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Bonjour et bienvenue à tous sur le blog consacré au livre d'Ellen White (1827-1915), "La Tragédie des Siècles" (1911). Cet ouvrage éclaire de façon étonnante le passé, le présent et l’avenir, tout en exposant le plan de Dieu pour l’humanité.
Source de réconfort et d’inspiration il deviendra l’un des livres les plus importants que vous ayez jamais lus.

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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

LA SÉDUCTION ORIGINELLE

L'humanité était encore au seuil de son histoire lorsque Satan entreprit de la séduire. Celui qui avait provoqué la rébellion dans le ciel désira ranger sous ses étendards les habitants de la terre et les associer à sa guerre contre le gouvernement de Dieu. Au temps de leur innocence et de leur obéissance à la loi de Dieu, Adam et Ève étaient parfaitement heureux, et ce fait constituait un témoignage permanent contre l'affirmation de Lucifer selon laquelle les lois de Dieu étaient oppressives et contraires au bien de Ses créatures. En outre, jaloux de voir la magnifique demeure préparée à l'intention du couple primitif, il se dit : Si je les sépare de Dieu et les subjugue, je pourrai entrer en possession de la terre, et y établir mon empire en opposition à celui du Très-Haut.

En se présentant sous son vrai jour, le tentateur eût été aussitôt repoussé, car Adam et Ève avaient été mis en garde contre ce dangereux adversaire. Aussi cacha-t-il son dessein afin d'atteindre son but plus sûrement. Opérant dans l'ombre et prenant pour intermédiaire le serpent qui était alors une des créatures les plus ravissantes, il dit à Ève : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? » (
Genèse 3.1 ) Si Ève s'était abstenue d'entrer en pourparlers avec le serpent, elle eût été en sécurité; mais elle engagea la conversation et tomba dans le piège. C'est là ce qui perd encore un grand nombre de gens qui se mettent à douter, qui discutent les volontés de Dieu, et qui, au lieu d'accepter les commandements divins, adoptent des théories humaines masquant les pièges de Satan.

« La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : vous n'en mangerez point, et vous n'y toucherez point de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (
Genèse 3.2-5 ) Le séducteur affirma qu'ils seraient comme des dieux, doués d'une sagesse supérieure, et accéderaient à une existence plus élevée. Ainsi la transgression prenait l'aspect d'une bonne action, et Satan se faisait passer pour le bienfaiteur de l'humanité. Ève céda à la tentation, et entraîna Adam dans le péché. Sur la parole du serpent, ils crurent que Dieu ne ferait pas ce qu'il avait dit et suspectèrent leur Créateur d'attenter à leur liberté.

Mais, lorsque Adam eut péché, quelle signification prit pour lui la parole : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras? » (
Genèse 2.17 ) Il ne tarda pas à voir que le tentateur avait menti. Dieu lui dit : « Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » ( Genèse 3.19 ) La déclaration de Satan : « Vos yeux s'ouvriront », était vraie dans un sens seulement : après leur désobéissance, les yeux d'Adam et d'Ève s'ouvrirent sur leur folie. Ils connurent le mal et goûtèrent les fruits amers de la transgression.

Au milieu du jardin était l'arbre de vie qui avait la vertu de perpétuer l'existence. Si Adam était resté dans l'obéissance à Dieu, il eût continué d'avoir libre accès à cet arbre, et eût vécu à toujours. Mais après son péché, exclu de l'accès à l'arbre de vie, il fut sujet à la mort. La sentence divine : « Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière », ne visait à rien de moins qu'à la complète extinction de la vie.

L'immortalité promise à l'homme à condition qu'il obéisse étant compromise, Adam ne pouvait transmettre à sa postérité ce qu'il ne possédait plus. Et si Dieu n'avait, au prix du sacrifice de Son Fils, remis l'immortalité à sa portée, l'humanité se fût trouvée sans espérance. La « mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché », mais Jésus-Christ « a mis en évidence la vie et l'immortalité par l'Évangile » (
Romains 5.12; 2 Timothée 1.10 ). Nous ne pouvons obtenir cette dernière que par lui. Jésus dit : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie. » ( Jean 3.36 ) Quiconque veut se conformer aux conditions peut entrer en possession de ce don inestimable. Tous ceux qui par la persévérance à faire le bien, « cherchent l'honneur, la gloire et l'immortalité » recevront « la vie éternelle » ( Romains 2.7 ).

C'est le grand séducteur qui a promis à Adam la vie dans la désobéissance. La déclaration du serpent à Ève : « Vous ne mourrez certainement pas », fut le premier sermon sur l'immortalité naturelle de l'âme. Néanmoins, cette déclaration, qui ne repose que sur l'autorité de Satan, est répétée du haut des chaires chrétiennes et reçue par la plus grande partie de la famille humaine aussi avidement que par nos premiers parents. La parole divine : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra » (
Ézéchiel 18.20 ), est devenue : « L'âme qui pèche ne mourra point : elle vivra éternellement. » Il y a lieu d'être confondu de l'aberration qui porte les hommes à croire facilement aux paroles de Satan, et à douter de celles de Dieu.

Si, après sa chute, l'homme avait eu libre accès à l'arbre de vie, il eût vécu à toujours, et le péché eût été immortalisé. Mais des chérubins armés d'une épée flamboyante gardèrent « le chemin de l'arbre de vie » (
Genèse 3.24 ). Nul membre de la famille d'Adam n'a pu franchir cette barrière pour aller cueillir ce fruit. Ainsi, aucun pécheur n'est immortel.

Après la chute de l'homme, Satan ordonna à ses anges de veiller tout spécialement à répandre la doctrine de l'immortalité naturelle de l'âme. Cela fait, ils devaient amener les hommes à la conclusion que les méchants étaient condamnés à subir des souffrances éternelles. Par ses agents, le prince des ténèbres fait passer Dieu pour un affreux tyran, qui plonge tous ceux qui lui déplaisent dans les flammes de l'enfer où ils endurent des souffrances indicibles et se tordent en des tourments sans fin, spectacle que l'Éternel contemple avec satisfaction!...

C'est ainsi que le grand ennemi prête ses attributs sataniques et sa cruauté au Créateur et Bienfaiteur de l'humanité, qui est amour! Jusqu'à l'apparition du péché, tout ce que Dieu a créé était pur, saint et beau. Mais Satan, après avoir entraîné l'homme dans le péché, cherche à le détruire; après s'être assuré de ses victimes, il exulte de les voir malheureuses. Si cela lui était permis, si Dieu ne s'interposait, il prendrait la famille, humaine tout entière dans ses filets, et nul enfant d'Adam n'échapperait.

Comme il a séduit nos premiers parents, Satan s'efforce aujourd'hui de séduire les humains en ébranlant leur confiance en Dieu et en les poussant à douter de la sagesse de Son gouvernement et de la justice de Ses lois. Pour justifier leur malignité et leur révolte, le grand séducteur et ses émissaires représentent Dieu comme étant pire qu'eux-mêmes.

En prêtant sa terrible cruauté à notre Père céleste, l'ennemi veut donner l'impression qu'on a eu tort de l'expulser du ciel pour n'avoir pas consenti à se soumettre à l'injustice. En faisant croire aux hommes qu'ils jouiront sous son aimable sceptre d'une liberté contrastant avec l'esclavage enduré sous les austères décrets de Jéhovah, il réussit à les détourner de leur soumission envers Dieu.

Quoi de plus propre à révolter nos sentiments de bonté de miséricorde et de justice, que la doctrine selon laquelle les impénitents seront tourmentés, à cause des péchés d'une courte existence, dans le feu et dans le soufre d'un enfer qui durera aussi longtemps que Dieu lui-même? Pourtant ce dogme a été généralement enseigné et se trouve encore dans le credo d'une portion considérable de la chrétienté. Un savant docteur en théologie a écrit : « La vue des tourments de l'enfer couronnera à jamais la félicité des saints. En voyant des êtres de la même nature qu'eux, et nés dans les mêmes circonstances, plongés dans de telles souffrances alors qu'eux-mêmes sont les objets d'un sort si différent, ils comprendront mieux le bonheur dont ils jouissent. » Un autre a déclaré : « Pendant que le décret de réprobation s'exécutera éternellement sur les objets de la colère de Dieu, la fumée de leur tourment montera sans cesse en présence des objets de Sa miséricorde, qui, au lieu de prendre en pitié ces misérables, diront : Amen, alléluia! Loué soit le Seigneur! »

Où de tels enseignements se lisent-ils dans la Parole de Dieu? Les rachetés, une fois dans la gloire, perdraient-ils tout sentiment de compassion et même d'humanité? Ces vertus y feraient-elles place à un froid stoïcisme ou à la cruauté des sauvages? Non! Tel n'est pas l'enseignement de la Bible. Ceux qui ont écrit ce qu'on vient de lire peuvent être des savants et même des hommes honnêtes, ils n'en sont pas moins séduits par les sophismes de Satan qui les pousse à fausser certaines expressions énergiques des Écritures, auxquelles il attribue une amertume et une malignité qu'il tire de son propre fonds, mais non de celui de notre Créateur. « Je suis vivant! dit le Seigneur, l'Eternel, ce que je désire, ce n'est pas que le méchant meure, c'est qu'il change de conduite et qu'il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël? » (
Ézéchiel 33.11 )

Quel avantage Dieu retirerait-il de ce que nous admettions qu'il trouve Ses délices dans les tortures incessantes des méchants; qu'Il jouisse des gémissements, des cris de douleur et des imprécations des créatures qu'il retient dans les flammes de l'enfer? Ces cris atroces seraient-ils une musique pour les oreilles de l'Amour infini? On prétend qu'en infligeant aux pécheurs des tourments éternels, Dieu montre son horreur du péché qui a troublé la paix et l'ordre de l'univers. Quel affreux blasphème! Comme si l'horreur de Dieu pour le péché justifiait la perpétuation du mal! En effet, exaspérés par le désespoir, les malheureux réprouvés exhaleraient leur fureur en malédictions et en outrages qui augmenteraient constamment leur culpabilité! Non, ce n'est pas rehausser la gloire de Dieu que de perpétuer et d'aggraver le péché pendant les siècles éternels.

Il est impossible à l'esprit humain d'évaluer le mal accompli par l'hérésie des tourments éternels. La religion des Écritures, toute d'amour, de bonté et de compassion, s'y trouve enténébrée de superstition et drapée d'épouvante. Quand on considère sous quel faux jour Satan a présenté le caractère de Dieu, y a-t-il lieu de s'étonner que notre miséricordieux Créateur soit craint, redouté et même haï? Les idées terrifiantes répandues du haut de la chaire au sujet de la divinité ont fait des milliers, que dis-je? des millions de sceptiques et d'incrédules.

Le dogme des tourments éternels est l'une des fausses doctrines qui constituent le vin des abominations de Babylone dont celle-ci a abreuvé toutes les nations (
Apocalypse 14.8; 17.2 ) Que des ministres du Christ aient pu adopter cetté hérésie et la proclamer dans les temples chrétiens est un véritable mystère. Ils l'ont reçue de Rome, tout comme son faux jour de repos. Il est vrai qu'elle a été enseignée par des hommes éminents en science et en piété; mais la vérité sur ce sujet ne leur étant point parvenue comme à nous, ils n'étaient responsables que de la lumière qui brillait de leur temps, tandis que nous devons répondre de celle qui éclaire le nôtre. Si nous nous détournons du témoignage de la Parole de Dieu pour suivre de fausses doctrines simplement parce que nos pères les ont enseignées, nous tombons sous la condamnation de Babylone et nous buvons le vin de ses abominations.

De nombreuses personnes que révolte la doctrine des tourments éternels versent dans l'erreur opposée. Elles croient que l'âme est immortelle mais, comme la Bible enseigne que Dieu est amour et compassion, elles ne peuvent croire qu'il abandonne ses créatures à un feu éternel, et elles ne trouvent d'autre alternative que l'hypothèse agréable du salut final de tous les hommes. Elles considèrent les menaces des Écritures comme destinées à effrayer les gens pour les pousser à l'obéissance, et prétendent que Dieu n'a jamais eu l'intention de leur donner suite. Ainsi, le pécheur pourrait méconnaître la loi divine et vivre dans le mal sans s'aliéner la faveur divine. Cette doctrine, qui abuse de la bonté de Dieu et ignore Sa justice, est agréable au coeur charnel et enhardit le méchant dans son iniquité.

Il suffira de citer leurs propres déclarations pour montrer comment les partisans du salut universel tordent les Écritures pour soutenir ce dogme néfaste. À l'occasion des funérailles d'un jeune impie mort subitement d'un accident, un pasteur universaliste prit comme texte ce passage des Écritures : « Le roi David... était consolé de la mort d'Amnon. » (
2 Samuel 13.39 )

« On me demande fréquemment, dit l'orateur, ce qu'il adviendra des impies qui quittent ce monde soit en état d'ivresse, soit avec,les taches écarlates du crime sur leurs vêtements, ou bien encore, comme ce jeune homme, sans avoir jamais fait profession de piété, et sans aucune vie religieuse. Adressons-nous aux Écritures : elles résoudront ce redoutable problème. Amnon était un grand pécheur; il avait été tué en état d'ivresse et d'impénitence. David, son-père, étant un prophète de Dieu, devait savoir si Amnon serait heureux ou malheureux dans l'autre monde. Quelle fut l'expression des sentiments de son coeur? « Le roi David cessa de poursuivre Absalom, car il était consolé de la mort d'Amnon. »

« Quelle conclusion découle de ce langage? À coup sûr que les tourments éternels ne faisaient pas partie des croyances de David. Et nous trouvons ici un argument triomphant en faveur de l'hypothèse plus agréable, plus lumineuse, plus conforme aux compassions de Dieu, du triomphe ultime et universel de la pureté et de la paix. Il se consola de la mort de son fils. Pourquoi? Parce que son regard prophétique, embrassant un glorieux avenir, lui montrait ce fils éloigné de la tentation, affranchi de l'esclavage et purifié des souillures du péché, admis enfin -- après un stage suffisant de purification -- dans l'assemblée des esprits bienheureux, au séjour de la félicité. L'unique consolation du roi était qu'après avoir quitté l'état actuel de péché et de souffrance, son fils chéri se trouvait là où les effluves les plus puissantes de l'Esprit passaient sur son âme enténébrée; où son esprit s'ouvrait à la sagesse céleste et aux doux transports de l'amour divin, le préparant ainsi, grâce à une nature sanctifiée, à jouir du repos et de la gloire de l'héritage éternel. Nous voulons dire par là que le salut ne dépend aucunement de ce que l'on peut faire. en cette vie, qu'il s'agisse d'un changement du coeur, de la foi ou d'une profession de religion. »

C'est ainsi qu'un soi-disant ministre de Jésus-Christ réitère le mensonge du serpent en Eden : « Vous ne mourrez point... Le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux. « Il déclare qu'après la mort le pire des pécheurs -- le meurtrier, le voleur et l'adultère -- se prépare à entrer dans le séjour de la félicité. D'où ce prédicateur, habile à pervertir les Écritures, tire-t-il cette conclusion? D'une phrase exprimant la soumission de David aux dispensations de la Providence. « Le roi David cessa de poursuivre Absalom, car il était consolé de la mort d'Amnon. »

L'acuité de son chagrin s'étant atténuée avec le temps, ses pensées s'étaient reportées de son fils mort sur son fils vivant, qui s'était exilé pour éviter le juste châtiment de son crime. Et c'est par ce texte qu'on prétend prouver que l'ivrogne et incestueux Amnon fut, aussitôt après sa mort, transporté dans les demeures de la félicité pour y être purifié et rendu propre à vivre dans la société des anges qui n'ont jamais péché! C'est là, certes, une fable agréable, propre à rassurer et à satisfaire le coeur mondain. Mais c'est la doctrine de Satan, et il la fait servir à ses desseins. Faut-il s'étonner qu'avec de tels enseignements l'iniquité aille en augmentant?

La méthode de ce faux docteur n'est qu'un spécimen du procédé utilisé par beaucoup d'autres. On sépare une déclaration des Écritures de son contexte qui montrerait, dans bien des cas, qu'elle a un sens tout autre que celui qu'on lui prête. Avec ce passage isolé et falsifié on établit une doctrine qui, loin d'avoir une base scripturaire, est contredite par la déclaration positive selon laquelle aucun ivrogne ne verra le royaume de Dieu (
1 Corinthiens 6.10 ). C'est ainsi que les sceptiques et les incrédules tournent la vérité en mensonge et que des foules, séduites et doucement bercées, s'endorment dans une fausse sécurité.

S'il était vrai qu'à l'heure suprême toutes les âmes vont directement au ciel, il y aurait lieu de désirer la mort plutôt que la vie. Aussi cette croyance en a-t-elle poussé plusieurs à mettre fin à leur existence. Qu'y a-t-il de plus simple, pour un être plongé dans le désespoir par les difficultés, l'affliction ou les revers, que de rompre le fil ténu de ses jours pour s'élancer dans la félicité du monde éternel?

Dans Sa Parole, Dieu affirme qu'il punira les transgresseurs de Sa loi. Ceux qui s'imaginent que Dieu est trop miséricordieux pour exécuter Sa justice sur les pécheurs n'ont qu'à porter les regards sur la croix du Calvaire. La mort de l'immaculé Fils de Dieu affirme que « le salaire du péché, c'est la mort », et que toute transgression de la loi de Dieu recevra sa juste rétribution. Voyez l'Être sans péché écrasé sous la culpabilité du monde; la face de Son Père se voile; Son coeur se brise; Il expire. Ce grand sacrifice fut consenti pour racheter l'homme perdu. En conséquence, toute âme qui refuse la propitiation acquise à un tel prix doit porter la culpabilité et le châtiment de sa transgression.

Considérons maintenant l'enseignement des Écritures touchant le sort des impies et des impénitents que l'universalisme place au ciel avec les anges et les bienheureux. « À celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. » (
Apocalyse 21.6, 7 ) Cette promesse n'est que pour celui qui a soif. Seuls ceux qui sont altérés de l'eau de la vie et qui sont disposés à tout sacrifier pour l'obtenir en seront pourvus. « Celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. » ( Apocalypse 21.6, 7 )

Dieu nous dit par le prophète Ésaïe : « Dites que le juste prospérera.... Malheur au méchant! il sera dans l'infortune, car il recueillera le produit de ses mains. » (
Ésaïe 3.10, 11 ) « Quoique le pécheur fasse cent fois le mal et qu'il y persévère longtemps, je sais aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, parce qu'ils ont de la crainte devant lui. Mais le bonheur n'est pas pour le méchant. » ( Ecclésiaste 8.12, 13 ) Et Paul déclare que le méchant s'amasse « un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses oeuvres : ... tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal » ( Romains 2.5, 6, 9 ).

« Aucun impudique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. » (
Éphésiens 5.5 ) « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. » ( Hébreux 12.14 )

« Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville! Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge! » (
Apocalypse 22.14, 15 )

Dieu a ainsi décrit Son caractère et Sa manière d'agir envers le péché : « L'Éternel, l'Éterne1, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu'à mille générations, qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent. » (
Exode 34.6, 7 ) « L'Éternel... détruit tous les méchants. » « Les rebelles sont tous anéantis, la postérité des méchants est retranchée. » ( Psaumes 145.20; 37.38 ) S'il est vrai que la puissance et l'autorité du gouvernement divin s'emploieront à écraser la révolte, les manifestations de la justice rétributive seront cependant conformes au caractère du Dieu miséricordieux, compatissant et lent à la colère.

Dieu ne violente la volonté ni le jugement de personne. Il ne prend aucun plaisir à une obéissance basée sur la crainte. Il désire que ses créatures L'aiment parce qu'il mérite leur amour et qu'elles Lui obéissent parce qu'elles ont une juste appréciation de Sa sagesse, de Sa justice et de Sa bonté. Aussi toute personne qui a une vraie conception de ces attributs L'aimera et se sentira attirée vers Lui par l'admiration qu'Il inspire.

Les principes de bonté, de miséricorde et d'amour que Jésus a enseignés et manifestés dans Sa vie émanent du caractère de Dieu. Il n'enseignait que ce qu'il avait reçu de Son Père. Les principes du gouvernement divin concordent parfaitement avec ce précepte du Sauveur : « Aimez vos ennemis. » Dieu exécute ses jugements sur les méchants tant pour le bien de l'univers que pour le bien de ceux qui les subissent. Il les rendrait heureux s'il le pouvait sans déroger aux lois de Son gouvernement et sans porter atteinte à la justice de Son caractère. Il les entoure des gages de Sa bienveillancé, il leur accorde la connaissance de Ses lois et leur réitère les offres de Sa bonté; mais ils font fî de Son amour, ils transgressent Sa loi et repoussent Sa miséricorde. Ils sont constamment l'objet de bienfaits, mais ils déshonorent Celui qui les leur accorde. Ils haïssent Dieu parce qu'ils savent qu'Il abhorre leurs péchés. Mais, bien que le Seigneur tolère longtemps leur perversité, l'heure décisive sonnera enfin où leur destinée sera fixée. Enchaînera-t-Il alors ces rebelles à Ses côtés? Les contraindra-t-Il à faire Sa volonté?

