraient-ils maintenant acculés à ce douloureux échec? Cette question les torturait durant les pénibles heures du sabbat qui sépara la mort du Sauveur de sa résurrection.

Enveloppés par une obscurité impénétrable, les disciples ne furent cependant pas abandonnés au désespoir. Un prophète avait écrit : « Si je suis assis dans les ténèbres, l'Éternel sera ma lumière... Il me conduira à la lumière, et je contemplerai sa justice. » Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, la nuit brille comme le jour, et les ténèbres comme la lumière. » Et Dieu avait dit : « La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits. » « Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu'ils ne connaissent pas, je les conduirai par des sentiers qu'ils ignorent; je changerai devant eux les ténèbres en lumière, et les endroits tortueux en plaine: voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai point. » (
Michée 7.8,9; Psaumes 139.12; 112.4; Ésaïe 42.16)

La proclamation faite par les apôtres au nom du Sauveur était exacte dans tous ses détails, et les événements annoncés étaient alors en voie d'accomplissement. « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche », tel avait été leur message. Le « temps » -- c'étaient les soixante-neuf semaines de
Daniel 9 -- devait aboutir au « Messie », à « l'Oint », au « Conducteur ». Jésus avait été « oint » de l'Esprit lors de son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste, et le royaume de Dieu, dont les apôtres avaient annoncé la proximité, fut établi par la mort du Sauveur. Mais ce royaume n'était pas, comme on le leur avait enseigné, une monarchie terrestre. Il ne s'agissait pas du rovaume, éternel qui sera fondé quand « le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut », de ce règne où « tous les dominateurs le serviront et lui obéiront » (Daniel 7.27) Dans les Écritures, l'expression « royaume de Dieu sert à désigner à la fois le royaume de grâce et le royaume de gloire. Le royaume de grâce est mentionné par saint Paul dans l'épître aux Hébreux. Après avoir appelé l'attention sur un Sauveur capable de « compatir à nos faiblesses », l'apôtre dit : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » (Hébreux 4.16) Or, un trône supposant nécessairement un royaume, le trône de la grâce représente le royaume de la grâce. Dans plusieurs de ses paraboles, le Sauveur se sert de l'expression « royaume des cieux » pour désigner l'oeuvre de la grâce divine dans les coeurs.

De même, le trône de la gloire représente le royaume de la gloire, et c'est à ce royaume que le Sauveur fait allusion quand il dit : « Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. (
Matthieu 25.31,32) Ce royaume est encore à venir, et ne sera établi qu'à la seconde venue de Jésus-Christ.

Le royaume de la grâce date de la chute de l'homme, époque où Dieu traça le plan de la rédemption d'une race coupable. Ce royaume a existé dès lors dans les desseins et en vertu des promesses de Dieu. Mais ce royaume dont on devenait sujet par la foi n'a été définitivement confirmé qu'à la mort du Sauveur. En effet, même après être entré dans son ministère terrestre, Jesus aurait pu, lassé de l'ingratitude et de l'obstination des hommes, reculer devant la croix du Calvaire. En Gethsémané, où la coupe amère trembla dans sa main, il aurait pu encore essuyer la sueur de sang ruisselant sur son front et laisser notre monde révolté périr dans ses iniquités. C'en eût été fait, alors, de la rédemption de l'humanité. C'est quand le Sauveur eut donné sa vie, lorsqu'il s'écria, en expirant : « Tout est accompli », que le pari de la rédemption fut définitivement assuré. La promesse du salut faite au couple désobéissant de l'Éden fut ratifiée, et le royaume de grâce, qui jusqu'alors n'existait qu'en vertu de la promesse de Dieu, était fondé.

Ainsi la mort du Sauveur, que les disciples envisageaient comme la ruine définitive de toutes leurs espérances, confirma au contraire celles-ci pour l'éternité. Si elle fut pour eux un cruel désappointement, elle prouva de façon péremptoire l'exactitude de leur croyance. L'événement qui les avait plongés dans le désespoir était celui-là même qui ouvrait à tous les fils d'Adam la porte de l'espérance, celui dont dépendaient la vie future et le bonheur éternel des fidèles de tous les siècles.