Ceux qui ont choisi Satan pour chef et qui ont été dominés par son ascendant ne sont pas qualifiés pour paraître en la présence de Dieu. L'orgueil, la ruse, l'immoralité, la cruauté se sont implantés dans leur caractère. Pourront-ils entrer au ciel pour y cohabiter avec ceux qu'ils ont haïs et méprisés sur la terre? La vérité ne sera jamais appréciée par un menteur; l'humilité ne fera jamais l'affaire de l'orgueilleux et du présomptueux; la pureté ne plaira pas au licencieux; un amour désintéressé est sans attrait pour l'égoïste. Quelles jouissances le ciel pourrait-il offrir à ceux qui se laissent entièrement absorber par des intérêts terrestres et personnels?

Si ceux qui ont passé leur vie dans la révolte contre Dieu pouvaient être soudain transportés là où, dans une atmosphère de sainteté, toutes les âmes débordent d'amour et où tous les visages rayonnent de joie, s'ils entendaient les accords sublimes de la musique céleste et y contemplaient les flots de lumière qui, émanant de la face de Dieu, enveloppent les élus, pourraient-ils se joindre aus phalanges célestes et supporter l'éclat de la gloire de Dieu et de l'Agneau? Certainement pas. Des années de grâce leur ont été accordées pour se préparer à entrer dans le séjour de la félicité, mais ils ne se sont jamais appliqués à aimer la pureté et à parler le langage du ciel. Maintenant, il est trop tard. Une vie de rébellion contre Dieu les a disqualifiés pour le royaume. La pureté, la sainteté et la paix qui y règnent les mettraient à la torture; la gloire de Dieu serait pour eux un feu consumant. Ils ne demanderaient qu'à s'enfuir de ce saint lieu. Ils appelleraient sur eux la destruction pour échapper à la présence de Celui qui les a rachetés. La destinée des injustes résulte de leur choix; de la part de Dieu, elle est un acte de justice et de miséricorde.

Les feux du dernier jour proclament, de même que les eaux du déluge, que le méchant est incurable. Il n'a aucune envie de se soumettre à Dieu. II s'est entraîné à la révolte, et au terme de sa vie il est trop tard pour changer le courant de ses pensées, pour passer du péché à l'obéissance, de la haine à l'amour.

Dieu a épargné la vie de Caïn pour nous donner un aperçu de ce qu'il adviendrait si le pécheur pouvait perpétuer une vie d'iniquités effrénées. Par l'influence des enseignements et de l'exemple de Caïn, des multitudes de ses descendants furent détournés du bon chemin, au point que « toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour unique-ment vers le mal ». « La terre était corrompue devant Dieu, la terre était pleine de violence. » (
Genèse 6.5, 11 )

C'est par miséricorde que Dieu fit périr les impies aux jours de Noé. C'est encore par miséricorde qu'il supprima les habitants de Sodome. Grâce à la puissance séductrice de Satan, les blasphémateurs s'attirent la sympathie et l'admiration de leurs semblables et les entraînent au mal. C'est ce qui eut lieu aux jours de Caïn et de Noé ainsi qu'au temps d'Abraham et de Lot. Il en est de même de nos jours. C'est par compassion pour l'univers que Dieu détruira finalement les contempteurs de Sa grâce.

« Le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (
Romains 6.23 ) Tandis que la vie est l'héritage des justes, la mort est la part des méchants, Moïse dit à Israël : « Je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. » ( Deutéronome 30.15 ) La mort mentionnée dans ce passage n'est pas celle qui résulte de la sentence prononcée sur Adam, et que subit toute la famille humaine. C'est la « seconde mort », qui est mise en contraste avec la vie éternelle.

En conséquence du péché d'Adam, la mort a passé sur l'humanité. Tous les hommes descendent dans la tombe. Mais, grâce au plan du salut, tous seront rappelés à la vie.

« Il y aura une résurrection des justes et des injustes. » (
Actes 24.15 ) « Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » ( 1 Corinthiens 15.22 ) Une distinction est faite entre les deux classes de ressuscités. « Tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » ( Jean 5.28, 29 ) Ceux qui seront jugés dignes de participer à la résurrection des justes sont proclamés « heureux et saints ». « La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux. » ( Apocalypse 20.6 ) Ceux qui ne se sont pas assuré le pardon par la conversion et par la foi devront subir la peine de leurs transgressions : le salaire du péché. Leur châtiment « selon leurs oeuvres » variera quant à son intensité et quant à sa durée; mais pour tous il se terminera également par la seconde mort. Étant donné que Dieu ne saurait, tout en étant miséricordieux et juste, sauver le pécheur dans ses transgressions, il le prive d'une existence qu'il a compromise et dont il s'est montré indigne. Un écrivain inspiré a dit :

« Encore un peu de temps, et le méchant n'est plus; tu regardes le lieu où il était, et il a disparu. » Et un autre : Les nations « seront comme si elles n'eussent jamais été ». (
Psaumes 37.10; Abdias 16 ). Couvertes d'infâmie, elles disparaissent dans un oubli éternel.

Ainsi prendra fin le péché avec toutes les misères et toutes les ruines dont il est la cause. Le psalmiste écrit : « Tu détruis le méchant, tu effaces leur nom pour toujours et à perpétuité. Plus d'ennemis! des ruines éternelles! » (
Psaumes 9.5, 6 ) Transporté dans les sphères célestes, saint Jean entend un hymne universel de louanges, que ne trouble aucune note discordante. Toutes les créatures qui sont dans les cieux et sur la terre rendent gloire à Dieu ( Apocalypse 5.13 ). On n'y entendra nulle part des réprouvés blasphémer Dieu et se tordre au sein des tourments éternels, mêlant leurs rugissements aux chants des rachetés.

La doctrine de l'état conscient des morts repose sur l'erreur fondamentale d'une immortalité naturelle. Cette doctrine, comme celle des tourments éternels, est contraire aux enseignements de l'Écriture, à la raison et à tout sentiment d'humanité. Selon la croyance populaire, les rachetés qui sont dans le ciel savent tout ce qui se passe sur la terre, et tout spécialement ce qui se rapporte aux amis qu'ils y ont laissés. Mais comment la connaissance des peines, des fautes, des souffrances et des déceptions de leurs bien-aimés pourrait-elle s'accorder avec leur félicité? De quel bonheur céleste pourraient jouir des êtres qui planeraient sans cesse autour de leurs amis terrestres? Et n'est-il pas révoltant de songer qu'un impénitent n'a pas plus tôt rendu le dernier soupir que son âme est plongée dans les flammes de l'enfer? Quelles tortures ne doivent pas éprouver ceux qui ont vu un ami inconverti descendre dans la tombe, à la pensée de le voir entrer dans une éternité de souffrances! Beaucoup ont perdu la raison dans cet affreux cauchemar.

Dans les Écritures, David affirme que les morts sont inconscients. « Leur souffle s'en va, ils rentrent dans la terre, et ce même jour leurs desseins périssent. » (
Psaumes 146.4 ) Salomon exprime la même pensée : « Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien. » « Et leur amour, et leur haine, et leur envie, ont déjà péri; et ils n'auront plus jamais aucune part à tout ce qui se fait sous le soleil. » « Il n'y a ni oeuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas. » ( Ecclésiaste 9.5, 6, 10 )

Quand, en réponse à la prière du roi Ézéchias, le Seigneur eut accordé à celui-ci un sursis de vie de quinze ans, ce prince, dans sa reconnaissance, fit monter vers Dieu l'action de grâces suivante : « Ce n'est pas le séjour des morts qui Te loue, ce n'est pas la mort qui Te célèbre; ceux qui sont descendus dans la fosse n'espèrent plus en Ta fidélité. Le vivant, le vivant, c'est celui-là qui Te loue, comme moi aujourd'hui. » (
Ésaïe 38.18, 19 ) La théologie populaire nous présente les justes morts comme étant au ciel, au sein de la félicité, louant Dieu de leurs bouches immortelles. Mais Ézéchias n'entrevoyait pas d'aussi glorieuses perspectives à l'idée de la mort. Il s'accorde avec le psalmiste : « Celui qui meurt n'a plus ton souvenir; qui te louera dans le séjour des morts? » « Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel, ce n'est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence. » ( Psaumes 6.6; 115.17 )

Le jour de la Pentecôte, Pierre affirme que le patriarche David « est mort, qu'il a été enseveli, et que son sépulcre existe encore aujourd'hui parmi nous ». « Car David, ajoute-t-il, n'est point monté au ciel. » Le fait que David restera dans le tombeau jusqu'à la résurrection prouve que les justes ne montent pas au ciel au moment de leur mort. Ce n'est que par la résurrection, et en vertu de la résurrection de Jésus-Christ, que David pourra un jour s'asseoir à la droite de Dieu.

Et Paul dit : « Si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus. » (
1 Corinthiens 15.16-18 ) Si, quatre mille ans durant, les justes étaient montés directement au ciel en mourant, comment Paul aurait-il pu dire que, s'il n'y a point de résurrection, « ceux qui sont morts en Christ sont perdus? »

Le martyr Tyndale s'exprime comme suit au sujet de l'état des morts : « Je confesse ouvertement que je ne suis pas persuadé qu'ils soient en possession de la gloire complète dont jouissent le Christ et les anges de Dieu. Cela n'est pas pour moi un article de foi; car si tel était le cas, la prédication de la résurrection de la chair serait une chose vaine. » (W. Tyndale, Preface to New Testament.) La résurrection ne serait pas nécessaire.

Or, il est indéniable que l'espérance de l'entrée dans la félicité au moment de la mort a fait tomber dans un oubli presque complet la doctrine de la résurrection. Adam Clarke constatait comme suit cette tendance : « Les chrétiens primitifs attachaient beaucoup plus d'importance à la résurrection des morts que les modernes! Pourquoi cela? Les apôtres l'avançaient constamment, et c'est par elle qu'ils excitaient les disciples du Christ à la diligence, à l'obéissance et à la joie. De nos jours, leurs successeurs la mentionnent rarement!... Il n'y a pas dans l'Évangile de doctrine qui soit mieux mise en relief, mais il n'y en a point qui soit plus tenue à l'écart dans la prédication actuelle! » (Commentary on the New Testament, vol. II, 1 cor. 15, par. 3.)

On a persévéré dans cette voie au point qu'aujourd'hui la glorieuse vérité de la résurrection est presque entièrement négligée par le monde chrétien. C'est ainsi qu'un auteur religieux très en vue écrit (sur
1 Thess. 4.13-18 ) : « Pour les fins pratiques de la consolation, la doctrine de l'heureuse immortalité des justes tient lieu pour nous de la doctrine douteuse du retour du Seigneur. Pour nous, c'est à la mort que Jésus revient. C'est elle que nous devons attendre, et c'est sur elle que nous devons veiller. Les morts sont déjà entrés dans la gloire. Ils n'attendent pas la trompette du jugement pour entrer dans la félicité. »

Au moment de quitter ses disciples, le Sauveur ne leur déclara pas qu'ils iraient bientôt le rejoindre. « Je vais vous préparer une place, leur dit-il. Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi. « (
Jean 14.2, 3 ) Et Paul ajoute : « Le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » Il conclut en disant : « Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles. » ( 1 Thessaloniciens 4.16-18 ) Quel contraste entre ces paroles apostoliques et celles du pasteur universaliste que nous avons citées! Ce dernier consolait des parents aflligés en leur disant que si grand pécheur que l'on ait été sur la terre, dès qu'on a rendu le dernier soupir, on est reçu dans la compagnie des anges! Paul, au contraire, attire l'attention des croyants sur le prochain retour du Seigneur, alors que les chaînes de la tombe seront rompues, et que « les morts en Christ » ressusciteront pour la vie éternelle.

Avant que quiconque puisse entrer dans la félicité, il faut que le cas de chacun ait été examiné, que le caractère et les actes de tous les humains aient subi l'inspection divine. Tous seront jugés d'après ce qui est écrit dans les livres, et recevront une récompense correspondant à leurs oeuvres. Ce jugement n'a pas lieu à la mort. Notez les paroles de Paul : « Il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » (
Actes 17.31 ) L'apôtre déclare positivement ici qu'un jour, alors encore futur, a été fixé pour le jugement du monde.

Jude parle de la même époque en ces termes : « Il a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure. « Il cite plus loin ces paroles d'Énoch : « Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous. » (
Jude 14, 15 ) Jean, de son côté, vit « les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts.... Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. » ( Apocalypse 20.12 )

Mais si les morts jouissent déjà du bonheur parfait ou se tordent dans les flammes de l'enfer, à quoi sert le jugement à venir? Les enseignements de la Parole de Dieu sur ces points importants ne sont ni obscurs ni contradictoires; n'importe qui peut les comprendre. Et quel est l'esprit non prévenu qui voit la moindre parcelle de justice ou de bon sens dans la théorie populaire? Est-ce que les justes, une fois leurs cas examinés par le grand Juge, recevront cet éloge : « C'est bien, bon et fidèle serviteur...; entre dans la joie de ton maître », alors qu'ils auront déjà peut-être passé des siècles en sa présence? Les méchants sont-ils tirés de leur lieu de tourments pour entendre de la bouche du Juge de toute la terre cette sentence : « Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel »? (
Matthieu 25.21, 41 ) Sinistre plaisanterie! Honteux démenti infligé à la sagesse et à la justice de Dieu!

La théorie de l'immortalité de l'âme est un des emprunts que Rome a faits au paganisme pour l'incorporer à la foi chrétienne. Luther mettait le dogme de l'immortalité de l'âme au nombre des « fables monstrueuses qui constituent la boue des décrétales romaines ». (E. Pétavel-Olliff, Le Problème de l'Immortalité, tome II, p. 78.) Commentant les paroles de l'Ecclésiaste, selon lesquelles les morts ne savent rien, le réformateur écrivait : « Nouveau passage établissant que les morts ne sentent rien. Il n'y a la ni devoir, ni science, ni connaissance, ni sagesse. Salomon estime que les morts dorment, et ne sentent rien. Les morts ne tiennent compte ni des jours, ni des années; mais à leur réveil, ils croient avoir dormi à peine une minute. » (Luther's Werke, St. L., liv. V, p. 1535.)

On ne voit nulle part dans les saints Livres que les justes reçoivent leur récompense et les méchants leur châtiment au moment de la mort. On ne trouve dans les patriarches et les prophètes aucune affirmation de ce genre. Jésus-Christ et les apôtres n'y ont pas fait la moindre allusion. L'Écriture enseigne positivement que les morts ne montent pas directement au ciel mais qu'ils sont plongés dans le sommeil jusqu'à la résurrection. (Voir
1 Thessaloniciens 4.14-16; Job 14.10-12 ) Au moment même où « le cordon d'argent se détache et où le vase d'or se brise » (voir Ecclésiaste 12.7-9 ), les pensées de l'homme périssent. Ceux qui descendent dans la tombe sont silencieux. Ils ne savent rien de ce qui se passe sous le soleil ( Job 14.21 ). Heureux repos pour les justes lassés!

Le temps, court ou long, n'est désormais qu'un instant pour eux. Ils dorment; la trompette de Dieu les appellera à une heureuse immortalité. « La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles.... Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. « (
1 Corinthiens 15.52-55 ) Dès qu'ils sortiront de leur profond sommeil, ils reprendront le cours de leurs pensées là où ils l'ont laissé. Leur dernière sensation les plongeait dans les affres de la mort; leur dernière impression fut de tomber sous la puissance de la mort. Dès qu'ils sortiront de la tombe, leur première pensée s'exprimera par ce cri triomphant : « O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? ( 1 Corinthiens 15.52-55 )
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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

LES PIÈGES DE SATAN

Le conflit qui se livre entre Jésus-Christ et Satan depuis bientôt six mille ans touche à son terme. Aussi Lucifer redouble-t-il d'énergie dans sa tentative de faire échouer l'oeuvre du Sauveur en faveur de l'homme. Retenir les âmes dans les ténèbres et l'impénitence jusqu'à ce que le ministère sacerdotal de Jésus prenne fin et qu'il n'y ait plus de sacrifice pour le péché, tel est son objectif.

Quand son activité ne rencontre point d'obstacles, quand le monde et l'Église sont indifférents, toute appréhension le quitte; en effet, il ne court aucun danger de perdre ceux qui n'aspirent qu'à faire sa volonté. Mais dès que la question des choses éternelles est posée et que des personnes commencent à se demander : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé? » il accourt pour s'opposer au Seigneur et contrecarrer l'influence du Saint-Esprit.

Les Écritures nous apprennent qu'un jour, alors que les anges de Dieu étaient venus se présenter devant le Seigneur, Satan « vint aussi au milieu d'eux » (
Job 1.6 ), non pour se prosterner devant le Roi du ciel, mais pour intriguer contre les justes. Dans la même intention, il se rend là où l'on se réunit pour adorer Dieu. Quoique invisible, il s'emploie activement à imposer ses suggestions aux adorateurs. En habile général, il dresse ses plans à l'avance. Pendant que le messager de Dieu sonde les Écritures, il prend note du sujet qui sera traité. Il use alors de toute son habileté et de toute sa ruse pour diriger les circonstances de manière que ceux qu'il séduit sur ce point précis ne reçoivent pas le message de Dieu. Celui qui en a le plus besoin sera retenu par quelque affaire pressante, ou empêché d'une autre manière d'entendre les vérités qui seraient pour lui une « odeur de vie donnant la vie ».

D'autre part, voyant les serviteurs de Dieu souffrir des ténèbres spirituelles qui enveloppent le monde et demander à Dieu la grâce et la puissance nécessaires pour rompre le charme de l'indifférence, de l'insouciance et de l'indolence, il met en jeu ses artifices avec un redoublement de zèle. Il incite les hommes à émousser leurs sens par l'appétit ou par quelque autre vice, les rendant ainsi incapables d'entendre les avertissements dont ils ont le plus pressant besoin.

Satan sait fort bien que tous ceux qu'il peut amener à négliger la prière et l'étude de la Parole de Dieu succomberont à ses assauts. Aussi invente-t-il toute espèce de distractions. Il y a toujours eu des gens qui, tout en professant la piété, se sont fait une spécialité de critiquer le caractère, les croyances des personnes dont ils ne partagent pas les opinions. Ces accusateurs des frères sont les meilleurs collaborateurs de Satan. Ils sont nombreux et, quand Dieu est à l'oeuvre, ils se montrent d'autant plus actifs. Ils tordent et discréditent les paroles et les actes de ceux qui aiment la vérité et conforment leur vie à ses exigences. Ils traitent d'égarés ou de séducteurs les serviteurs de Dieu les plus fervents et les plus désintéressés. Ils font leur affaire de dénigrer les mobiles de toute action noble et sincère, de répandre des insinuations et de jeter la suspicion dans les âmes candides. Tout moyen leur est bon, pour faire paraître faux et pernicieux ce qui est bon et recommandable.

Mais il n'y a pas lieu de se méprendre à leur sujet : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » (
Matthieu 7.16 ) Il est facile de voir qui est leur père, de quel exemple ils s'inspirent, et de qui ils sont les collaborateurs, car leur travail ressemble parfaitement à celui de Satan, le grand calomniateur, « l'accusateur de nos frères » ( Apocalypse 12.10 ).

Pour égarer les âmes, le séducteur en chef ne manque pas d'agents prêts à répandre toutes les erreurs imaginables. Il engendre diverses hérésies adaptées au goût et aux aptitudes des personnes dont il désire consommer la ruine. Sa tactique est de faire entrer dans l'Église des inconvertis qui y sèmeront le doute et l'incrédulité, entravant ainsi ceux qui désirent voir progresser l'oeuvre de Dieu et progresser avec elle. Des personnes qui n'ont pas une foi réelle en Dieu ou en sa Parole souscrivent à quelques principes de la vérité, passent pour chrétiennes et réussissent à faire prendre leurs erreurs pour des doctrines scripturaires.

L'idée selon laquelle ce que l'on croit a peu d'importance constitue l'une des plus dangereuses séductions de Satan. Il sait que la vérité sanctifie celui qui la reçoit avec Amour; c'est pourquoi il s'efforce constamment de la remplacer par de fausses théories, par des fables, par un autre Évangile. Dès l'origine, les serviteurs de Dieu ont dû lutter contre de faux docteurs qui étaient non seulement des hommes vicieux, mais des propagateurs d'idées fausses et dangereuses. Élie, Jérémie, Paul se dressèrent avec une fermeté inflexible contre les docteurs qui détournaient les hommes de la Parole de Dieu. Le libéralisme qui n'attache aucune importance à la pure doctrine ne trouvait pas grâce aux yeux de ces saints champions de la vérité.

Les interprétations vagues et fantaisistes des Écritures, les nombreuses théories contradictoires qui ont cours dans le monde chrétien et jettent la confusion dans les esprits, sont l'oeuvre de notre grand adversaire. La discorde et les divisions qui séparent les églises chrétiennes sont dues en grande partie à la coutume de tordre les Écritures pour y trouver des arguments destinés à étayer quelque théorie favorite. Au lieu d'étudier la Parole de Dieu avec soin et humilité pour y chercher la connaissance de la volonté de Son auteur, beaucoup de gens n'y cherchent que des choses bizarres ou originales. Pour soutenir des doctrines erronées ou des pratiques non chrétiennes, ils prennent des passages de l'Écriture détachés de leur contexte en se bornant parfois à en citer un demi-verset, alors que la suite du texte donnerait une tout autre idée. Imitant la ruse du serpent, ils se retranchent derrière des déclarations décousues qui semblent confirmer leurs prétentions charnelles. Plusieurs tordent ainsi volontairement la Parole de Dieu. D'autres, qui sont doués d'une vive imagination, s'emparent des figures et des images de la Bible et les interprètent à leur fantaisie sans se mettre en peine du fait que l'Écriture est son propre interprète, quitte à donner leurs rêveries pour les enseignements de la Parole de Dieu.

Quiconque entreprend l'étude des Écritures sans humilité d'esprit et sans disposition à se laisser instruire, détournera de leur vrai sens les passages les plus simples et les plus clairs aussi bien que les plus difficiles. Les docteurs de Rome, choisissant les textes de la Bible qui répondent le mieux à leur but, les interprètent à leur gré, puis les présentent à leurs ouailles, tout en leur interdisant d'étudier les saints Livres pour eux-mêmes. Il faut livrer au peuple la Bible tout entière, telle que Dieu l'a donnée; il serait préférable de le laisser sans instruction religieuse que de lui donner un enseignement falsifié.

Les Écrits sacrés sont destinés à être le guide de quiconque désire connaître la volonté de son Créateur. C'est Dieu qui a donné à l'homme la « parole certaine des prophètes »; les anges et Jésus-Christ en personne sont venus sur la terre pour faire connaître à Daniel et à Jean « les choses qui doivent arriver bientôt ». Les questions importantes qui concernent notre salut n'ont pas été laissées dans le vague, ni enveloppées de mystère. Elles n'ont pas été révélées de façon à intriguer et à égarer celui qui cherche réellement la vérité. Le Seigneur dit par le prophète Habakuk : « Écris la prophétie : grave-la sur des tables, afin qu'on la lise couramment. » (
Habakuk 2.2 ) La Parole de Dieu est claire pour tous ceux qui l'étudient avec un esprit de prière. Toute âme réellement honnête parviendra à la connaissance de la vérité. « La lumière est semée pour le juste. » ( Psaumes 97.11 ) Aucune Église ne peut avancer dans la sainteté tant que ses membres ne recherchent pas la vérité comme on cherche un trésor caché.

Au cri de « largeur chrétienne » une foule de gens aveuglés se jettent dans les pièges d'un adversaire infatigable. Dans la mesure où celui-ci réussit à substituer des spéculations humaines à la Parole de Dieu, la loi divine est supplantée, et, tout en se disant libres, les Églises sont esclaves du péché.

Les recherches scientifiques ont fait la perte d'un grand nombre de personnes. Dieu a permis que, par les découvertes faites dans les sciences et dans les arts, un torrent de lumière se répande sur le monde. Mais si Dieu ne les guide pas dans leurs recherches, les plus puissants génies eux-mêmes se perdent en voulant chercher les rapports existant entre la science et la révélation.

Les connaissances humaines, tant dans le domaine matériel que dans le domaine spirituel, sont partielles et imparfaites; il s'ensuit que plusieurs sont incapables de faire concorder leurs notions scientifiques avec les Écritures. Bien des gens qui ont accepté de simples théories, de pures hypothèses, pour des faits scientifiques, s'imaginent que leur « science faussement ainsi nommée » est la pierre de touche par laquelle il faut éprouver la Parole de Dieu. Et comme le Créateur et ses oeuvres dépassent leur intelligence et qu'ils ne peuvent les expliquer par les lois de la nature, ils en concluent que l'histoire sacrée n'est pas digne de créance. Ceux qui doutent de la véracité des récits de l'Ancien et du Nouveau Testament font trop souvent un pas de plus : ils en viennent à douter de l'existence de Dieu et attribuent à la nature la puissance de l'Être suprême. Leur ancre lâchée, ils vont se briser contre les récifs de l'incrédulité.

C'est ainsi que beaucoup, séduits par le diable, errent loin de la foi. Les hommes ont voulu être plus sages que le Créateur. La philosophie humaine a tenté de sonder et d'expliquer des mystères qui ne seront jamais dévoilés au cours des siècles éternels. Si les gens voulaient se borner à étudier et à comprendre ce que Dieu a révélé touchant Sa personne et Ses desseins, ils obtiendraient une telle vision de la gloire, de la majesté et de la puissance de Jéhovah, qu'écrasés par leur petitesse, ils se contenteraient de ce qui a été révélé pour eux et pour leurs enfants.

Un chef-d'oeuvre de Satan en fait de séduction, c'est sa façon d'entraîner les hommes à la recherche de choses que Dieu ne nous a pas fait connaître, et qu'il ne veut pas que nous comprenions. C'est ainsi que Lucifer a perdu sa place dans le ciel. Commençant par être mécontent de ce que Dieu ne lui révélait pas tous ses desseins, il finit par négliger entièrement ce qui lui était révélé touchant sa mission et la haute position qui lui était assignée. Inoculant son dépit aux anges qui étaient sous ses ordres, il consomma leur perte. Il s'efforce maintenant de communiquer le même esprit aux hommes, et les pousse à méconnaître les commandements de Dieu les plus formels.

Ceux qui ne sont pas disposés à recevoir les vérités claires et précises de la Parole de Dieu sont constamment à la recherche de fables agréables capables de calmer leur conscience. Moins ces doctrines sont spirituelles, moins elles exigent de renoncement et d'humilité, plus grande est leur vogue auprès des gens qui rapetissent leurs facultés intellectuelles pour satisfaire leurs désirs charnels. Trop sages à leurs propres yeux pour sonder les Ecritures avec humilité et prière afin d'obtenir les lumiéres d'en haut, elles n'ont rien pour les protéger contre l'erreur, et Satan est prêt à satisfaire leurs aspirations en leur offrant ses sophismes au lieu de la vérité. C'est ainsi que la papauté a réussi à dominer les esprits. Et les protestants, en rejetant la vérité parce qu'elle renferme une croix, suivent la même route. Quiconque abandonne la Parole de Dieu pour assurer ses aises et éviter de faire autrement que tout le monde, finira par tomber dans des aberrations damnables qu'il prendra pour la vraie doctrine. Ceux qui rejettent sciemment la vérité accepteront fatalement les hérésies les plus saugrenues. Tel qui repousse une duperie avec horreur en accueillera une autre avec empressement. Parlant de certaines personnes qui n'ont pas ouvert « leur coeur à l'amour de la vérité qui les aurait sauvées », l'apôtre Paul dit : « Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'[elles] croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés. » (
2 Thessaloniciens 2.11,12 ) En présence d'un tel avertissement il convient que nous prenions garde aux doctrines que nous recevons.

Au nombre des instruments les plus dangereux du grand séducteur, il faut classer les enseignements trompeurs et les prodiges mensongers du spiritisme. Déguisé en ange de lumière, il tend ses filets là où l'on s'y attend le moins. Si on voulait étudier le Livre de Dieu avec de ferventes prières, on ne serait pas dans l'ignorance en matière de fausses doctrines. Mais dès qu'on rejette la vérité, on devient un terrain fertile pour les aberrations.

Une autre erreur dangereuse, c'est celle qui nie la divinité de Jésus-Christ, aussi bien que son existence antérieure à son incarnation. Bien qu'elle contredise les enseignements les plus positifs du Sauveur touchant ses relations avec le Père, sa nature divine et sa pré existence, cette théorie est acceptée par beaucoup de personnes qui professent croire aux Écritures. On ne peut la soutenir qu'en « tordant les Écritures » de la façon la plus manifeste. Non seulement cette doctrine ravale la conception que l'on se fait de l'oeuvre de la rédemption, mais elle sape par la base la foi en la Bible comme révélation divine. Ce dernier trait la rend d'autant plus dangereuse qu'elle devient plus difficile à réfuter. Il est, en effet, inutile de discuter touchant la divinité du Sauveur avec des gens qui rejettent le témoignage de la Bible. Quelque puissants que soient vos arguments, ils ne produiront pas d'impression sur eux. « L'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu,, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. » (
1 Corinthiens 2.14 ) Aucun de ceux qui retiennent cette erreur ne peut avoir une juste conception du caractère ou de la mission du Christ, ni du grand plan de Dieu pour la rédemption de l'homme.

Une autre erreur subtile et nuisible qui se répand rapidement, c'est celle d'après laquelle Satan ne serait pas un être personnel, les Écritures ne faisant usage de ce nom que pour symboliser les mauvaises pensées et les mauvais désirs de l'homme.

L'enseignement, si répandu dans le monde chrétien, selon lequel la seconde venue du Seigneur aurait lieu à la mort de chacun est un piège destiné à faire perdre de vue sa venue sur les nuées du ciel. Depuis des années, Satan s'affaire à répéter : « Voici, il est dans les chambres » (
Matthieu 24.26 ), et nombre d'âmes se sont prises et perdues à ce traquenard.

La sagesse selon le monde prétend aussi que la prière n'est pas utile. Des hommes de science enseignent qu'il ne saurait y avoir d'exaucement à nos prières vu que cela serait une violation des lois de la nature, un miracle, et que le miracle n'existe pas. L'univers, disent-ils, est gouverné par des lois immuables, et Dieu lui-même ne fait rien qui leur soit contraire. Ils affirment ainsi que Dieu est lié par ses propres lois, comme si l'action des lois divines était incompatible avec la liberté de Dieu. Un tel enseignement est en contradiction avec celui des Ecritures. Est-ce que Jésus et ses apôtres n'ont pas opéré des miracles? Le même Sauveur compatissant n'est-il pas encore vivant aujourd'hui, et tout aussi prêt à exaucer les prières de la foi que lorsqu'il marchait sur la terre, visible aux yeux des mortels? Le monde naturel coopère avec le monde surnaturel. Il entre dans le plan de Dieu de nous accorder, en retour de la prière de la foi, ce que nous n'obtiendrions pas si nous ne le demandions pas.

Les fausses doctrines et les idées fantaisistes qui s'introduisent dans les églises de la chrétienté sont légion. Il est impossible d'évaluer les conséquences néfastes qu'entraîne le déplacement d'un seul jalon posé par la Parole de Dieu. Peu nombreux sont ceux qui, se hasardant à le faire, s'en tiennent à ne rejeter qu'un seul point de la vérité. Le plus grand nombre continue à écarter, l'un après l'autre, tous les principes de la vérité, et finit par tomber dans l'incrédulité.

Maintes âmes, qui auraient pu être croyantes, ont été poussées dans les rangs du scepticisme par les erreurs de la théologie populaire. Incapables d'accepter des doctrines qui outragent leur notion de la justice, de la miséricorde et de la bienveillance -- doctrines qu'on leur donne comme scripturaires -- elles se refusent à recevoir la Bible comme la Parole de Dieu.

Or, c'est exactement là ce que veut Satan. Il ne désire rien tant que d'ébranler la confiance en Dieu et en sa Parole. Chef de la grande armée de ceux qui doutent, il travaille avec une énergie sauvage à attirer les âmes dans ses rangs. Aujourd'hui, le doute est à la mode. Bien des gens nourrissent une certaine défiance à l'égard de la Parole de Dieu dont ils s'éloignent parce que, comme Son Auteur, elle dévoile et condamne le péché. Ceux qui ne sont pas disposés à lui obéir font tous leurs efforts pour en détruire l'autorité. S'ils la lisent, s'ils entendent ses enseignements prêchés du haut de la chaire, c'est en vue de critiquer soit la Bible, soit le sermon. Nombreux sont ceux qui deviennent incrédules simplement pour justifier la négligence de leurs devoirs. D'autres adoptent le scepticisme. soit par orgueil, soit par indolence. Trop soucieux de leurs aises pour oser se distinguer par l'accomplissement d'une action louable exigeant des efforts et du renoncement, ils cherchent à se faire une réputation de haute sagesse en critiquant le saint Livre.

Il y a dans la Bible bien des choses que l'intelligence humaine non éclairée par la sagesse divine ne peut comprendre, et qui donnent lieu à la critique. Beaucoup de personnes semblent croire que c'est une vertu de se ranger du côté du scepticisme et de l'incrédulité. Sous une apparence de candeur, ces personnes sont en réalité victimes de leur orgueil et du sentiment de leur supériorité. Plusieurs trouvent aussi leur plaisir à chercher dans les Écritures matière à embarrasser les esprits. Ils critiquent par simple amour de la discussion, ne voyant pas qu'ils se jettent ainsi dans le filet de l'oiseleur. Puis, ayant ouvertement exprimé des sentiments d'incrédulité, il se sentent en quelque sorte obligés de maintenir leurs positions. C'est ainsi qu'ils s'unissent aux impies et finissent par se fermer, les portes du paradis. Dieu a donné aux hommes une base ferme pour y asseoir leur foi. Il a placé dans les Écritures des preuves suffisantes de leur divine origine. Les grandes vérités relatives à notre rédemption y sont clairement exposées. Avec l'aide du Saint-Esprit, qui est promis à tous ceux qui le demandent sincèrement, chacun peut comprendre ces vérités.

Cela dit, il faut reconnaître que l'esprit borné de l'homme n'est pas capable de comprendre parfaitement les plans et les desseins de l'Infini. Jamais on ne sondera les profondeurs de Dieu. Que nul ne tente de soulever d'une main présomptueuse le voile derrière lequel il dissimule Sa majesté. « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! » s'écrie l'apôtre. « Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! » (
Romain 11.33 ) Ce qu'on peut comprendre des voies de Dieu et de ses mobiles envers nous, c'est une miséricorde et un amour infinis, unis à Sa toute-puissance. Notre Père céleste ordonne toutes choses avec sagesse et justice : aussi nous convient-il de ne témoigner ni mécontentement ni méfiance, mais de nous incliner avec une soumission respectueuse. Il nous révélera de Ses desseins tout ce qui pourra concourir à notre bien; pour le reste, ayons confiance en Sa main puissante et en Son amour.

Quoique Dieu ait donné des preuves suffisantes pour soutenir notre foi, il n'enlèvera jamais toutes les raisons de ne pas croire. Ceux qui cherchent des échappatoires en trouveront. Et ceux qui refusent d'accepter la Parole de Dieu et de lui obéir jusqu'à ce que toutes leurs objections soient levées et qu'aient disparu tous les prétextes de douter, ne parviendront jamais à la lumière.

La méfiance envers Dieu est le fruit du coeur naturel qui a de l'inimitié pour Dieu. La foi, en revanche, est un fruit de l'Esprit qui ne prospère que là où l'Esprit est apprécié. Nul ne peut devenir fort en la foi sans un effort persévérant. De même, l'incrédulité se fortifie par la culture. Celui qui, au lieu de méditer les preuves que Dieu lui a données pour fortifier sa foi, se permet de contester et d'ergoter, s'enfoncera de plus en plus dans le doute.

Or, ceux qui doutent des promesses de Dieu et se défient des assurances de Sa grâce le déshonorent; leur influence éloigne les âmes de Jésus au lieu de les attirer à lui. Arbres stériles, leur vaste ramure intercepte les rayons solaires et fait péricliter et périr les plantes sous leur ombre glaciale. L'oeuvre de ces douteurs sera un témoignage permanent contre eux. Les semences de doute et de scepticisme qu'ils ont jetées produiront infailliblement leur moisson.

Ceux qui désirent honnêtement s'affranchir du doute n'ont qu'une chose à faire. Au lieu de contester et de raisonner au sujet de ce qu'ils ne comprennent pas, qu'ils mettent à profit la lumière qui brille déjà sur leur sentier et celle-ci ira en augmentant. Qu'ils s'acquittent de tous les devoirs qui leur sont évidents, et ils ne tarderont pas à comprendre et à accomplir ceux au sujet desquels ils sont actuellement dans le doute.

Satan peut offrir des contrefaçons assez ressemblantes de la vérité à ceux qui veulent bien se laisser séduire et qui désirent éviter le renoncement et le sacrifice. Mais il lui est impossible de retenir sous son empire une seule âme honnête qui veut à tout prix connaître la vérité. Jésus-Christ est la vérité et « la véritable lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme » (
Jean 1.9 ). L'Esprit de vérité est venu dans le monde pour guider les hommes dans toute la vérité. Le Fils de Dieu dit, en effet « Cherchez, et vous trouverez. » « Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu. » ( Matthieu 7.7; Jean 7.17 )

Les disciples de Jésus ne se font qu'une faible idée des complots que Satan et ses suppôts ourdissent contre eux. Mais celui qui siège dans les cieux fera tout concourir à l'accomplissement de ses profonds desseins. Si le Seigneur permet que ses enfants passent par la fournaise de l'affliction, cela ne signifie pas qu'il prend plaisir à leur détresse et à leur souffrance, mais c'est parce que ces épreuves sont nécessaires à leur victoire finale. Les mettre à l'abri de toute tentation ne contribue pas à Sa gloire, puisque le but même de leur épreuve est de les rendre capables de résister aux attraits du mal.

Si les croyants comptent sur les promesses de Dieu, s'ils confessent et délaissent leurs péchés, et offrent à leur Père céleste des coeurs soumis et contrits, ni les impies, ni les démons ne pourront enrayer l'oeuvre de Dieu ou voiler Sa présence à Ses serviteurs. Ils triompheront de toute tentation et de toute influence adverse, ouverte ou secrète; car « ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon Esprit » (
Zacharie 4.6 ), dit l'Éternel des armées, que s'accomplira cette oeuvre.

« Les yeux du Seigneur sont sur les justes et Ses oreilles sont attentives à leur prière.... Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien? " (
1 Pierre 3.12, 13 ) Quand Balaam, ébloui par la perspective d'une haute récompense, eut tenté par des enchantements et par des sacrifices à l'Éternel d'appeler le malheur sur Israël, et s'aperçut que l'Esprit de Dieu l'en empêchait, ce prophète infidèle fut contraint de s'écrier : « Comment maudirais-je celui que Dieu n'a point maudit? Comment serais-je irrité quand l'Éternel n'est point irrité?... Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur! » Après un nouveau sacrifice, le prophète apostat s'écria : « Voici, j'ai reçu l'ordre de bénir; il a béni, je ne le révoquerai point. Il n'aperçoit point d'iniquité en Jacob, il ne voit point d'injustice en Israël; l'Éternel, son Dieu, est avec lui, il est son roi, l'objet de son allégresse... L'enchantement ne peut rien contre Jacob, ni la divination contre Israël; au temps marqué, il sera dit à Jacob et à Israël quelle est l'oeuvre de Dieu. » ( Nombres 23.8, 10, 20, 21, 23; 24.9 ) Une troisième fois, Balaam fit ériger des autels en vue d'obtenir une malédiction. Mais, par les lèvres rebelles du prophète, l'Esprit de Dieu fit proclamer la prospérité de ses élus, et censura la folie et la malignité de leurs ennemis : « Béni soit quiconque te bénira, et maudit soit quiconque te maudira! » ( Nombre 24.9 )

Le peuple d'Israël était alors fidèle à Dieu. Aussi longtemps qu'il lui resta attaché, il n'y eut ni sur la terre, ni dans les enfers aucune puissance capable de lui résister. Mais la malédiction que Balaam ne put faire venir sur le peuple de Dieu, il réussit enfin à la lui attirer en le faisant tomber dans le péché.

Satan sait très bien que toute la puissance de l'armée des ténèbres ne peut rien contre l'âme la plus faible qui se cramponne à Jésus-Christ, et que, s'il l'attaquait ouvertement, il essuierait une défaite. Alors, embusqué avec ses suppôts, il s'ingénie à faire sortir les soldats de la croix hors de leur forteresse, prêt à abattre tous ceux qui s'aventureront sur son terrain. Notre seule sécurité se trouve dans une humble confiance en Dieu et dans une obéissance intégrale à tous Ses commandements.