Les desseins issus d'une miséricorde infinie s'accomplissaient ainsi en dépit de la désillusion des disciples. Leurs coeurs avaient été gagnés par la grâce divine et par la puissance des enseignements de celui dont il pouvait être dit : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme »; néanmoins, à l'or pur de leur attachement pour Jésus se mêlait le vil alliage de visées mondaines et d'ambitions égoïstes. Dans la chambre haute où ils prenaient leur dernière Pâque, à l'heure solennelle où les ombres de Gethsémané s'étendaient déjà sur leur Maître, les disciples s'étaient querellés pour savoir « lequel d'entre eux devait être estimé le plus grand » (
Luc 22.24). Ils songeaient à un trône et à une couronne terrestres, alors que se préparaient l'agonie de Gethsémané et la croix du Calvaire.

Leur orgueil et leur soif de gloire terrestre, entretenant dans leurs coeurs les erreurs du temps, les avaient exposés à méconnaître les paroles du Sauveur sur la véritable nature de son royaume, et à oublier la prédiction de ses souffrances et de sa mort. Et ces erreurs avaient abouti à l'épreuve dure, mais nécessaire, qui les ramena dans la bonne voie. Quoique les disciples se fussent mépris sur le sens de leur message et eussent vu leur attente frustrée, ils avaient cependant prêché l'avertissement divin et le Seigneur allait honorer leur foi et récompenser leur obéissance. Aussi est-ce à eux que fut confiée la tâche de proclamer au monde entier la bonne nouvelle d'un Sauveur ressuscité. C'était pour les préparer à cette oeuvre que le Sauveur avait permis cette amère leçon.

Après sa résurrection, Jésus apparut sous l'aspect d'un étranger à deux de ses disciples sur le chemin d'Emmaüs. « Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » (
Luc 24.27) Émus et émerveillés, ces deux disciples sentirent leur foi se ranimer avant même que Jésus se fût fait reconnaître d'eux. L'intention du Maître était d'éclairer leur entendement et d'asseoir leur foi sur « la parole des prophètes » qui est certaine. Il désirait que la vérité s'enracinât dans leur esprit, et cela moins en vertu de son témoignage personnel que grâce aux preuves incontestables fournies par les symboles et les ombres de la loi cérémonielle, comme aussi par les prophètes de l'Ancien Testament. Pour proclamer au monde la connaissance du Messie, il fallait que les disciples possédassent une foi intelligente. Or, comme sources de leur enseignement, Jésus leur cita « Moïse et les prophètes ». Tel fut le témoignage rendu par le Sauveur ressuscité à l'importance des Écritures de l'Ancien Testament.

Aussi, quel changement dans le coeur des disciples lorsqu'ils revirent le visage aimé de leur Maître! (
Luc 24.32) Ils reconnurent en lui, plus distinctement qu'auparavant, « celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et dont les prophètes ont parlé ». L'incertitude, l'angoisse, le désespoir firent place à une parfaite assurance, à une foi sans nuage. Quoi d'étonnant si, après son ascension, ils étaient « constamment dans le temple, louant et bénissant Dieu »? Les gens qui ne connaissaient que la mort ignominieuse du Nazaréen s'attendaient à lire sur le visage de ses disciples l'expression de la douleur, de la confusion, de la défaite; ils y virent, au contraire, briller une joie triomphante.

Mais, aussi, par quelle préparation n'avaient-ils point passé! Ils avaient subi l'épreuve la plus douloureuse qu'il fût possible d'imaginer et avaient vu la Parole de Dieu s'accomplir glorieusement alors qu'à vues humaines tout semblait perdu. Dès lors, rien ne put ébranler leur foi, ni tempérer l'ardeur de leur amour. Dans les afflictions les plus amères, ils jouirent « d'un puissant encouragement » : leur espérance sera comme « une ancre de l'âme, sûre et solide » (
Hébreux 6.18). Témoins de la sagesse et de la puissance de Dieu ils étaient assurés « que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature » ne pouvaient les « séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ » leur Seigneur. « Dans toutes ces choses, s'écriaient-ils, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8.37-39). La Parole du Seigneur demeure éternellement. » (1 Pierre 1.25) « Qui nous condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! » (Romains 3.34)