Sans la prière, nul n'est en sûreté un seul jour ni une seule heure. Supplions tout spécialement le Seigneur de nous donner l'intelligence de Sa Parole où sont dévoilés les pièges de Satan, ainsi que les moyens d'y échapper. Le diable est expert dans l'art de citer les Écritures et de les interpréter à sa façon pour nous faire trébucher. Étudions-les donc avec humilité, sans jamais perdre de vue notre dépendance de Dieu. Tout en nous tenant constamment sur nos gardes contre les artifices du Malin, répétons avec foi : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation! »
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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

LES BONS ANGES ET LES ESPRIT MALINS

Les rapports du monde visible avec le monde invisible, le ministère des anges et le rôle des mauvais esprits - problèmes inséparables de l'histoire humaine -- sont clairement expliqués dans les Écritures. L'opinion générale tend à révoquer en doute l'existence des mauvais esprits. Quant aux anges fidèles, qui « exercent un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut » ( Hébreux 1.14 ), plusieurs les considèrent comme les esprits des morts. Or, non seulement les Écritures enseignent l'existence des anges, bons et mauvais, mais elles prouvent surabondamment qu'ils ne sont pas les esprits désincarnés des morts.

Les anges existaient avant la création de l'homme; en effet, lors de la fondation de la terre « les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, et tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie » (
Job 38.7 ). Après la chute de l'homme, des anges furent envoyés pour garder l'accès de l'arbre de vie, alors que la mort n'avait encore frappé aucun homme. D'ailleurs, les anges sont d'une nature différente de celle des hommes, puisqu'il est écrit : « Tu l'as fait, pour un peu de temps, inférieur aux anges. » ( Hébreux 2.7, version Synodale.)

La Bible nous renseigne sur le nombre, la puissance et la gloire des êtres célestes, sur leurs rapports avec le gouvernements divin, comme aussi le rôle qu'ils jouent dans le plan de la rédemption. « L'Éternel a établi son trône dans les cieux, et son règne domine sur toutes choses. » « J'entendis la voix de beaucoup danges autour du trône. » Dans l'antichambre du Roi des rois, se presse une multitude « d'anges, puissants en force », et qui exécutent « ses ordres, en obéissant à la voix de sa parole » (
Psaume 103.19-21; voir Apocalypse 5.11 ). Le prophète Daniel vit les messagers de Dieu au nombre de « dix mille millions ». L'apôtre Paul nous parle aussi « des myriades qui forment le choeur des anges » ( Daniel 7.10; Hébreux 12.22 ). Ces messagers célestes se déplacent si rapidement que le prophète les voit s'élancer « comme la foudre » ( Ézéchiel 1.14 ). L'aspect de l'ange qui se présenta devant la tombe du Sauveur « était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige »; cette apparition fit trembler les gardes romains, qui « devinrent comme morts » ( Matthieu 28.3, 4 ). Quand Sanchérib, le hautain monarque assyrien, méprisa et blasphéma Dieu, et qu'il menaça Israël de destruction, « cette nuit-là, l'ange de l'Éternel sortit, et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes ». Alors furent exterminés « dans le camp du roi d'Assyrie tous les vaillants hommes, les princes et les chefs. Et le roi confus retourna dans son pays. » ( 2 Rois 19.35; 2 Chroniques 32.21 )

Les anges sont chargés d'accomplir des missions de miséricorde en faveur des enfants de Dieu. Ils furent envoyés à Abraham, avec des promesses de bénédictions; à Lot, aux portes de Sodome, pour soustraire ce juste à la destruction de la ville; à Elie, dans le désert, sur le point de succomber à la fatigue et à la faim; à Élisée, qui vit entourée de chariots et de chevaux de feu la petite ville où l'avaient cerné ses ennemis; à Daniel, jeté dans la fosse aux lions pour sa fidélité au vrai Dieu; à Pierre, condamné à mort dans la prison d'Hérode; à deux apôtres emprisonnés à Philippes; à Paul et à ses compagnons pendant une tempête nocturne; au centennier Corneille, désireux de connaître l'Évangile; à Pierre, pour l'envoyer porter le message du salut à cet officier étranger. C'est ainsi que dans toutes les siècles les saints anges ont exercé un ministère en faveur du peuple de Dieu.

Chaque disciple de Jésus-Christ a son ange gardien, cette céleste sentinelle, qui protège le juste contre les assauts du malin. Satan lui-même le reconnaît en ces termes : « Est-ce d'une manière désintéressée que Job craint Dieu? Ne l'as-tu pas protété, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui? » (
Job 1.9, 10 ) Le moyen dont Dieu se sert pour protéger les siens est mentionné par le psalmiste : « L'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger. » ( Psaumes 34.8 ) Les anges désignés pour veiller sur les enfants de Dieu ont toujours accès auprès de lui. Le Seigneur lui-même le déclare en ces termes : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. » ( Matthieu 18.10 )

Ainsi, le peuple de Dieu, toujours exposé à la puissance de séduction, à l'inlassable malignité du prince des ténèbres, toujours en guerre avec les puissances du mal, est assuré de la protection constante des bons anges. Cette assurance n'est pas superflue. Si Dieu a promis Sa grâce et Sa protection à Ses enfants, c'est parce qu'ils doivent faire face aux puissants émissaires du Malin, agents nombreux, déterminés, infatigables, dont nul ne peut impunément ignorer l'astuce.

Les esprits malins ont été créés sans péché, égaux en puissance et en gloire aux êtres saints qui sont restés jusqu'à ce jour les messagers de Dieu. Tombés dans le péché, ils se sont ligués pour déshonorer Dieu et perdre les hommes. Entrainés par Satan dans sa rébellion, expulsés du ciel avec leur chef, ils ont coopéré avec lui au cours des siècles dans sa guerre contre l'autorité divine. Les Écritures nous parlent de leur féderation, de leur gouvernement, de leurs divers ordres, ainsi que de leur conspiration et de leur ruse contre la paix et le bonheur de l'humanité.

Les récits de l'Ancien Testament mentionnent occasionnellement leur existence et leurs agissements; mais c'est aux jours du Sauveur qu'ils manifestèrent leur puissance de la façon la plus frappante. Le Fils de Dieu étant venu exécuter le plan de la rédemption, Satan, qui avait réussi à établir l'idolâtrie dans toutes les parties de la terre sauf en Palestine, prit la détermination d'affirmer ses droits au gouvernement du monde. Jésus avait paru pour répandre la lumière dans le seul pays qui ne s'était pas entièrement soumis au joug du tentateur. Deux pouvoirs rivaux se disputèrent alors la suprématie. Plein d'amour, les bras étendus vers tous ceux qui L'accueillaient, Jésus leur offrait le pardon et la paix. Les soldats du prince des ténèbres virent que leur pouvoir n'était pas illimité et comprirent que si la mission du Christ réussissait, leur domination ne tarderait pas à s'effondrer. Aussi, rugissant comme un lion enchaîné, Satan se mit-il à exercer sa puissance de la façon la plus provocante sur les corps et sur les âmes.

La réalité des possessions démoniaques est nettement affirmée par le Nouveau Testament. Les personnes qui en étaient affligées ne souffraient pas seulement de maladies dues à des causes naturelles. Jésus reconnut, dans ces cas, la présence et l'action directe des mauvais esprits.

Un exemple frappant du nombre, de la force et la malignité des mauvais anges, aussi bien que de la puissance et de la miséricorde du Sauveur, est donné dans le récit de la guérison des deux démoniaques de Gadara. Ces malheureux déments, défiant toute intervention, se tordaient, écumaient et hurlaient, remplissant les aires de leurs cris, se meurtrissant et mettant en danger la vie de tous ceux qui les approchaient. Leurs corps ensanglanté et contortionné, leur regard égaré présentaient un spectacle propre à satisfaire le prince des ténèbres. L'un des démons qui obsédaient ces malheureux avoua : « Légion est mon nom, car nous sommes plusieurs. » (
Marc 5.9 ) Dans l'armée romaine, une légion se composant de trois à cinq mille hommes, cet aveu nous renseigne sur le nombre de démons qui s'étaient logés dans le corps de ces possédés.

Sur l'ordre de Jésus, les esprits malins lâchèrent leurs victimes; celles-ci, recouvrant leurs facultés, s'assirent paisibles et soumises aux pieds de Jésus. Mais les démons ayant reçu l'autorisation d'entraîner au lac un troupeau de pourceaux, les gens de Gadara envisagèrent cette perte comme n'étant pas contrebalancée par le miracle accompli et prièrent le divin Guérisseur de se retirer de leur contrée. C'est ainsi que Satan accuse constamment les chrétiens d'être la cause des malheurs et des calamités dont lui-même et ses agents sont les vrais responsables.

Mais les desseins de Jésus ne furent pas frustrés. Il avait permis aux démons d'anéantir le troupeau de pourceaux pour censurer les Juifs qui, par amour du gain, élevaient des animaux impurs. S'il n'avait pas tenu les démons en échec, ils n'auraient précipité dans le lac non seulement les pourceaux, mais aussi leurs gardiens et leurs propriétaires. Ceux-ci ne devaient leur salut qu'à la puissance charitablement déployée en leur faveur. En outre, le Seigneur permit cet incident pour donner à Ses disciples l'occasion de voir une manifestation de la cruauté de Satan envers les hommes et les animaux. Le Sauveur désirait que Ses disciples connaissent l'ennemi qu'ils étaient appelés à affronter et se gardent de ses artifices. Il voulait aussi que les habitants de la région voient qu'il avait la puissance de briser les chaînes de Satan et de relâcher ses captifs. D'ailleurs, après le départ de Jésus, les hommes si merveilleusement délivrés restèrent dans le pays pour proclamer la miséricorde de leur Bienfaiteur.

Le Nouveau Testament nous donne d'autres exemples du même genre. La fille d'une femme syro-phénicienne cruellement tourmentée par un démon en fut délivrée par Jésus, qui le chassa par Sa parole (voir
Marc 7.26-30). Le « démoniaque aveugle et muet » ( Matthieu 12.22 ); le jeune homme « possédé d'un esprit muet », et qui l'avait « jeté dans le feu et dans l'eau pour le faire périr » ( Marc 9.17-27 ); le lunatique dont l' « esprit de démon impur » (voir Marc 7.26-30) qui le possédait troubla la tranquilité de la synagogue de Capernaüm le jour du Sabbat; tous ceux-là furent guéris par un Sauveur compatissant. Dans presque tous ces cas Jésus s'adressa au démon comme à une entité intelligente et lui ordonna de sortir de sa victime, de cesser de la tourmenter. En constatant la grande puissance du Christ, les fidèles de Capernaüm se disaient les uns aux autres : « Quelle est cette parole? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent! » ( Luc 4.34-36 )

Les possédés nous sont souvent représentés comme endurant de grandes souffrances; mais il y a des exceptions à cette règle. Pour posséder une force surnaturelle, certains hommes accueillaient avec empressement l'influence satanique. Ceux-là n'étaient naturellement pas en lutte avec les démons. À cette catégorie appartenaient ceux qui possédaient l'esprit de divination, tels Simon le magicien, Elymas, et la servante de Philippes qui poursuivait Paul et Silas.

Nul n'est plus en danger de subir la néfaste influence des mauvais esprits que celui qui, en dépit des témoignages abondants et directs des Écritures, nie l'existence et l'action du diable et de ses anges. Tant qu'on ignore leurs supercheries, ils ont un avantage presque inconcevable; plusieurs acceptent leurs suggestions, tout en s'imaginant suivre les inspirations de leur propre sagesse. C'est la raison pour laquelle, à mesure que nous approchons de la fin, où il doit opérer avec plus de puissance que jamais pour séduire et ravager, Satan s'efforce de répandre la croyance qu'il n'est qu'un mythe. Sa tactique est d'agir dans l'ombre, et de laisser ignorer sa personnalité et son activité.

Le grand séducteur ne redoute rien tant que de voir sa ruse découverte. Pour mieux masquer sa nature réelle et ses desseins, il s'est fait représenter sous des images grossières destinées à provoquer l'hilarité et le mépris. Il lui plaît de se voir dépeint comme un être ridicule ou repoussant, moitié animal et moitié homme. Il est ravi d'entendre des gens qui se disent intelligents et renseignés prononcer son nom à la légère ou par moquerie.

Satan se dissimule avec une habilité tellement consommés que l'on entend souvent des personnes demander : « Cet être existe-t-il réellement? » La preuve la plus évidente de son succès, c'est des théories contredisant directement les déclarations les plus positives des Écritures reçoivent tant de créance dans le monde religieux. Et parce que Satan peut aisément dominer les gens inconscients de son influence, la Parole de Dieu nous met en garde contre les assauts de cet adversaire en nous donnant maints exemples de son oeuvre néfaste et en nous révélant ses maléfices.

La puissance et la malignité de Satan et de ses armées nous alarmeraient à juste titre si nous n'avions pas la certitude de trouver protection et délivrance auprès de notre invincible Rédempteur. Nous munissons soigneusement nos maisons de serrures et de verrous pour mettre nos biens et nos vies à l'abri des entreprises des méchants, mais nous pensons rarement aux mauvais anges qui ne cherchent qu'à nous nuire et contre les attaques desquels nous n'avons en nous-mêmes aucun moyen de défense. S'ils en avaient la permission, ils pourraient détraquer notre esprit, déformer notre corps, détruire nos biens et mettre fin à nos jours. Ils ne se plaisent qu'à des scènes de souffrance et de destruction. Lamentable est la condition de ceux qui, résistant aux appels de Dieu, cèdent aux tentations de Satan jusqu'à ce qu'ils soient livrés aux mauvais esprits. Mais ceux qui suivent le Sauveur sont toujours en sécurité sous Sa sauvegarde. Des anges « puissants en force » sont envoyés du ciel pour les protéger. Dieu place autour de son peuple une garde que le Malin ne peut franchir.
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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

L’INIMITIÉ ENTRE L'HOMME ET SATAN

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » ( Genèse 3.15 ) La sentence divine prononcée contre Satan lors de la chute d’Adam était une prophétie embrassant tous les siècles jusqu’à la fin des temps. Elle faisait pressentir le conflit formidable dans lequel seraient engagées toutes les races humaines appelées à vivre sur la terre.

Après avoir péché, Satan ne s’était donné ni trêve ni repos jusqu’à ce qu’il eût trouvé des êtres disposés à sympathiser avec lui et à suivre son exemple. De même qu’il avait entraîné les anges à se révolter, ainsi il avait induit Adam à violer la loi divine. Par ce fait, l’homme, comme le tentateur, avait apostasié et s’était perverti. En outre, Satan et Adam, au lieu de se trouver en mésintelligence, s’étaient mis en harmonie, de sorte que, si Dieu n’était pas intervenu, Adam et Lucifer se seraient ligués pour lutter contre le ciel. Donc, l’inimitié entre l’homme pécheur et l’auteur du mal n’est pas un fait d’ordre naturel, comme le démontre l’entente farouche qui dresse contre Dieu les impies et les armées de Satan. En outre, si Satan et ses anges ne sont qu’un dans leur guerre contre le Souverain de l’univers, ils n’en sont pas moins en conflit sur tous les autres points. Aussi, quand il entendit que l’inimitié allait s’introduire entre lui et la femme, comme entre leurs postérités, Lucifer comprit que son projet de dépraver la nature humaine serait entravé et que, par quelque moyen, l’homme serait mis en état de lui résister.

En effet, ce qui enflamme l’inimitié de Satan contre l’espèce humaine, c’est que celle-ci est, par Jésus-Christ, l’objet de l’amour et de la miséricorde de Dieu. Aussi son unique désir est-il de déjouer le plan divin pour la rédemption de l’homme, et de déshonorer Dieu en dépravant et en souillant Sa créature. Il fera gémir le ciel, puis il désolera la terre, et alors il s’en prendra à Dieu en déclarant que tout ce mal est le fait de la création de l’homme.

C’est la grâce du Sauveur dans le coeur humain qui donne naissance à l’inimitié contre Satan. Sans cette puissance régénératrice, l’homme serait le captif et le jouet de Satan. Mais le principe nouveau implanté dans son coeur suscite la guerre là où avait régné la paix. La grâce qui met l’homme en mesure de résister au tyran, de repousser l’usurpateur et de surmonter les passions qui l’avaient asservi, révèle l’existence en son âme d’un principe entièrement divin.

L’antagonisme existant entre l’esprit de Jésus et celui de Satan se manifesta de façon frappante dans l’accueil que le monde fit au Sauveur. Ce n’est point tant parce qu’il avait paru sans pompe, sans grandeur, sans richesses mondaines que les Juifs le rejetèrent. Ils virent bien qu’il possédait une puissance qui compensait, et au-delà, ces avantages extérieurs. C’étaient la pureté et la sainteté du Messie qui lui attiraient la haine des impies. Sa vie de renoncement, de pureté immaculée et de dévouement était une censure constante à l’adresse d’un peuple orgueilleux et sensuel. Voilà ce qui provoquait l’inimitié contre le Fils de Dieu et incitait Satan et les mauvais anges, unis aux méchants, à conjuguer toutes les énergies de l’apostasie contre le champion de la vérité.

L’inimitié déchaînée contre le Sauveur se déversa également sur Ses disciples. Quiconque se rend compte de la nature odieuse du péché et, avec le secours d’en haut, résiste à la tentation, excitera sûrement la colère de Satan et de ses sujets. La haine des purs principes de la vérité et la persécution de ceux qui s’en font les défenseurs dureront aussi longtemps que le péché et les pécheurs. Il n’y a pas de concorde possible entre les disciples du Christ et les suppôts de Satan. Le scandale de la croix n’a pas disparu. « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. » (
2 Timothée 3.12 )

Pour établir son royaume en opposition avec le gouvernement de Dieu, pour ébranler et séduire les serviteurs de l’Éternel, Satan tord les Écritures comme il le faisait lorsqu’il tentait Jésus; comme autrefois les agents de l’ennemi, ont calomnié et fait périr Jésus, ses suppôts aujourd’hui diffament Ses disciples et les persécutent. Ces faits, annoncés dans la première prophétie : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité », se perpétueront jusqu’à la fin des temps.

Pourquoi l’adversaire, qui jette toutes ses forces et toute sa puissance dans ce formidable combat, ne rencontre-t-il pas une résistance plus énergique? Pourquoi les soldats du Christ sont-ils à ce point indifférents et somnolents? C’est parce que leur communion avec Dieu est trop peu réelle; parce qu’ils sont lamentablement dépourvus de Son Esprit.

Le péché ne leur est pas odieux comme il l’était à leur Maître. Ils ne se rendent pas compte de l’excessive malignité du mal. Ils sont aveugles touchant la nature et la puissance du prince des ténèbres; ils ignorent sa malice et son astuce dans la guerre qu’il dirige contre Jésus-Christ et son Église. Sur ce point, une foule de croyants sont mystifiés. Ils ne se doutent pas que leur pire ennemi est un puissant général qui, à la tête de toute l’armée des mauvais anges sur laquelle il exerce un ascendant absolu, s’efforce, selon un plan longuement mûri et habilement conçu, par de savantes manoeuvres dirigées contre Jésus-Christ, d’anéantir l’oeuvre du salut des âmes. Or, beaucoup de chrétiens et même de ministres de l’Évangile semblent ignorer jusqu’à l’existence de Satan. Ils ne le mentionnent que rarement du haut de la chaire et ferment les yeux sur son inlassable activité, sa ruse et ses succès.

Constamment sur les traces de ceux qui ignorent ses desseins, ce vigilant ennemi s’introduit partout dans nos maisons, dans les rues de nos villes, dans les églises, dans les assemblées législatives, dans les tribunaux. Il trouble, trompe et séduit hommes, femmes et enfants qu’il entraîne corps et âme dans la perdition. Il divise les familles et sème partout la haine, la jalousie, les dissensions et le meurtre. Et le monde chrétien semble croire cet état de choses voulu de Dieu et inéluctable.

Un des principaux pièges de Satan pour triompher du peuple de Dieu consiste à abattre les barrières qui le séparent du monde. Dès que l’ancien Israël se permettait avec les païens des relations qui lui étaient défendues, il était entraîné dans le péché. L’Israël moderne s’égare de la même façon. « Le dieu de ce siècle a aveuglé leur intelligence, afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. » (
2 Corinthiens 4.4 ) Tous ceux qui ne sont pas résolument serviteurs de Jésus-Christ sont serviteurs de Satan. Le coeur irrégénéré aime le péché et cherche toujours à l’excuser, tandis que le coeur renouvelé hait le péché et lui résiste avec énergie. Quand les chrétiens recherchent la société des mondains et des non-croyants, ils s’exposent à la tentation, Satan, dissimulé, jette un voile sur leurs yeux. Ils ne voient pas qu’une telle compagnie puisse leur nuire, et, à mesure qu’ils se conforment au monde en paroles et en actions, leur aveuglement s’accroît. En adoptant les coutumes du monde, l’Église ne convertira jamais celui-ci à Jésus-Christ, mais c’est elle qui se convertira au monde. Celui qui se familiarise avec le péché finit par ne plus en voir le caractère odieux. Celui qui se lie avec les serviteurs de Satan finit par ne plus redouter leur maître. Si l’épreuve survient alors qu’il accomplit son devoir, comme ce fut le cas de Daniel à la cour de Babylone, le chrétien peut être assuré de la protection de Dieu; mais celui qui s’expose à la tentation y succombera tôt ou tard.

C’est avec ceux que l’on suspecte le moins d’être sous son empire que le tentateur opère avec le plus de succès. On comble d’honneurs et on admire ceux qui possèdent des talents ou de l’instruction, comme si ces avantages pouvaient remplacer la crainte de Dieu et donner droit à la faveur du ciel. Les talents et la culture, considérés en eux-mêmes, sont des dons de Dieu; mais quand on les met en concurrence avec la piété, quand, au lieu de rapprocher l’âme de Dieu, ils l’en éloignent, ils deviennent une malédiction et un piège. Plusieurs pensent que tout ce qui peut être qualifié de courtoisie ou de raffinement doit, dans un certain sens, se rattacher à Jésus. Il ne fut jamais de plus grave erreur. Il est vrai que ces qualités devraient orner le caractère de tout chrétien, car elles exerceraient une puissante influence en faveur de la vraie piété; mais si elles ne sont pas consacrées à Dieu, elles deviennent une puissance pour le mal. Maint homme cultivé et de manières agréables, qui ne voudrait pas s’abaisser à ce que l’on considère communément comme un acte immoral, n’est pas autre chose qu’un instrument poli entre les mains de Satan. La nature insidieuse et séduisante de son influence et de son exemple fait un ennemi bien plus dangereux pour la cause du Christ que les hommes ignorants et sans culture.

Par des prières ferventes et par sa confiance en Dieu, Salomon obtint une sagesse qui suscitait l’étonnement et l’admiration du monde. Mais dès qu’il se détourna de la Source de sa force morale et qu’il se mit à compter sur lui-même, il succomba à la tentation. Alors, les facultés merveilleuses accordées au plus sage des rois en firent un instrument d’autant plus puissant entre les mains de l’adversaire des âmes.

Bien que Satan s’efforce constamment d’aveugler les chrétiens sur ce fait, ils ne doivent jamais oublier que « nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (
Éphésiens 6.12 ). Voici un avertissement inspiré qui nous est parvenu à travers les siècles : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » ( 1 Pierre 5.8 ) « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » ( Éphésiens 6.11 )

Depuis les jours d’Adam jusqu’à notre époque, notre ennemi a usé de sa puissance pour opprimer et détruire. Il prépare actuellement sa dernière campagne contre L’Église. Tous ceux qui s’efforcent de suivre Jésus devront se mesurer avec cet adversaire implacable. Plus le chrétien imite fidèlement le divin Modèle, plus il est en butte aux attaques de Satan. Tous ceux qui sont activement occupés dans la cause de Dieu et s’emploient à démasquer les séductions du Malin et à présenter Jésus-Christ au monde pourront dire, après Paul, qu’ils servent le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu de grandes tribulations.

Assailli par les tentations les plus puissantes et les plus subtiles, Jésus repoussa Satan à chaque rencontre. Or, ces batailles ont été livré en notre faveur, et ces victoires rendent la nôtre possible. Le sauveur communique sa grâce à tous ceux qui l’invoquent, et le tentateur ne peut contraindre personne à pécher. Il ne peut nous convaincre sans notre consentement. Il peut plonger dans la détresse l’âme qui lui résiste, mais il ne peut l’obliger à faire sa volonté; il peut l’accabler, mais non la souiller. Le fait que Jésus-Christ a vaincu doit inciter ses disciples à lutter virilement et courageusement contre le péché et contre Satan.
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

L’ORIGINE DU MAL

L’origine et la raison d’être du péché sont pour bien des esprits un sujet de vive perplexité. Voyant le mal et ses terribles conséquences, ils se demandent comment tant de souffrances et de malignité peuvent se concilier avec la souveraineté d’un être infini en puissance, en sagesse et en amour. Incapables de pénétrer ce mystère, ils cherchent l’explication dans de fausses interprétations et dans des traditions humaines qui leur ferment les yeux sur des vérités essentielles au salut et clairement révélées dans la Bible. D’autres, enclins au doute et à la critique, trouvent dans le fait que, malgré leurs recherches, ils ne sont pas parvenus à résoudre le problème de l’existence du péché, une excuse pour rejeter en bloc toute la Bible, où sont consignés le caractère de Dieu, Sa nature et Ses principes à l’égard du péché.

Il n’est pas possible de donner de l’apparition du péché une explication qui en justifie l’existence, mais on en sait assez sur Son origine et ses conséquences ultimes pour pouvoir admirer la justice et l’amour de Dieu dans sa manière d’agir en présence du mal. Dieu n’est pas responsable de l’entrée du péché dans le monde : rien n’est plus clairement enseigné par les Écritures. Aucun refus arbitraire de la grâce divine, aucune erreur dans le gouvernement divin n’a donné lieu à un mécontentement et à une révolte. Le péché est un intrus mystérieux et inexplicable; sa présence est injustifiable. L’excuser, c’est le défendre. S’il pouvait être excusé, s’il avait une raison d’être, il cesserait d’être le péché. La seule définition qu’on puisse en donner est celle de la parole de Dieu : « le péché est la transgression de la loi »; c’est la manifestation d’un principe réfractaire à la grande loi d’amour, base du gouvernement divin.

Avant l’apparition du mal, la paix et la joie régnaient dans l’univers. Tout y était conforme à la volonté du Créateur. L’amour pour Dieu était suprême et l’amour mutuel impartial. Jésus-Christ, Verbe et Fils unique de Dieu, était un avec le Père éternel; un par sa nature, par son caractère, par ses desseins. Il était le seul être de l’univers admis à connaître tous les conseils et tous les plans de Dieu. C’est par lui que Dieu avait créé les êtres célestes. « Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux..., trônes, dignités, dominations, autorités. » (
Colossiens 1.16 ) Au Fils comme au Père, l’univers entier était soumis.

La loi de l’amour étant à la base du gouvernement de Dieu, le bonheur de toutes les créatures dépendait de leur parfait accord avec les grands principes de cette loi. Dieu demande de toutes Ses créatures un service d’amour, un hommage qui découle d’une appréciation intelligente de Son caractère. Ne prenant aucun plaisir à une obéissance forcée, Il accorde à chacun le privilège de la liberté morale permettant à tous de Lui rendre un service volontaire.

Mais un être voulut pervertir cette liberté. Le péché prit naissance dans le coeur de celui qui, après le Christ avait été le plus hautement honoré de Dieu, et qui était le plus puissant et le plus glorieux de tous les habitants du ciel. Avant sa chute, Lucifer, le Porte-Lumière, était un « chérubin protecteur » saint et sans tache. « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Tu mettais le sceau à la perfection, tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. Tu étais en Éden, le jardin de Dieu; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses.... Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. » (
Ézéchiel 28.12-15, 17 )

Lucifer aurait pu conserver la faveur de Dieu. Aimé et honoré des armées angéliques, il aurait pu faire servir ses nobles facultés au bien de son entourage et à la gloire de son Créateur. Mais, dit le prophète, « ton coeur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat. » (
Ézéchiel 28.12-15 ) Peu à peu, Lucifer se laissa aller au désir de s’élever au-dessus de la position qui lui avait été assignée. « Tu as voulu te persuader que tu étais un dieu.... Tu disais en ton coeur :... J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée. ... Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. ( Ézéchiel 28.6, version synodale; Ésaïe 14.13, 14 ) Au lieu de veiller à exalter Dieu au suprême degré et à lui assurer la première place dans l’affection de ses créatures, Lucifer chercha à capter à son profit leur allégeance et leurs hommages. Convoitant l’honneur que le Père avait conféré à Son Fils, le prince des anges aspira à une puissance dont le Christ seul détenait la prérogative.

Le ciel entier réfléchissait la gloire du Créateur et proclamait ses louanges. Tant que Dieu avait été ainsi honoré, on n’avait connu que la paix et la joie. Mais une note discordante, l’exaltation du moi, troubla soudain l’harmonie céleste. Ce sentiment, si contraire aux desseins du Créateur, éveilla de sombres pressentiments chez les êtres qui rendaient à Dieu les honneurs suprêmes. Des conseils célestes adressèrent à Lucifer d’instantes exhortations. Le Fils de Dieu lui représenta la grandeur, la bonté et la justice du Maître de l’univers, ainsi que la nature sacrée et l’immutabilité de Sa loi. C’est Dieu lui-même qui avait établi l’ordre qui régnait dans le ciel. En s’en écartant, Lucifer déshonorait son Créateur et attirait le malheur sur sa tête. Mais cet avertissement, donné avec amour et compassion, ne fit qu’éveiller un esprit de résistance. Cédant à sa jalousie envers le Fils de Dieu, Lucifer s’obstina.

L’orgueil que lui inspirait sa haute situation fit naître en lui le désir de la suprématie. Oubliant les grands honneurs dont il était l’objet de la part de son Créateur, fier de l’éclat de sa gloire, il aspira à l’égalité avec Dieu. Aimé et vénéré des armées célestes, il surpassait tous les anges en sagesse et en magnificence. Le Fils de Dieu cependant était reconnu comme le Souverain du ciel. Il partageait la puissance et l’autorité du Père, et participait à tous Ses conseils. Lucifer, qui n’était pas informé de la même manière de tous les desseins du Tout-Puissant, demandait : « Pourquoi le Fils aurait-il la suprématie? Pourquoi est-il élevé au-dessus de moi? »

Abandonnant alors sa place en la présence immédiate de Dieu, le fier chérubin alla semer la discorde parmi les anges. Opérant dans le secret, et tout en cachant d’abord ses intentions réelles sous le masque d’une grande vénération pour Dieu, il s’efforca de soulever le mécontentement contre les lois qui gouvernaient les êtres célestes, affirmant qu’elles imposaient des restrictions inutiles. Il prétendait que, eu égard à leur sainteté, les anges ne devaient connaître d’autre loi que leur bon plaisir. Pour gagner leur sympathie, il donna à entendre que Dieu l’avait traité injustement en accordant les honneurs suprêmes à son Fils, affirmant qu’en aspirant à une puissance plus grande et à de nouveaux honneurs, il ne recherchait pas son propre avantage, mais seulement la liberté des habitants du ciel, leur permettant d’atteindre un degré d’existence plus élevé.

Dans sa grande miséricorde, Dieu supporta longtemps Lucifer. Il ne le destitua pas de sa haute position dès les premières manifestations de son mécontentement, ni même lorsqu’il commença à propager ses idées parmi les anges fidèles. Le pardon lui fut offert à plusieurs reprises à condition qu’il se repente et se soumette. Des démarches que seuls un amour et une sagesse infinis pouvaient concevoir furent tentées pour le convaincre de son erreur. Jamais, auparavant, le mécontentement n’avait été ressenti dans le ciel. Lucifer lui-même ne vit pas tout d’abord son erreur et il ne comprit pas la vraie nature de ses sentiments. Aussi lorsqu’on lui prouva que son attitude hostile n’avait pas de raison d’être, convaincu de ses torts, il vit que l’autorité divine était juste et qu’il devait la reconnaître comme telle devant le ciel tout entier. S’il l’avait fait, il eût pu être sauvé, et bien des anges avec lui. Il n’avait pas encore, à ce moment-là, levé ouvertement l’étendard de la révolte contre Dieu. Il avait bien abandonné sa position de chérubin protecteur, mais s’il était revenu sur ses pas en reconnaissant la sagesse du Créateur, et s’était contenté de la place qui lui avait été assignée dans le grand plan divin, il aurait été rétabli dans ses fonctions. Mais l’orgueil l’empêcha de se soumettre. S’obstinant dans sa mauvaise voie, il soutint qu’il n’avait pas lieu de se repentir, et se déclara ouvertement en lutte avec son Créateur.

À partir de ce moment, il employa toutes les ressources de sa gigantesque intelligence à capter la sympathie des anges qui avaient été sous ses ordres. Dans l’intérêt de sa perfide ambition et de sa trahison, il n’hésita pas à fausser le sens des avertissements et des conseils que Jésus lui avait donnés. À ceux qui lui étaient le plus attachés par les liens de l’amitié, il fit croire qu’il était mal jugé, que sa position n’était pas respectée, et qu’on voulait porter atteinte à sa liberté. De là, il en vint à attaquer directement le Fils de Dieu, qu’il accusait du dessein de l’humilier devant tous les habitants du ciel. Puis, pour donner le change aux anges restés loyaux, il accusait ceux qu’il ne pouvait tromper et faire passer dans son camp, de trahir la cause du ciel, c’est-à-dire d’agir comme il agissait lui-même. Pour donner de la vraisemblance à l’accusation d’injustice, qu’il portait contre Dieu, il faussait les paroles et les actes du Créateur. Son système consistait à embarrasser les anges par des arguments subtils touchant les desseins de Dieu. Ce qui était simple, il l’enveloppait de mystère; et, en dénaturant artificieusement les faits, il jetait le doute sur les déclarations les plus formelles de Jéhovah. Sa haute position et ses rapports intimes avec l’administration divine donnaient tant de poids à ses paroles, qu’un grand nombre d’anges embrassèrent le parti de la révolte contre l’autorité du ciel.

Dans sa lutte contre le péché, Dieu ne pouvait employer d’autres armes que la justice et la vérité, tandis que Lucifer pouvait faire usage de flatterie et de mensonge. Falsifiant les paroles de Dieu et calomniant les plans de Son gouvernement, il prétendit que Dieu n’était pas juste en imposant des lois et des règlements aux habitants du ciel; qu’en exigeant de ses créatures la soumission et l’obéissance, il n’avait en vue que Sa propre exaltation. Aussi l’habileté, les sophismes et la calomnie dont il usa lui donnèrent-ils au début un avantage considérable.

Masquant ses plans sous une apparence de loyauté, il soutint qu’il travaillait à la gloire de Dieu, à la stabilisation de Son gouvernement et au bonheur de tous les habitants célestes. Tout en semant l’insoumission parmi les anges qu’il avait sous ses ordres, il donnait hypocritement à entendre qu’il travaillait à éliminer les causes du mécontentement. En proposant des modifications dans les lois et le gouvernement, il affirmait que, loin d'être en révolte, il ne cherchait qu'à contribuer à la sauvegarde de l'harmonie du ciel et au bonheur de l'univers.

Faisant un pas de plus, il se mit à rendre Dieu et son administration responsables du désordre qu'il avait lui-même créé, tout en se faisant fort de corriger et d'améliorer les statuts de Jéhovah. Il demandait seulement qu'on lui permit de démontrer, en effectuant des changements indispensables, le bien-fondé de ses prétentions.

Dans sa sagesse, Dieu laissa Lucifer poursuivre sa campagne jusqu’au moment où elle éclaterait au grand jour. Ses desseins étaient tellement enveloppés de mystère qu’il était difficile, tant qu’il ne s’était pas complètement dévoilé, de démasquer le chérubin protecteur devant les hôtes célestes qui le chérissaient et sur lesquels il exerçait une profonde influence. D’ailleurs, le péché n’avait encore jamais pénétré dans l’univers de Dieu, et les êtres saints qui peuplaient le ciel n’avaient aucune idée de sa malignité et de ses conséquences.

D’autre part, le gouvernement de Dieu ne s’étendant pas seulement aux habitants du ciel, mais à ceux de tous les mondes créés, Satan (l’adversaire) songea que s’il pouvait entraîner les anges dans sa révolte, il pourrait aussi ajouter les autres mondes à son empire. Il fallait donc que l’univers tout entier comprît le caractère réel de l’usurpateur et la vraie nature de ses machinations. Il fallait que, devant les habitants du ciel et de tous les mondes, fussent démontrées la justice de Dieu et la perfection de Sa loi. Dans l’intérêt de l’univers entier à travers les âges éternels, il importait que chacun pût voir sous leur véritable jour les accusations de Lucifer contre le gouvernement divin. Il fallait, en outre, d’une manière indubitable, que l’immutabilité de la loi de Dieu fût établie et que les accusations du grand révolté fussent condamnées par ses propres oeuvres.

Il fallait laisser mûrir le mal. Voilà pourquoi, lorsqu’il fut décidé que Satan ne serait plus toléré dans le ciel, Dieu ne jugea pas à propos de lui ôter la vie. Le Créateur ne peut agréer qu’une adoration fondée sur un sentiment d’amour et une allégeance dictée par la conviction de Sa justice et de Sa bonté. Or, si la peine capitale avait été infligée au grand coupable, les habitants du ciel et des autres mondes, encore incapables de comprendre la nature et les conséquences du péché, n’auraient pas pu, dans cet acte sommaire, discerner la justice et la miséricorde de Dieu. Si l’existence de Satan avait été immédiatement supprimée, l’univers aurait servi Dieu par crainte plutôt que par amour. Les sympathies qui allaient au chef de la révolte n’auraient pas complètement disparu, et l’esprit d’insurrection n’aurait pas été entièrement déraciné.

Quand on annonça au chef des rebelles qu’il allait être expulsé, avec tous ses partisans, du séjour de la félicité, il afficha hardiment son mépris pour la loi du Créateur, et réitéra son affirmation que les anges n’avaient pas besoin d’autre loi que leur volonté, qui les guiderait toujours dans la bonne voie. Prétendant que les statuts divins portaient atteinte à leurs libertés, il déclara que son dessein était d’obtenir l’abolition de toute espèce de loi, ajoutant qu’affranchies de ce joug, les intelligences célestes entreraient dans une existence plus élevée et plus glorieuse.

À l’unanimité, Satan et ses anges accusèrent le Fils de Dieu d’être l’auteur responsable du schisme, affirmant que s’ils n’avaient pas été réprimandés, ils ne se seraient jamais révoltés. Obstinés et effrontés dans leur révolte, et se disant cyniquement les victimes d’un pouvoir oppresseur, le grand rebelle et ses partisans furent enfin bannis du ciel.

L’esprit qui a fait naître la révolte dans la demeure de Dieu se fomente encore aujourd’hui sur la terre. Satan poursuit parmi les hommes l’oeuvre commencée chez les anges. Il règne maintenant sur « les enfants de la rébellion ». Comme lui, ceux-ci s’efforcent de supprimer les restrictions imposées par la loi de Dieu, et c’est par la transgression de ses préceptes qu’ils promettent aux hommes la liberté. La lutte contre le péché suscite encore aujourd’hui la résistance et la haine. Quand Dieu parle aux consciences par des messages d’avertissement, Satan pousse les hommes à se justifier et à chercher de la sympathie. Au lieu d’abandonner leurs erreurs, ils excitent l’indignation, contre ceux qui les censurent, comme si ces derniers étaient la cause du mal. Depuis Abel jusqu’à maintenant, cet esprit s’est toujours manifesté envers ceux qui osent condamner le péché.

C’est en calomniant le caractère de Dieu comme il l’avait fait dans le ciel, et en le représentant comme sévère et tyrannique, que Satan a fait tomber l’homme dans le mal. Ayant réussi, il déclare que ce sont les injustes restrictions de Dieu qui ont amené la chute de l’homme, comme elles ont provoqué sa propre défection. L’Éternel, en revanche, définit Son caractère comme suit : « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent. » (
Exode 34.6, 7 ) En bannissant Satan du ciel, Dieu manifestait Sa justice et soutenait l’honneur de Son trône. Mais quand, entraîné par la supercherie du grand apostat, l’homme eut péché, Dieu donna une preuve de son amour en livrant son Fils unique à la mort en faveur de l’espèce humaine. C’est au Calvaire que le caractère de Dieu se révéla. La croix prouva à l’univers tout entier que la rébellion de Lucifer n’était nullement imputable au gouvernement de Dieu.

Dans la lutte entre le Christ et Satan, durant le ministère du Sauveur, le véritable caractère du grand séducteur se révéla. Rien ne fut plus propre à éteindre chez les anges et chez toutes les intelligences de l’univers la dernière étincelle d’affection pour Lucifer, que sa guerre cruelle contre le Rédempteur du monde. L’audace blasphématoire avec laquelle il osa demander à Jésus de lui rendre hommage, la hardiesse présomptueuse qui le poussa à le transporter au haut de la montagne et au sommet du temple, la perfidie dont il fit preuve en lui suggérant de se précipiter d’une hauteur vertigineuse, la malignité inlassable avec laquelle il le harcela de lieu en lieu jusqu’à inciter les sacrificateurs et le peuple à renier Son amour et à s’écrier : « Crucifie-le! Crucifie-le! » -- tout cela provoqua l’étonnement et l’indignation de l’univers.