« Mon peuple ne sera plus jamais dans la confusion, dit l'Éternel. » (
Joël 2.26) « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l'allégresse. » (Psaumes 30.6) Le jour de la résurrection, quand les disciples revirent leur Sauveur et écoutèrent ses paroles avec des transports de joie; quand ils contemplèrent cette tête, ces mains et ces pieds meurtris pour eux; quand, plus tard, Jésus les conduisit jusqu'à Béthanie et que, les mains levées sur eux dans un geste de bénédiction, il leur dit : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création » (Marc 16.15), « et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20); quand, dix jours plus tard, le Consolateur descendit sur eux, les revêtant de la puissance d'en haut et leur donnant la sensation ineffable de la présence de Jésus, alors, pour rien au monde, ils n'auraient consenti à échanger le ministère de l'Évangile et la « couronne de justice » qui leur était réservée, contre le trône terrestre qu'ils avaient convoité dans les premiers temps de leur apostolat. « Celui qui peut faire... infiniment au-delà de tout ce que nous demandons et pensons », leur avait accordé, avec « la communion de ses souffrances », la communion de sa joie, celle de « conduire à la gloire beaucoup de fils », c'est-à-dire un « poids éternel de gloire », avec lequel les afflictions de l'heure présente ne peuvent soutenir aucune comparaison.

L'épreuve des disciples qui prêchèrent « l'Évangile du royaume » lors de la première venue du Seigneur, a eu sa contrepartie dans l'histoire des prédicateurs de sa seconde venue. Les apôtres avaient dit : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. » De même, Miller et ses collaborateurs annonçaient que la dernière et la plus longue période prophétique des Écritures tirait à sa fin, que le jour du jugement était imminent et que le royaume éternel allait être établi. La prédication des premiers disciples touchant l'accomplissement des temps était basée sur les soixante-dix semaines de
Daniel 9. Il en était de même du message de Miller et de ses associés, qui annonçait la fin de la période des deux mille trois cents jours de Daniel ( 8.14), dont les soixante-dix semaines faisaient partie. Chacun de ces deux messages était basé sur l'accomplissement d'une portion de la même grande période prophétique.

Comme les premiers disciples, Miller et ses collaborateurs ne comprirent pas exactement la portée du message qu'ils proclamaient. Des erreurs ayant cours depuis longtemps dans l'Éghise les empêchaient d'arriver à une interprétation correcte d'un point important de la prophétie. C'est pourquoi, bien qu'ils fissent entendre au monde le message que Dieu leur avait confié, ils subirent une déception.

En expliquant ces paroles de
Daniel 8.14 : « Deux mille trois cents soirs et matins, puis le sanctuaire sera purifié », Miller, adoptant l'idée généralement admise que le sanctuaire était la terre, crut qu'il s'agissait de la purification de notre globe par le feu au jour de Dieu, et il en conclut que la fin des deux mille trois cents années coïncidait avec la seconde venue du Christ. Son erreur provenait de ce qu'il avait adopté une croyance populaire touchant le sanctuaire.

Dans le système mosaïque, qui était une ombre, un symbole du sacrifice et du sacerdoce de Jésus-Christ, la purification du sanctuaire était la dernière cérémonie accomplie par le souverain sacrificateur dans la série des services annuels. C'était l'oeuvre finale de l'expiation : l'enlèvement des péchés d'Israël. Elle préfigurait le dernier acte du ministère de notre souverain sacrificateur dans les cieux, alors qu'il enlèvera ou effacera les péchés de son peuple enregistrés dans les livres du ciel. Ce service, qui comporte l'instruction d'un jugement, précède immédiatement la venue du Christ sur les nuées du ciel, en puissance et en gloire. À ce moment, en effet, tous les cas auront fait l'objet d'une décision. Jésus dit : « Ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son oeuvre. » (
Apocalypse 22.12) Cette instruction du jugement, précédant immédiatement le retour du Christ, est appelée la « purification du sanctuaire » (Daniel 8.14); elle est annoncée dans le premier message d'Apocalypse 14 « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue. »

Les hérauts du retour du Christ proclamèrent ce message au temps voulu. Mais il leur advint ce qui était arrivé aux apôtres lorsqu'ils disaient, en se basant sur
Daniel 9 : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche », sans remarquer que le même passage annonçait la mort du Messie. Miller et ses collaborateurs prêchèrent un message base sur Daniel 8.14 et Apocalypse 14.7, sans s'apercevoir qu'on trouve, au même endroit, d'autres messages devant être proclamés avant le retour du Seigneur. De même que les disciples s'étaient mépris sur la nature du royaume qui devait s'établir à la fin des soixante-dix semaines, les adventistes se méprirent sur la nature de l'événement qui devait marquer l'expiration des deux mille trois cents jours. Dans l'un comme dans l'autre cas, la vérité fut voilée par une erreur populaire, mais la volonté de Dieu fut accomplie et son message proclamé. Dans les deux cas aussi, une compréhension imparfaite de leur message exposa les disciples à une méprise.

Mais Dieu poursuivait ses bienveillants desseins. Le grand jour étant à la porte, il permit que le monde fût éprouvé par l'annonce du retour du Christ à une date précise pour donner aux chrétiens l'occasion de prendre conscience de leur état spirituel. Le message avait pour but de les purifier en leur permettant de constater si leurs affections étaient placées sur le monde ou sur Jésus et les biens célestes. Ils professaient aimer le Sauveur : le moment était venu de le lui prouver. Étaient-ils prêts à renoncer à des espérances et à des ambitions mondaines pour accueillir leur Seigneur avec joie? Le message mettait l'Église en mesure de se rendre compte de son état spirituel. Dans sa miséricorde, Dieu le lui envoyait pour l'amener à le rechercher par la repentance et l'humiliation.

Ainsi, Dieu se proposait de faire concourir au bien de ses enfants le désappointement qui allait résulter d'un manque de compréhension de son message. Il devait être une pierre de touche pour ceux qui avaient déclaré recevoir l'avertissement divin. Allaient-ils brusquement abandonner leur profession de foi et renoncer à leur confiance en la Parole de Dieu, ou bien se mettraient-ils pieusement et humblement à l'étude pour voir quel détail de la prophétie ils n'avaient pas compris? Combien d'entre eux avaient cédé à la crainte, au sentiment ou à l'entraînement? Combien étaient indécis et seulement à moitié convaincus? Beaucoup de gens affirmaient aimer l'avènement du Seigneur. Les moqueries et le mépris du monde, l'erreur et la déception allaient-ils les faire renoncer à leur foi? Rejetteraient-ils des vérités évidentes de la Bible parce qu'ils n'avaient pas immédiatement compris les voies de Dieu à leur égard?

Cette épreuve devait révéler la force de caractère de ceux qui, animés par une foi sincère, avaient obéi à ce qu'ils croyaient être les enseignements de l'Esprit et de la Parole de Dieu. Seule une telle leçon pouvait leur montrer le danger que l'on court en acceptant les théories et les interprétations des hommes, au lieu de laisser les Écritures s'expliquer elles-mêmes. Les angoisses et les souffrances consécutives à leur erreur constituaient le correctif dont les vrais croyants avaient besoin. Elles allaient les amener à une étude plus attentive de la parole prophétique et leur montrer la nécessité d'examiner avec plus de soin les bases de leur foi et de repousser toute doctrine qui ne repose pas sur la Parole de vérité, quels que soient le nombre et la qualité de ses adhérents.

Pour ces croyants, comme pour les premiers disciples, ce qui paraissait mystérieux au moment de l'épreuve deviendrait évident par la suite. En voyant « la fin que le Seigneur » allait leur « accorder », ils apprendraient qu'en dépit des épreuves qu'ils s'étaient attirées par leur erreur, ses desseins ne s'étaient pas moins accomplis. Une heureuse expérience leur montrerait que le Sauveur est miséricordieux et compatissant et que « tous les sentiers de l'Éternel ne sont que bonté et fidélité pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements ».

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Marie Choute 22/07/2015 03:30

I want to learn how to study my Bible and the spirit of prophecy