C’est Satan qui poussa le monde à rejeter Jésus-Christ. Voyant que la miséricorde, l’amour, la compassion et la tendresse du Sauveur représentaient aux yeux du monde le caractère de Dieu, Satan fit usage de toute sa puissance et de toute son astuce pour le supprimer. Il contesta chacune des prétentions du Fils de Dieu et employa comme agents des hommes chargés de semer sa vie de souffrance et de tristesse. Les sophismes et les mensonges par lesquels il s’efforça d’entraver l’oeuvre de Jésus, la haine manifestée par ses sicaires, ses cruelles accusations contre une vie de bonté sans exemple : tout cela dénotait une rancoeur séculaire qui se déchaîna sur le Fils de Dieu au Calvaire comme un torrent de malignité, de haine et de vengeance que le ciel entier contempla dans un silence glacé d’horreur.

Son sacrifice consommé, Jésus monta aux cieux, mais il n’accepta les hommages des anges qu’après avoir présenté au Père cette requête : « Je veux que là où je suis ceux que tue m’as donnés soient aussi avec moi. » (
Jean 17.24 ) En accents d’une puissance et d’un amour inexprimables, le Père fit entendre de son trône cette réponse : « Que tous les anges de Dieu l’adorent! » ( Hébreux 1.6 ) Jésus était sans tache. Son humiliation finie, son sacrifice consommé, il reçut un nom qui est au-dessus de tout autre nom.

Désormais, la culpabilité de Satan était inexcusable. Il s’était montré tel qu’il est : menteur et meurtrier. On comprit que l’esprit qu’il manifestait parmi les hommes qui s’étaient rangés sous son sceptre, il l’aurait introduit dans le ciel s’il en avait eu la possibilité. Il avait prétendu que la transgression de la loi de Dieu ouvrirait une ère de gloire et de liberté : on voyait maintenant qu’elle n’avait amené que l’esclavage et la dégradation.

Les accusations mensongères de Lucifer contre le caractère et le gouvernement de Dieu apparurent sous leur vrai jour. Il avait affirmé qu’en exigeant de ses créatures la soumission et l’obéissance, Dieu demandait d’elles un renoncement et des sacrifices auxquels il n’eût pas consenti lui-même et recherchait uniquement Sa gloire personnelle. Or chacun pouvait maintenant constater que, pour sauver une race pécheresse, le Maître de l’univers n’avait pas reculé devant le plus grand sacrifice auquel Son amour eût pu consentir; « car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (
2 Corinthiens 5.19 ). On vit aussi que Lucifer, assoiffé de gloire et de domination, avait ouvert la porte au péché, tandis que, pour détruire le mal, le Fils de Dieu s’était humilié en devenant obéissant jusqu’à la mort.

Dieu avait témoigné de l’horreur pour les principes de la rébellion, et le ciel tout entier voyait maintenant éclater sa justice, tant dans la condamnation de Satan que dans la rédemption de l’homme. Lucifer avait déclaré que si la loi était immuable et si chaque transgression devait être punie, tout transgresseur devait être à jamais exclu de la faveur du Créateur. Il avait affirmé que l’espèce humaine ne pouvait pas être rachetée et qu’elle était, par conséquent, sa légitime proie. Mais la mort de Jésus en faveur de l’homme était un argument irrésistible : la pénalité de la loi était tombée sur un Être qui était l’égal de Dieu, laissant l’homme libre d’accepter Sa justice et de triompher de la puissance de Satan, de même que le Fils de Dieu en avait été vainqueur. Ainsi, tout en demeurant juste, Dieu avait justifié ceux qui croient en Jésus.

Mais si le Christ est venu souffrir et mourir, ce n’est pas seulement pour assurer le salut de l’homme. S’il est venu pour rendre la loi de Dieu « grande et magnifique », ce n’est pas uniquement pour les habitants de cette terre : son grand sacrifice démontre à l’univers entier que cette loi est immuable. Si elle avait pu être abolie, le Fils de Dieu n’aurait pas dû donner sa vie pour en expier la transgression. Sa mort en prouve l’immutabilité. L’expiation consentie par l’amour du Père et du Fils pour assurer la rédemption des pécheurs démontre -- et pouvait seule démontrer -- à l’univers entier que la justice et la miséricorde sont à la base de la loi et du gouvernement de Dieu.

Tout en proclamant à l’univers l’immutabilité de la loi, la croix du Calvaire affirme que le salaire du péché, c’est la mort. Ce cri du Sauveur expirant : « Tout est accompli » a sonné le glas de Satan. L’issue du grand conflit séculaire était désormais décidée et l’extirpation finale du mal assurée. Le Fils de Dieu est descendu dans la tombe « afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable » (
Hébreux 2.14 ).

Au jugement dernier, quand le Juge de toute la terre demandera à Satan : « Pourquoi t’es-tu révolté contre moi et m’as-tu ravi mes sujets? » l’auteur du mal restera bouche close. Toutes les lèvres seront fermées et toutes les armées de la rébellion resteront silencieuses.

L’ambition de Lucifer l’avait poussé à dire : « J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu... Je serai semblable au Très-Haut. » Dieu a répondu : « Je te réduis en cendre sur la terre... Tu es réduit au néant, tu ne seras plus à jamais! » (
Ésaïe 14.13, 14; Ézéchiel 28.18, 19 ) Lorsque le jour viendra, « ardent comme une fournaise, tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume; le jour qui vient les embrasera, dit l’Éternel des armées, il ne leur laissera ni racine ni rameau » ( Malachie 4.1 ).

Dieu a fait de la révolte de Satan une leçon pour l’univers dans tous les siècles à venir, un témoignage perpétuel de la nature et des terribles conséquences du péché. L’application des principes de Lucifer et leurs effets sur les anges et les hommes devaient donner une juste idée de ce qu’il en coûte de braver l’autorité divine. Cette expérience devait prouver que le bien-être de toutes les créatures dépend de la permanence du gouvernement et des lois de Dieu. L’histoire de cette sombre révolte devait être pour tous les anges une sauvegarde perpétuelle révélant définitivement le caractère de la désobéissance et de sa pénalité.

L’univers tout entier aura été témoin de la nature et des conséquences du péché. La totale extirpation du mal qui, accomplie au début, eût été un sujet d’effroi pour les anges et eût terni l’honneur de Dieu, proclamera hautement son amour et établira son honneur devant l’univers fidèle et joyeusement soumis à Sa loi. Plus jamais le mal ne reparaîtra. Dieu a fait cette déclaration : « La détresse ne paraîtra pas deux fois. » (
Nahum 1.9 ) La loi de Dieu, dénigrée par Satan, qualifiée de joug d’esclavage, sera honorée comme une loi de liberté. Une création éprouvée et restée fidèle ne cherchera plus à déserter celui dont l’amour insondable et la sagesse infinie lui auront été si abondamment manifestés.
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

L’INSTRUCTION DU JUGEMENT

« Je regardais, dit le prophète, pendant que l’on plaçait des trônes. Et l’ancien des jours s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent. Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa présence. Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts. » ( Daniel 7.9, 10. Voir Appendice a49, note sur la Purification du Tabernacle céleste.)

C’est ainsi que fut présenté au prophète le grandiose et redoutable tribunal devant lequel la conduite de tous les hommes sera passée en revue en présence du Juge de toute la terre, et où chacun sera « jugé selon ses oeuvres » . L’ancien des jours, c’est Dieu le Père. « Avant que les montagnes fussent nées, dit le psalmiste, et que tu eusses créé la terre et le monde, d’éternité en éternité tu es Dieu. » (
Psaumes 90.2 ) Ce Dieu, source de toute vie et origine de toute loi, préside au jugement. Mille milliers et dix mille millions d’anges y assistent, en qualité d’assesseurs et de témoins.

« Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. » (
Daniel 7.13,14 ) Cette « arrivée » du Seigneur n’est pas Sa seconde venue sur la terre. Il s’approche de l’Ancien des jours pour recevoir de Lui la domination, la gloire et la royauté dont Il sera investi à la fin de Son oeuvre de médiateur, oeuvre qui devait commencer en 1844, à la fin des deux mille trois cents soirs et matins. Accompagné des anges célestes, notre souverain sacrificateur pénètre alors dans le lieu très saint pour y entreprendre, en la présence de Dieu, la dernière phase de Son ministère en faveur de l’homme : l’instruction du jugement et l’achèvement de l’expiation pour tous ceux qui en seront jugés dignes.

Dans le rituel typique, ceux-là seuls qui s’étaient confessés, et dont les péchés avaient été transférés dans le sanctuaire par le sang des victimes, bénéficiaient des bienfaits du jour des expiations. De même, au grand jour de l’expiation définitive et de l’instruction du jugement, les seuls cas pris en considération sont ceux des croyants. Le jugement des réprouvés est un événement tout à fait distinct, qui aura lieu par la suite. « Le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu? » (
1 Pierre 4.17 )

Les registres du ciel sur lesquels les noms et les actions des hommes sont inscrits serviront de base au jugement. Daniel dit : « Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts. » Le voyant de Patmos, décrivant la même scène, ajoute : « Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres. » (
Apocalpse 20.12 )

Le livre de vie renferme les noms de tous ceux qui sont entrés au service de Dieu. Jésus disait à Ses disciples : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.» (
Luc 10.20 ) Paul parle de ses fidèles collaborateurs « dont les noms sont dans le livre de vie ». ( Philipiens 4.3 ) Considérant « une époque de détresse, telle qu’il n’y en a point eu depuis que les nations existent jusqu’à cette époque », le prophète Daniel dit que le peuple de Dieu y échappera, tous « ceux... qui seront trouvés inscrits dans le livre ». Et le voyant de Patmos déclare que seuls pourront entrer dans la cité de Dieu ceux « qui sont écrits dans le livre de vie de l’agneau » ( Daniel 12.1; Apocalypse 21.27 ).

« Un livre de souvenir fut écrit devant lui, dit Malachie, pour ceux qui craignent l’Éternel et qui honorent son nom. » (
Malachie 3.16 ) Leurs paroles de foi, leurs actes de bonté, tout est enregistré dans le ciel. Néhémie fait allusion à cela quand il dit : « Souviens-toi de moi, ô mon Dieu,... et n’oublie pas mes actes de piété à l’égard de la maison de mon Dieu. » ( Néhémie 13.14 ) Tous les actes de justice sont immortalisés dans le livre de Dieu. Toute tentation repoussée, toute mauvaise action surmontée, toute parole douce et compatissante s’y trouvent soigneusement enregistrées. On y voit aussi le récit de toutes les souffrances, de toutes les peines, de tous les sacrifices endurés pour l’amour de Jésus. Le psalmiste dit : « Tu comptes les pas de ma vie errante; recueille mes larmes dans ton outre : ne sont-elles pas inscrites dans ton livre? » ( Psaumes 56.9 )

Il y a aussi un registre des péchés. « Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. » « Au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » (
Ecclésiaste 12.16; Matthieu 12.36, 37 ) Les intentions secrètes, les mobiles inavoués figurent dans l’infaillible mémorial; car le Seigneur « mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et manifestera les desseins des coeurs ». « Voici, cela est inscrit devant moi, dit l’Éternel;... vos iniquités et les iniquités de vos pères. » ( 1 Corinthiens 4.5; Ésaïe 65.6, 7, version de Lausanne.)

Toute oeuvre humaine passe en revue devant Dieu pour être classée comme acte de fidélité ou d’infidélité. En face de chaque nom, dans les registres du ciel, sont couchés avec une redoutable exactitude toute parole mauvaise, tout acte égoïste, tout devoir négligé, tout péché secret, toute dissimulation. Les avertissements du ciel oubliés, les moments perdus, les occasions non utilisées, les influences exercées, bonnes ou mauvaises, avec leurs résultats les plus éloignés: tout est fidèlement inscrit par l’ange enregistreur. La loi de Dieu est la norme par laquelle les caractères et les vies seront éprouvés au jour du jugement. « Crains Dieu et observe ses commandements, dit le Sage. C’est là ce que doit tout homme. Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. » (
Eccléssiaste 12.15,16 ) « Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté », dit à son tour l’apôtre Jacques ( Jacques 2.12 )

Ceux que les juges déclareront « dignes » auront part à la résurrection des justes. Jésus dit en effet que « ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts,... seront semblables aux anges, et ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. » (
Luc 20.35, 36 ) II dit encore que « ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie » ( Jean 5.29 ). Les justes morts ne devant ressusciter qu’après avoir été jugés dignes de la résurrection pour la vie, il s’ensuit qu’ils ne comparaîtront pas personnellement devant le tribunal qui statuera sur leur cas.

Jésus sera leur avocat et plaidera leur cause devant Dieu. « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. » (
1 Jean 2.1 ) Car il n’est pas « entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu ». « C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » ( Hébreux 9.24; 7.25 )

La vie de tous ceux qui ont cru en Jésus est examinée devant Dieu dans l’ordre où ils sont inscrits. Commençant par les premiers habitants de la terre, notre avocat présente les cas des croyants de chaque génération successive, et termine par ceux des vivants. Chaque nom est mentionné, chaque cas est pesé avec le plus grand soin. Des noms sont acceptés, d’autres sont rejetés. Quand un dossier indique des péchés non confessés et non pardonnés, le nom est radié du livre de vie, et l’inscription des bonnes actions est effacée du livre de mémoire. Le Seigneur disait à Moïse : « C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon livre. » (
Exode 32.33 ) Et au prophète Ézéchiel : « Si le juste se détourne de sa justice, s’il commet l’iniquité,... on ne lui tiendra compte d’aucun des actes de justice qu’il aura accomplis. » ( Ézéchiel 18.24, version Synodale.)

Tous ceux qui se sont réellement repentis de leurs péchés et se sont, par la foi, réclamés du sang de Jésus-Christ comme sacrifice expiatoire ont eu leur pardon consigné dans les livres. Si leur vie a répondu aux exigences de la loi, leurs péchés sont effacés, et ils sont jugés dignes de la vie éternelle. Le Seigneur dit par le prophète Ésaïe : « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. » (
Ésaïe 43.25 ) Jésus déclare : « Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. » « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » ( Apocalypse 3.5; Matthieu 10.32, 33 )

L’émotion intense avec laquelle les hommes attendent les décisions d’un tribunal terrestre ne peut donner qu’une faible idée de l’intérêt avec lequel est suivi, dans les cours célestes, l’appel des noms écrits dans le livre de vie sous le regard scrutateur du Juge de toute la terre. On y entend le divin intercesseur demander que tous ceux qui ont vaincu par la foi en Son sang reçoivent le pardon de leurs transgressions, que la demeure édénique leur soit rendue, et qu’ils soient couronnés en qualité de cohéritiers de « l’ancienne domination » (
Michée 4.8 ). En entraînant la famille humaine dans le mal, Satan avait cru pouvoir déjouer le dessein en vue duquel Dieu avait, créé l’homme. Mais le Sauveur demande maintenant que ce plan soit mis à exécution comme si l’homme n’avait jamais péché. Il requiert en faveur de Son peuple non seulement un acquittement total mais aussi une part à Sa gloire et une place sur Son trône.

Pendant que Jésus plaide pour les objets de Sa grâce, Satan les accuse devant Dieu comme transgresseurs. Le grand séducteur s’est efforcé de leur inoculer le doute et la défiance à l’égard de Dieu, de les séparer de Son amour et de les pousser à transgresser Sa loi. Mais maintenant il souligne, dans le dossier de leur vie, leurs défauts, leur disemblance d’avec Jésus -- ces imperfections qui ont déshonoré leur Rédempteur -- en un mot, tous les péchés dans lesquels il les a entraînés, et, en raison de ces faits, il les réclame comme ses sujets.

Jésus n’excuse pas leurs péchés; mais, en vertu de leur repentir et de leur foi, il demande leur pardon. Il lève devant le Père et Ses saints anges Ses mains percées et il dit : Je les connais par leur nom. Je les ai gravés sur les paumes de Mes mains. « Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé : O Dieu! tu ne dédaignes pas un coeur brisé et contrit. » (
Psaumes 51.19 ) Se tournant alors vers l’accusateur de son peuple, il lui dit : « Que l’Éternel te réprime, lui qui a choisi Jérusalem! N’est-ce pas là un tison arraché du feu? » ( Zacharie 3.2 ) Et, enveloppant ses fidèles de Sa justice, le Sauveur présente à son Père une « Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » ( Éphésiens 5.27 ). Leurs noms sont maintenus dans le livre de vie, et le Seigneur déclare : « Ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu’ils en sont dignes. » ( Apocalypse 3.4 )

Ainsi s’accomplira cette promesse de la nouvelle alliance : « Je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. » « En ces jours, en ce temps-là, dit l’Éternel, on cherchera l’iniquité d’Israël, et elle n’existera plus; le péché de Juda, et il ne se trouvera plus. » (
Jérémie 31.34; 50.20 ) « En ce temps-là, le germe de l’Éternel aura de la magnificence et de la gloire, et le fruit du pays aura de l’éclat et de la beauté pour les réchappés d’Israël. Et les restes de Sion, les restes de Jérusalem, seront appelés saints, quiconque à Jérusalem sera inscrit parmi les vivants. » ( Ésaïe 4.2, 3 )

L’instruction du jugement et l’effacement des péchés auront lieu avant le retour du Seigneur. Puisque les morts doivent être jugés d’après ce qui est écrit dans les livres, leurs péchés ne peuvent pas être effacés avant que leurs cas aient été examinés. L’apôtre Pierre déclare que les péchés des croyants seront effacés avant que « des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ » (
Actes 3.19, 20 ). L’instruction du jugement terminée, le Seigneur viendra, « et sa récompense sera avec lui pour rendre à chacun selon ses oeuvres ».

Comme, dans les rites symboliques, le souverain sacrificateur sortait du sanctuaire pour bénir la congrégation, après avoir fait l’expiation pour Israël, de même, au terme de Son sacerdoce, Jésus « apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut » (
Hébreux 9.28 ) et leur donnera la vie éternelle. Le sacrificateur, en éliminant les péchés du sanctuaire, les confessait sur la tête du bouc émissaire; Jésus placera, pareillement, tous ces péchés sur la tête de Satan, qui en est l’auteur et l’instigateur. Le bouc émissaire, chargé des péchés d’Israël, était envoyé « dans le désert » ( Lévitique 16.22 ); ainsi, Satan, chargé de tous les péchés dans lesquels il a fait tomber le peuple de Dieu, sera condamné à errer mille ans sur une terre désolée et privée de ses habitants. Il portera enfin la peine intégrale du péché dans le lac de feu, où il sera consumé avec les perdus. Le grand plan de la rédemption se consommera ainsi par l’extirpation définitive du péché et par la délivrance de tous ceux qui ont accepté de se séparer du mal.

L’instruction du jugement et l’effacement des péchés ont commencé exactement au temps fixé, à la fin des deux mille trois cents jours, en 1844. Tous ceux qui se sont une fois réclamés du nom de chrétiens doivent subir cet examen minutieux. Les vivants et les morts sont alors « jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui est écrit dans ces livres ». (
Apocalypse 20.12 )

Au jour de Dieu, les péchés dont on ne s’est pas repenti et qu’on n’a pas délaissés ne seront ni, pardonnés ni effacés et s’élèveront en témoignage contre le violateur. Qu’on ait péché à la lumière du jour ou dans les ténèbres, tout est découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. Les anges de Dieu, témoins de chacune de nos fautes, les ont infailliblement enregistrées. On peut les nier, les cacher à son père, à sa mère, à sa femme, à ses enfants et à ses amis; le coupable peut être le seul à connaître ses torts, mais ils sont mis à nu devant les esprits célestes. Les ténèbres de la plus sombre nuit, le mystère le plus impénétrable, la duplicité la plus consommée ne réussissent pas à dissimuler aux yeux de l’Éternel une seule de nos pensées. Dieu tient un compte exact de tous les actes faux, de tous les procédés injustes. Il ne se laisse pas tromper par des apparences de piété. Il ne commet point d’erreur dans l’appréciation des caractères. Un homme corrompu peut tromper ses semblables, mais Dieu déchire tous les voiles et lit les secrets des coeurs.

Combien solennelle est la pensée que, jour après jour, tout ce que nous pensons, disons ou faisons est porté sur les registres du ciel! Une parole prononcée, un acte commis ne peuvent plus être retirés. Les anges ont enregistré le bien et le mal. Le plus puissant conquérant de la terre ne peut arracher de ces registres la page d’une seule de ses journées. Nos actions, nos paroles, nos intentions les plus secrètes même contribueront à déterminer notre destinée heureuse ou malheureuse. On peut les oublier, mais elles n’en déposeront pas moins soit pour notre justification, soit pour notre condamnation.

Le caractère de chacun est reproduit sur les livres du ciel avec la même exactitude que les traits du visage sur le cliché du photographe. Et pourtant, combien peu on se soucie de ces inscriptions qui paraîtront sous les yeux des êtres célestes! Si le voile qui sépare le monde visible du monde invisible se levait soudain, nous permettant de voir un ange enregistrer fidèlement chacune des paroles et des actions dont nous serons appelés à rendre compte au jour du jugement, combien de paroles seraient retenues, et combien d’actions ne seraient jamais commises!

Au jour du jugement, l’usage que nous aurons fait de toutes nos facultés sera examiné avec le plus grand soin. Quel emploi faisons-nous du capital que le ciel nous a prêté? Le Seigneur le retrouvera-t-il avec les intérêts? Avons-nous cultivé et utilisé à la gloire de Dieu et pour le relèvement de l’humanité les talents manuels, affectifs et intellectuels qui nous ont été confiés? Comment avons-nous usé de notre temps, de notre plume, de notre parole, de notre argent, de notre influence? Qu’avons-nous fait pour le Sauveur dans la personne des pauvres, des affligés, des orphelins et des veuves? Dieu nous a constitués dépositaires de sa sainte Parole : quel usage avons-nous fait de la lumière de la vérité destinée à rendre les hommes sages à salut? Une simple profession de foi en Jésus-Christ est sans valeur; seul l’amour qui se traduit en actes est considéré comme authentique. Aux yeux des êtres célestes l’amour seul donne de la valeur à nos actions. Tout acte accompli par amour, si insignifiant qu’il soit aux yeux des hommes, est accepté et récompensé par Dieu.

Sur les registres du ciel, l’égoïsme secret du coeur humain est mis en pleine lumière. On y trouve la liste des devoirs non accomplis tant envers nos semblables qu’envers le Sauveur. On y voit combien d’heures, de pensées et de forces qui appartenaient à Dieu ont été données à Satan. C’est une lamentable documentation que les anges accumulent. Des êtres intelligents, de soi-disant disciples du Christ, se laissent absorber par l’acquisition de biens terrestres ou par le plaisir. L’argent, le temps, les forces vont au luxe ou à la concupiscence, tandis que de rares moments sont consacrés à la prière, à l’étude des Écritures, à l’humiliation et à la confession des péchés.

Satan invente d’innombrables prétextes pour occuper notre attention ailleurs qu’aux objets qui devraient le plus nous absorber. Le grand séducteur hait les glorieuses vérités qui metteut en évidence un sacrifice expiatoire et un tout-puissant Médiateur. Il sait qu’il ne réussira dans ses entreprises qu’en détournant les esprits loin de Jésus et de Sa vérité.

Ceux qui veulent se mettre au bénéfice de la médiation du Sauveur ne doivent pas se laisser détourner par quoi que ce soit du devoir de travailler à leur sanctification dans la crainte de Dieu. Les heures précieuses gaspillées dans le plaisir, le faste et l’amour de l’argent devraient être consacrées à la prière et à une étude assidue de la Parole de Dieu. Le peuple de Dieu devrait comprendre parfaitement le sujet du sanctuaire et du jugement. Chacun devrait être au courant de la position et de l’oeuvre de notre souverain sacrificateur. Sans cette connaissance, il n’est pas possible d’exercer la foi indispensable en ce temps-ci, ni d’occuper le poste que Dieu nous assigne. Chacun a une âme à sauver ou à perdre. Le cas de chacun est inscrit à la barre du divin tribunal. Chacun sera appelé à comparaître face à face devant le Juge éternel. Il importe donc au plus haut point de penser souvent à cette scène du jugement, où les livres sont ouverts, et où, comme Daniel, chacun « sera debout pour son héritage à la fin des jours » (
Daniel 12.13 )!

Ceux qui ont reçu la lumière doivent rendre témoignage des grandes vérités que Dieu leur a confiées. Le sanctuaire céleste est le centre même de l’oeuvre de Dieu en faveur des hommes. Il intéresse tous les habitants de la terre. Il nous expose le plan de la rédemption, nous amène à la fin des temps et nous révèle l’issue triomphante du conflit entre la justice et le péché. Il est donc important que chacun l’étudie à fond et soit en état de rendre raison de l’espérance qui est en lui.

L’intercession du Sauveur en faveur de l’homme dans le sanctuaire céleste est tout aussi importante dans le plan du salut que sa mort sur la croix. Depuis Sa résurrection, Jésus achève dans le ciel l’oeuvre commencée par lui sur la croix. Nous devons par la foi aller auprès de lui au-delà du voile où il a est entré pour nous comme précurseur » (
Hébreux 6.20 ). Là se reflète la lumière du Calvaire. Là nous acquérons une plus claire intelligence du mystère de la rédemption. Nous comprenons que c’est à un prix infini que le ciel a opéré le salut de l’homme et que le sacrifice consenti est à la hauteur des plus dures exigences de la loi transgressée. Jésus nous a frayé la voie qui mène au trône au Père; désormais, grâce à Sa médiation, tout désir sincère exprimé par ceux qui vont à lui par la foi peut être présenté devant Dieu.

« Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. » (
Proverbes 28.13 ) Satan cherche constamment à dominer sur nous par nos défauts, sachant bien que si nous les caressons, il finira par réussir. Pour cela, il nous trompe par ce fatal sophisme : il ne t’est pas possible de vaincre ce penchant. Si ceux qui cachent et excusent leurs fautes pouvaient voir Satan triompher à leur sujet, ils se hâteraient de les confesser et de les délaisser, en se rappelant que Jésus présente devant Dieu Ses mains meurtries et Son côté percé, et dit à tous ceux qui veulent le suivre : « Ma grâce te suffit. » ( 2 Corinthiens 12.9 ) « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » ( Matthieu 11.29, 30 ) Que nul donc ne considère ses défauts comme incurables. Dieu vous donnera foi et grâce pour les surmonter.

Nous vivons à l’époque du grand jour des expiations. Dans le culte mosaïque, pendant que le souverain sacrificateur faisait l’expiation pour Israël, chacun devait se repentir de ses péchés et s’humilier devant le Seigneur, sous peine d’être retranché de son peuple. Maintenant, de même, pendant les quelques jours de grâce qui restent encore, tous ceux qui veulent que leur nom soit maintenu dans le livre de vie doivent affliger leur âme devant Dieu, ressentir une véritable douleur de leurs péchés et faire preuve d’une sincère conversion. Un sérieux retour sur soi-même est nécessaire. Il faut, chez un bon nombre de ceux qui se disent disciples du Christ, que la légèreté et la frivolité disparaissent. Au prix d’une guerre sérieuse, on parviendra à vaincre ses tendances mauvaises et à remporter la victoire, car cette oeuvre de préparation est une affaire individuelle. Nous ne sommes pas sauvés par groupe. La pureté et la consécration de l’un ne sauraient compenser le défaut de ces qualités chez un autre. Quoique toutes les nations doivent passer en jugement, Dieu examinera le cas de chaque individu avec autant de soin que si celui-ci était seul sur la terre.

Solennelles sont les scènes qui marquent l’achèvement de l’expiation. Cette oeuvre comporte des intérêts d’une valeur infinie. Le tribunal suprême siège maintenant depuis plusieurs années. Bientôt, nul ne sait quand, les dossiers des vivants y seront examinés. Bientôt, notre vie passera sous le redoutable regard de Dieu. Il convient donc plus que jamais de prendre garde à cette exhortation du Sauveur : « Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra. » (
Marc 13.33 ) « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. » ( Apocalypse 3.3 )

Lorsque l’instruction au jugement sera terminée, la destinée de chacun sera décidée soit pour la vie, soit pour la mort. Le temps de grâce prendra fin un peu avant l’apparition de notre Seigneur sur les nuées du ciel. Dans une allusion à ce temps-là, il nous est dit dans l’Apocalvpse : « Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son oeuvre.» (
Apocalypse 22.11, 12 )

Justes et méchants seront encore sur la terre dans leur état mortel. Dans l’ignorance des décisions finales et irrévocables qui auront été prises dans le sanctuaire céleste, on plantera, on bâtira, on mangera et on boira. Avant le déluge, dès que Noé fut entré dans l’arche, Dieu l’y enferma, excluant toute possibilité pour les impies d’y pénétrer. Sept jours durant, ne se doutant pas que leur sort était définitivement scellé, ils continuèrent, imperturbables, à s’adonner au plaisir et à se moquer de l’idée d’une catastrophe imminente. « Il en sera de même, dit le Sauveur, à l’avènement du Fils de l'homme. » (
Matthieu 24.39 ) C’est silencieuse, inattendue et inaperçue, comme le voleur dans la nuit, que viendra l’heure décisive scellant la destinée de tout homme, l’heure où l’offre de la miséricorde sera retirée aux coupables.

« Veillez donc. ... Craignez qu’il ne vous trouve endormis! » (
Marc 13.35, 36 ) Périlleuse est la condition de ceux qui, se lassant de veiller, se tournent vers le monde. Pendant que le négociant se laisse absorber par le gain, que l’amateur du plaisir suit ses inclinations, que l’esclave de la mode pense à ses atours, à ce moment même, le Juge de toute la terre prononce peut-être cette sentence : Tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé léger. » ( Daniel 5.27 )
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

RÉVEILS MODERNES

Partout où la Parole de Dieu a été fidèlement annoncée, les résultats en ont attesté la divine origine. L'Esprit de Dieu a accompagné Ses serviteurs, revêtu leur parole de puissance et réveillé la conscience des pécheurs. La « lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme », a illuminé les replis les plus secrets de leur âme, et ce qui était caché dans les ténèbres a été mis en pleine lumière. Un sentiment profond de leur culpabilité s'est emparé de leur esprit et de leur coeur. Ils ont été convaincus « en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement » à venir. Un sentiment très vif de la justice de Jéhovah les a saisis, et, terrifiés à la pensée de paraître devant Celui qui sonde les coeurs, ils se sont écriés : « Qui me délivrera? » Aussi, quand la croix du Calvaire, sacrifice infini consenti par Dieu lui-même pour sauver le pécheur, s'est présentée à leurs regards, ils ont compris que seuls les mérites de Jésus-Christ pouvaient expier leurs transgressions et les réconcilier avec Dieu. Humbles et croyants, ils ont accepté « l'agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde », et dont le sang leur a obtenu la « rémission ».

Ces convertis-là produisaient des « fruits dignes de la repentance. Ils croyaient, ils étaient baptisés, et ils se relevaient pour marcher « en nouveauté de vie ». Devenus de « nouvelles créatures » en Jésus-Christ, ils ne « marchaient » plus selon les « convoitises d'autrefois », mais suivaient par la foi l'empreinte des pas du Fils de Dieu, reproduisant Son caractère et se « purifiant comme lui-même est pur ». Ils aimaient désormais les choses qu'ils haïssaient autrefois, et haïssaient les choses qu'ils aimaient. L'orgueilleux, le présomptueux, devenait doux et humble de coeur. L'homme vain et altier se montrait sérieux et modeste. Le matérialiste devenait religieux, le buveur, sobre et le débauché, chaste. Les vaines coutumes du monde étaient abandonnées. Les convertis ne s'adonnaient pas à la parure extérieure, aux « ornements d'or ou aux habits qu'on revêt », mais à la parure « intérieure et cachée dans le coeur, à la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu ». (
1 Pierre 3.3-4)

Ces réveils étaient caractérisés par d'humbles et profonds examens de conscience. On y entendait des appels solennels adressés aux pécheurs par des hommes animés d'une compassion profonde envers les êtres pour lesquels Jésus a versé Son sang. Des hommes et des femmes imploraient, par d'ardentes prières d'intercession, le salut des pécheurs. Ces réveils engendraient des âmes qui, loin de reculer devant le renoncement et le sacrifice, se réjouissaient d'être jugées dignes d'endurer l'opprobre pour l'amour de Jésus-Christ. On constatait une transformation dans la vie de ces nouveaux croyants. Les milieux où ils vivaient bénéficiaient de leur influence. Ils « rassemblaient avec Jésus-Christ » et « semaient pour l'Esprit », en vue de « récolter pour la vie éternelle ».

À eux s'appliquaient ces paroles : « Vous avez été attristés selon Dieu... Car la tristesse selon Dieu produit une conversion à salut dont on ne se repent point; mais la tristesse du monde produit la mort. Voyez en effet cette tristesse même selon Dieu que vous avez éprouvée, quel empressement elle a produit en vous! et même quelle apologie, et même quelle indignation, et même quelle crainte, et même quel ardent désir, et même quel zèle, et même quel châtiment! » (
2 Corinthiens 7.9-11)

Tel est le résultat de l'action de l'Esprit de Dieu. Là où il n'y a pas de réforme, il n'y a pas eu de véritable repentir. Si le pécheur rend le gage, restitue ce qu'il a dérobé, confesse ses péchés, et s'il aime le Seigneur et ses semblables, il peut avoir l'assurance d'être en paix avec Dieu. Tels étaient les résultats des anciens réveils. En les jugeant par leurs fruits, on pouvait dire qu'ils étaient bénis de Dieu pour le salut des individus et le relèvement de l'humanité.

Malheureusement, maints réveils modernes présentent un contraste frappant avec les manifestations de la grâce divine qui accompagnaient autrefois les travaux des serviteurs de Dieu. Il est vrai qu'ils font sensation. Bien des gens se disent convertis, et les Églises enregistrent de nombreuses adhésions. Néanmoins, les faits ne nous autorisent pas à croire qu'il y ait eu une augmentation proportionnelle de véritable vie spirituelle. Ce feu de paille ne tarde pas à s'éteindre et laisse derrière lui des ténèbres plus épaisses qu'auparavant.

Les réveils populaires sont trop souvent produits par des appels à l'imagination, par l'excitation des émotions : ils satisfont le goût du clinquant et de la nouveauté. Les convertis recrutés de cette façon sont peu désireux d'écouter les Écritures le témoignage des apôtres et des prophètes les laisse indifférents. Les services religieux qui n'ont rien de sensationnel ne les attirent pas. Les messages qui ne font appel qu'à la raison ne trouvent aucun écho dans leur âme. Les avertissements positifs de la Parole de Dieu qui concernent directement leurs intérêts éternels sont pour eux lettre morte.

Pour toute âme réellement convertie, le grand objet de la vie, c'est la connaissance de Dieu et des choses éternelles. Mais où trouve-t-on, de nos jours, dans les églises en vogue, cet esprit de consécration à Dieu? Les convertis ne se débarrassent ni de leur orgueil ni de leur amour du monde. Ils ne sont pas plus disposés qu'avant leur conversion à renoncer à eux-mêmes, à se charger de la croix du Sauveur et à suivre l'humble et doux Jésus. La puissance de la piété a presque disparu de plusieurs églises; les soirées théâtrales les tombolas, les ventes, la toilette en ont banni la pensée de Dieu. Les terres, les belles villas, les projets et les occupations de cette vie remplissent tellement les coeurs que l'on accorde tout au plus une pensée fugitive à ce qui concerne nos intérêts éternels. Un grand nombre de ceux qui se réclament de la religion en ignorent à tel point les principes qu'elle est devenue la risée des incrédules et des sceptiques.

Malgré le déclin général de la foi et de la piété, il y a encore, dans ces églises, de vrais disciples du Sauveur. Aussi, avant que les jugements de Dieu fondent sur la terre, il y aura au sein de son peuple un réveil de la piété primitive tel qu'on n'en a pas vu depuis les jours des apôtres. Dieu accordera à Ses enfants l'Esprit et la puissance d'en haut. Alors, de nombreuses âmes sortiront des églises où l'amour du monde a supplanté l'amour de Dieu et de Sa Parole. Beaucoup de pasteurs et de fidèles accepteront joyeusement les vérités que Dieu a fait proclamer en ce temps-ci pour préparer un peuple en vue de la seconde venue du Christ. Pour enrayer cette oeuvre, l'ennemi des âmes en suscite des contrefaçons donnant l'impression que la bénédiction de Dieu est répandue sur les églises qu'il égare. De grands réveils sembleront se produire, et des multitudes attribueront au Seigneur des choses merveilleuses dues à un tout autre esprit. Déguisé sous le manteau de la religion, Satan tentera d'étendre son influence sur le monde chrétien.

L'esprit qui caractérisera les grands mouvements religieux de l'avenir s'est exercé à des degrés divers dans un grand nombre de réveils nés au cours du siècle dernier. Ils font surtout appel au sentiment et on y trouve un mélange de vrai et de faux propre à induire en erreur. Mais la séduction n'est pas inévitable. Il n'est pas difficile, à la lumière de la Parole de Dieu, de déterminer la nature de ces mouvements. On peut être sûr que la bénédiction de Dieu n'est pas là où l'on néglige le témoignage des Écritures et où l'on se détourne des vérités qui exigent le renoncement et la séparation du monde. Si, en outre, on applique cette règle de Jésus : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » (
Matthieu 7.16), on pourra se convaincre que ces mouvements ne procèdent pas de l'Esprit de Dieu.

Dieu s'est révélé aux hommes par les vérités de Sa Parole; quiconque les accepte est à l'abri des séductions de Satan. C'est le fait de les avoir négligées qui a ouvert la porte à tous les maux dont souffre le monde religieux. On a, dans une large mesure, perdu de vue la nature et l'importance de la loi de Dieu. Une fausse conception du caractère et de la perpétuelle obligation de la loi divine a ouvert la voie à des erreurs sur la conversion et la sanctification, et a eu pour conséquence un abaissement du niveau de la piété dans les églises. C'est la raison pour laquelle l'Esprit et la puissance de Dieu sont absents des réveils modernes.

Dans les diverses églises chrétiennes des hommes reconnaissent ce fait et le déplorent. Un professeur signale en termes excellents les périls que court actuellement la religion : « L'une des causes de notre faiblesse, dit-il, c'est que, du haut de la chaire, on ne met pas assez en évidence les droits de la loi divine. Autrefois, nos chaires étaient l'écho de la voix de la conscience... Nos prédicateurs les plus éminents, suivant l'exemple du Maître, donnaient à leurs discours une étonnante majesté en mettant en relief la loi, ses préceptes et ses menaces. Leurs deux grandes maximes étaient que la loi est une manifestation des perfections divines, et que celui qui n'aime pas la loi n'aime pas non plus l'Évangile; car la loi, aussi bien que l'Évangile, est un miroir qui réfléchit le vrai caractère de Dieu. Le péril où nous sommes en engendre un autre : celui de ne pas voir la nature odieuse du péché, son étendue, sa culpabilité. Or, l'énormité de la désobéissance est proportionnée à l'excellence du commandement...

» Aux dangers mentionnés précédemment s'ajoute celui de ravaler la justice de Dieu. La tendance de la prédication moderne est de filtrer la justice de Dieu au travers de sa bienveillance, et d'abaisser celle-ci au niveau d'un sentiment au lieu de l'élever à la hauteur d'un principe. Le prisme de la nouvelle théologie sépare ce que Dieu a réuni. La loi divine est-elle un bien on un mal? Elle est un bien. Donc, la justice est un bien, puisqu'elle a pour but la pratique de la loi. Aussi, de l'habitude de sous-estimer la loi et la justice de Dieu, et, par suite, ce que la désobéissance de l'homme a d'odieux, on glisse facilement dans le travers de déprécier la grâce qui découle de l'expiation du péché. » Ainsi l'Évangile perd sa valeur et son importance aux yeux des hommes, et, pour peu que l'on fasse un pas de plus, on n'hésitera pas à rejeter pratiquement la Parole de Dieu elle-même.

Maints conducteurs religieux affirment que Jésus, par Sa mort, a aboli la loi, et que nous ne sommes, par conséquent, plus tenus de l'observer. Il en est qui la représentent comme un joug irritant et qui opposent au prétendu esclavage de la loi la liberté dont on jouit sous l'Évangile.

Ce n'est pas ainsi que les apôtres et les prophètes envisageaient la sainte loi de Dieu. David déclarait : « Je marcherai au large, car je recherche tes ordonnances. » (
Psaume 119.45) L'apôtre Jacques, qui écrivait après la mort du Sauveur, appelle le décalogue « la loi royale », « la loi parfaite, la loi de la liberté » (Jacques 2.8; 1.25) et le voyant de Patmos, un demi-siècle après la crucifixion, prononce une bénédiction sur « ceux qui pratiquent Ses commandements, afin qu'ils aient droit à l'arbre de la vie et qu'ils entrent par les portes dans la ville ». (Apocalypse 22.14, vers. de Lausanne)

C'est sans raison qu'on a prétendu que, par Sa mort, Jésus avait aboli la loi de Son Père. S'il avait été possible d'amender ou de supprimer la loi, le Fils de Dieu n'aurait pas eu besoin de mourir pour soustraire l'homme à la pénalité du péché. Loin d'abolir la loi, la mort de Jésus-Christ prouve qu'elle est immuable. Le Fils de Dieu est venu rendre Sa « loi grande et magnifique » (
Ésaïe 42.21). Il déclarait : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi. ... Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre. » (Matthieu 5.17-18) Et pour ce qui Le concerne personnellement, Il s'exprime prophétiquement ainsi : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu! Et ta loi est an fond de mon coeur. » (Psaume 40.9)

Par sa nature, la loi de Dieu est immuable. Elle est une révélation de la volonté et du caractère de Son auteur. Dieu étant amour, Sa loi aussi est amour. Ses deux grands principes sont l'amour de Dieu et l'amour du prochain. « L'amour est donc l'accomplissement de la loi. » (
Romains 13.10) Le caractère de Dieu est fait de justice et de vérité ; telle est aussi la nature de Sa loi. « Ta loi est la vérité », dit le psalmiste; « tous tes commandements sont justes » (Psaume 119.142, 172). De son côté, l'apôtre Paul déclare : « La loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Romains 7.12) Une loi qui est l'expression de la pensée et de la volonté de Dieu doit subsister aussi longtemps que Son auteur.

Réconcilier l'homme avec Dieu et avec les principes de la loi divine, telle est l'oeuvre de la conversion et de la sanctification. L'homme créé à l'image de Dieu était en parfaite harmonie avec la nature et la loi du Créateur. Les principes de la justice étaient écrits dans son coeur. Mais le péché l'a séparé de Dieu. Il ne réfléchit plus l'image divine. Il est en guerre avec les saints principes de Sa loi. « L'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. » (
Romains 8.7) Mais « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique », afin de « réconcilier l'homme avec lui-même ». Par les mérites de JÉsus, l'accord a été rétabli entre le Créateur et sa créature; celle-ci, renouvelée par la grâce divine, mise en possession d'une vie nouvelle, est transformée par une « nouvelle naissance » sans laquelle, a dit Jésus, nul « ne peut voir le royaume de Dieu ».

Le premier pas vers la réconciliation avec Dieu, c'est la conviction du péché. « Le péché est la transgression de la loi. » « C'est par la loi que vient la connaissance du péché. » (
1 Jean 3.4; Romains 3.2) Pour voir sa culpabilité, il faut que le pécheur se compare avec la grande règle de la justice divine. C'est un miroir fidèle qui donne l'image d'un caractère parfait, et qui rend le pécheur capable de discerner ses défauts.

Mais si la loi nous révèle nos péchés, elle ne nous en donne pas le remède. Si elle promet la vie a celui qui obéit, elle prononce la peine de mort contre les transgresseurs. Seul l'Évangile peut purifier des souillures du péché. Par la conversion à Dieu, dont il a transgressé la loi, et par la foi au sacrifice expiatoire de Jésus-Christ, l'homme obtient la « rémission des péchés passés » et devient participant de la nature divine. Il est désormais enfant de Dieu, parce qu'il a reçu l'esprit d'adoption par lequel il crie : « Abba, Père! »

À la question : Est-il désormais libre de transgresser la loi? Paul répond : « Anéantissons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi. » « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché? » Jean ajoute : « L'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. » (
Romains 3.31; Romains 6.2; 1 Jean 5.3) Par la nouvelle naissance, le pécheur est mis en harmonie avec Dieu et avec Sa loi. Dès que ce changement s'est produit, l'homme est passé de la mort à la vie, du péché à la sainteté, de la transgression et de la révolte à l'obéissance et à la fidélité. L'ancienne vie d'inimitié contre Dieu n'est plus. Il est entré dans une vie nouvelle de réconciliation, de foi et d'amour. Alors, « la justice de la loi » est « accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit ». (Romains 8.4) Et le croyant s'écrie du fond du coeur : « Combien j'aime ta loi! Elle est tout le jour l'objet de ma méditation. » (Psaumes 119.97)

« La loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme. » (
Psaumes 19.8) Sans la loi, on n'a aucune idée de la pureté et de la sainteté de Dieu, ni de sa propre culpabilité et de sa misère. On n'a aucune conviction réelle du péché, et on n'éprouve aucun besoin de s'amender. Ne se sentant pas perdu par ses transgressions de la loi divine, on ne voit pas la nécessité du sang expiatoire du Sauveur. On accepte l'espérance du salut sans changement radical du coeur et sans réforme de la vie. C'est ainsi que les conversions superficielles se multiplient et que des multitudes entrent dans l'Église sans être réellement unies au Sauveur.

Des théories erronées touchant la sanctification jouent un grand rôle dans les mouvements religieux de notre époque. Ces théories, non seulement fausses mais dangereuses, trouvent un accueil empressé, ce qui nous impose le devoir de faire comprendre à tous l'enseignement des Écritures à ce sujet.

La véritable sanctification est une doctrine biblique. L'apôtre Paul écrit aux Thessaloniciens : « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification. » Il ajoutait : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers. » (
1 Thessaloniciens 4.3; 5.23) La Bible enseigne clairement en qnoi consiste la sanctification, et comment on y parvient. Priant en faveur de ses disciples, le Sauveur disait : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » (Jean 17.17) D'autre part, l'apôtre déclarait qu'on est « sanctifié par l'Esprit-Saint» (Romains 15.16). Jésus fit à Ses disciples, touchant la mission du Saint-Esprit, la déclaration suivante : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. » (Jean 16.13) Cela concordait avec cette affirmation du psalmiste : « Ta loi est la vérité. » Ce sont donc à la fois l'Esprit et la Parole de Dieu qui nous révèlent les grands principes de justice contenus dans sa loi. Étant donné que la loi est sainte, juste et bonne, qu'elle est une expression écrite des perfections divines, un caractère formé à l'obéissance à cette loi sera saint. Or, Jésus-Christ a été un exemple parfait de ce caractère. « J'ai gardé les commandements de mon Père. » dit-il; « Je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jean 15.10; Jean 8.29) Ses disciples doivent donc devenir semblables à Lui, c'est-à-dire, former, par la grâce de Dieu, des caractères conformes aux principes de Sa sainte loi. Telle est la sanctification selon les Écritures.

Elle n'est possible que par la foi en Jésus-Christ et par la puissance de l'Esprit habitant dans le coeur. L'apôtre Paul adresse aux croyants cette exhortation : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement... car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » (
Philippiens 2.12-13) Le chrétien connaît les sollicitations du péché, mais il lui fait constamment la guerre. Et, grâce au secours du Sauveur, la faiblesse humaine s'unit à la puissance divine et le croyant s'écrie : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! » (1 Corinthiens 15.57)

Les Écritures montrent clairement que l'oeuvre de la sanctification est progressive. Cette oeuvre ne fait que commencer quand, à sa conversion, l'homme a trouvé la paix par le sang de l'expiation. Désormais, il ne visera à rien de moins qu'à « la perfection »; il voudra atteindre la « mesure de la stature parfaite de Christ ». L'apôtre Paul disait : « Je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. » (
Philippiens 3.13-14) Et les échelons de la sanctification sont énumérés comme suit par l'apôtre Pierre : « Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... En faisant cela, vous ne broncherez jamais. » (2 Pierre 1.5-10)

Ceux qui font l'expérience de la sanctification selon la Parole de Dieu manifestent un esprit d'humilité. Comme Moïse, ils ont eu une vision redoutable; ils ont vu la majesté de Dieu et ont découvert leur indignité par contraste avec la pureté et la perfection de l'Être infini.

Par sa longue vie entièrement consacrée au service du Maître, le prophète Daniel est un exemple de vraie sanctification. Les anges l'appelaient l'« homme bien-aimé » du ciel (
Daniel 10.11). Et cependant, loin de se considérer comme pur et saint, ce vénérable prophète, plaidant devant Dieu la cause de son peuple, s'identifiait avec Israël coupable : « Ce n'est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c'est à cause de tes grandes compassions... Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité. » (Daniel 9.18, 15) Il ajoutait : « Je confessais mon péché et le péché de mon peuple d'Israël. » Et lorsque, à une date ultérieure, le Fils de Dieu lui apparut pour l'instruire, Daniel relata sa réaction en ces termes : « Mon visage changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur. » (Daniel 9.20; 10.8)

Quand Job entendit la voix de Dieu du sein de la tempête, il s'écria : « Je me condamne et je me repens sur la poussière et sur la cendre. » (
Job 42.6) Quand Ésaïe eut entrevu la gloire de Dieu et entendu les chérubins répéter : « Saint, saint, saint est l'Éternel des armées! » il s'écria « Malheur à moi! je suis perdu. » (Ésaïe 6.3, 5) Paul, bien qu'il eût été ravi au troisième ciel où il entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer », s'estimait « le moindre de tous les saints » (2 Corinthiens 12.3-4; Éphésiens 3.8). Jean, le disciple bien-aimé, qui se reposa sur le sein du Seigneur, et qui contempla Sa gloire, tomba comme mort aux pieds d'un ange. (Voir Apocalypse 1.17)

Ceux qui marchent à l'ombre de la croix du Calvaire ne pourront jamais s'enfler d'orgueil, ni prétendre qu'ils sont exempts de péché. Ils savent que leurs transgressions ont fait souffrir le Fils de Dieu, qu'elles ont brisé son coeur, et cette pensée les maintient dans l'humilité. Ceux qui vivent le plus près de Jésus perçoivent le plus clairement la fragilité et la nature pécheresse de notre nature humaine. Leur seule espérance est dans les mérites d'un Sauveur crucifié et ressuscité.

La sanctification actuellement en vogue dans le monde religieux est imbue d'un esprit d'infatuation et d'un oubli de la loi de Dieu qui la rendent étrangère à la religion des Écritures. Les propagateurs de cette sanctification enseignent qu'elle est instantanée, qu'elle amène immédiatement, par la foi seule, à la sainteté parfaite. « Croyez seulement, disent-ils, et cette grâce est à vous. » Ils donnent à entendre qu'il n'y a pas lieu de faire d'autres efforts. En même temps, ils nient l'autorité de la loi de Dieu, et prétendent que nous sommes dégagés de l'obligation d'observer les commandements. Comme s'il était possible d'être saint, en plein accord avec la volonté et le caractère de Dieu, sans être soumis aux principes qui sont l'expression de Sa volonté, et qui révèlent ce qui Lui est agréable!

Ce qui a fait la fortune de la doctrine de la foi et de la foi seule, c'est le désir d'une religion qui n'exige ni luttes, ni renoncements, ni séparation d'avec le monde et ses frivolités. Mais que dit la Parole de Dieu? Écoutons l'apôtre Jacques : « Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? La foi peut-elle le sauver?... Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les oeuvres, lorsqu'il offrit son fils Isaac sur l'autel? Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite... Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement. » (
Jacques 2.14-24)

Le témoignage de la Parole de Dieu est opposé à cette doctrine séduisante de la foi sans les oeuvres. Se réclamer des faveurs du ciel sans se conformer aux conditions de la grâce, ce n'est pas de la foi, c'est de la présomption, puisque la foi authentique se fonde sur les promesses renfermées dans les Écritures.

Que nul ne s'abuse par la pensée que la sanctification est compatible avec la violation volontaire des ordres de Dieu. Pécher de propos délibéré, c'est réduire au silence la voix de l'Esprit et se séparer de Dieu. « Le péché est la transgression de la loi. » « Quiconque pèche [transgresse la loi] ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu. » (
1 Jean 3.4, 6) L'apôtre Jean qui, dans ses épîtres, insiste beaucoup sur l'amour, n'hésite pas cependant à dévoiler sans merci ceux qui se prétendent saints bien qu'ils transgressent la loi de Dieu. « Celui qui dit : Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l'amour de Dieu est véritablement parfait en lui. » (1 Jean 2.4-5) Voilà la pierre de touche de toute profession religieuse. Impossible d'attribuer à un homme la sainteté sans la mesurer avec la seule règle de sainteté que Dieu ait donnée tant pour le ciel que pour la terre. Quiconque ne fait aucun cas de la loi morale, se permet de ravaler les préceptes divins, transgresse le moindre des commandements de Dieu et enseigne aux hommes à en faire autant, ne jouit pas de l'estime du Seigneur, et ses prétentions à la sainteté sont sans fondement.

Celui qui se dit sans péché montre par là même qu'il est bien éloigné de la perfection. C'est parce qu'il n'a aucune idée de la pureté et de la sainteté infinies de Dieu et de ce qu'il faut être pour devenir conforme à son caractère; c'est parce qu'il n'a aucune idée de la pureté et de la suprême bonté de Jésus, ainsi que de la malignité du péché, que l'homme peut se considérer comme saint. Plus on est éloigné de Jésus, moins on comprend le caractère et les exigences de Dieu, et plus on est juste à ses propres yeux.

La sanctification telle qu'elle apparaît dans les Écritures embrasse l'être tout entier : l'esprit, l'âme et le corps. La prière de Paul en faveur des Thessaloniciens nous le dit : « Que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. » (
1 Thessaloniciens 5.23) L'apôtre écrivait, d'autre part, aux croyants : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » (Romains 12.1) Au temps de l'ancien Israël, on examinait avec soin toute offrande destinée au sacrifice. Tout animal ayant quelque tare était écarté, Dieu ayant ordonné de ne Lui présenter que des offrandes « sans défaut ». Les chrétiens, eux aussi, sont exhortés à présenter leur corps en « sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». Pour le faire, ils doivent conserver toutes leurs facultés dans le meilleur état possible. Tout ce qui tend à diminuer l'énergie physique ou la lucidité intellectuelle disqualifie l'homme pour le service du Créateur. Dieu ne peut se contenter de moins que du meilleur de nous-mêmes. Jésus a dit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur. » Ceux qui aiment Dieu de tout leur coeur voudront Lui donner ce qu'ils ont de meilleur, et ils s'efforceront toujours de soumettre toutes leurs facultés aux lois propres à les rendre plus aptes à le servir. Ils ne permettront pas que l'appétit ou la sensualité vienne souiller l'offrande qu'ils présentent à leur Père céleste.

Pierre nous dit : Abstenez-vous à des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme. » (
1 Pierre 2.11) Tout péché tend à engourdir les énergies, à émousser les perceptions mentales et spirituelles, comme à affaiblir l'action de l'Esprit et de la Parole de Dieu sur le coeur. Paul écrivait aux Corinthiens : « Purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu. » (2 Corinthiens 7.1) Et, parmi les fruits de l'Esprit : « l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité et la douceur », il classe aussi « la tempérance » (Galates 5.22-23).

En dépit de ces déclarations inspirées, combien de chrétiens affaiblissent leurs facultés par leur âpreté au gain ou par le culte qu'ils rendent à la mode! Combien avilissent leur dignité de fils de Dieu par la gloutonnerie, le vin et les plaisirs défendus! L'Église, au lieu de réprimer ces penchants, les encourage en faisant appel à l'amour du gain ou du plaisir pour combler des déficits budgétaires dus au manque d'amour pour le Sauveur. Si le Seigneur entrait aujourd'hui dans les églises, et y voyait les festins et le trafic qui s'y organisent au nom de la religion, ne chasserait-il pas ces profanateurs comme il a banni autrefois les changeurs du temple?

Jacques déclare que la sagesse d'en haut « est premièrement pure ». Si cet apôtre avait rencontré des gens prononçant le précieux nom de Jésus tout en ayant les lèvres souillées par le tabac, leur haleine et toute leur personne imprégnées et intoxiquées par une odeur fétide, et en contraignant leur entourage à respirer un air empoisonné -- s'il avait connu une coutume aussi opposée à la pureté évangélique, ne l'aurait-il pas dénoncée comme « terrestre, charnelle et diabolique »? On entend des esclaves du tabac prétendre à une entière sanctification et parler de la vie future; or, la Parole de Dieu leur dit clairement que « rien de souillé » n'entrera dans le ciel. (
Apocalypse 21.27)

« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qni est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps. » (
1 Corinthiens 6.19-20) Celui dont le corps est le temple du Saint-Esprit ne se laissera pas asservir par une habitude pernicieuse. Ses facultés appartiennent à Celui qui l'a racheté au prix de Son sang. Ses biens appartiennent au Seigneur. Comment pourrait-il gaspiller impunément un capital qui lui a été prêté? Tandis que les âmes périssent faute de la Parole de vie, des chrétiens de profession dépensent chaque année inutilement des sommes énormes. On pille Dieu « dans les dîmes et les offrandes », tandis que l'on sacrifie à des passions funestes plus d'argent qu'on n'en donne pour soulager les pauvres ou répandre l'Évangile. Si tous ceux qui se disent disciples de Jésus-Christ étaient réellement sanctifiés, ils apporteraient au trésor du Seigneur leurs revenus au lieu de les dissiper en choses inutiles et même nuisibles. Ils donneraient l'exemple de la tempérance, du renoncement et du sacrifice, et seraient ainsi la lumière du monde.

Le monde s'est abandonné aux plaisirs des sens. Les foules se laissent entraîner par « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie ». Mais les enfants de Dieu ont une vocation plus sainte. « Sortez du milieu d'eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; ne touchez pas à ce qui est impur. » Fondé sur la Parole de Dieu, on peut affirmer que la sanctification qui n'engendre pas la renonciation complète aux ambitions et aux satisfactions coupables, n'est pas de bon aloi.

À ceux qui se conforment à cet ordre : « Sortez du milieu d'eux et séparez-vous; ne touchez pas à ce qui est impur », Dieu fait cette promesse : « Je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » (
2 Corinthiens 6.17-18) Le devoir et le privilège de tout chrétien, c'est d'acquérir une connaissance riche et bénie des choses de Dieu. « Je suis la lumière du monde, dit Jésus. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8.12) « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l'éclat va croissant jusqu'au milieu du jour. » (Proverbes 4.18) Chaque pas en avant dans la foi et l'obéissance met l'âme en rapport plus intime avec la lumière du monde, en qui « il n'y a pas de ténèbres ». L'éclat du Soleil de justice brille sur les serviteurs de Dieu pour qu'à leur tour ils en réfléchissent les rayons. De même que les étoiles nous disent qu'il y a dans les cieux une grande lumière dont elles reflètent la gloire, ainsi les chrétiens doivent montrer qu'il y a sur le trône de l'univers un Dieu dont le caractère mérite d'être loué et imité. Les grâces de son Esprit, la pureté et la sainteté de Son caractère doivent éclater dans ses témoins.

Dans son épître aux Colossiens, l'apôtre Paul énumérait les riches bénédictions assurées à l'enfant de Dieu. « C'est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. » (
Colossiens 1.9-11)

Il écrivait aux frères d'Éphèse son désir de les voir parvenir à une pleine intelligence des prérogatives chrétiennes. Il leur présentait, dans les termes les plus larges, la grande puissance et les connaissances qu'ils pourraient acquérir comme fils et filles du Très-Haut. Il ne tenait qu'à eux d'« être puissamment fortifiés par son Esprit dans l'homme intérieur », d'être « enracinés et fondés dans l'amour », de « comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance ». Mais la prière de l'apôtre parvint à son apogée, quand il en vint à dire : « ...en sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu... » (
Éphésiens 3.16-19)

Nous avons ici la révélation des hauteurs auxquelles, dès que nous en remplirons les conditions, nous pourrons atteindre par la foi aux promesses de notre Père céleste. Nous avons accès, par les mérites du Christ, à la puissance infinie. « Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » (
Romains 8.32) C'est sans mesure que le Père a donné au Fils son Esprit, auquel nous pouvons participer dans sa plénitude, « Si donc, méchants comme vous l'êtes, dit Jésus, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent! » (Luc 11.13) « Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. » (Jean 14.14; 16.24)

Bien que la vie du chrétien doive être caractérisée par l'humilité, il ne faut pas qu'elle soit triste et décolorée. Chacun a la possibilité de vivre de façon à être approuvé et béni de Dieu. Notre Père céleste ne désire pas que nous restions sous le poids de la condamnation. Le fait de marcher la tête penchée et de penser constamment à soi-même n'est pas une preuve d'humilité. Purifié par Jésus, on peut se présenter devant Sa loi sans honte ni remords. « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, ...qui marchent, non selon la chair, mais selon l'Esprit. » (
Romains 8.1-4) Par Jésus-Christ, les fils d'Adam deviennent « fils de Dieu ». « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d'un seul. C'est pourquoi il n'a pas honte de les appeler frères. » (Hébreux 2.11) La vie chrétienne devrait être une vie de foi, de victoire et de joie en Dieu. « Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. » (1 Jean 5.4) C'est à juste titre qu'un serviteur de Dieu a pu dire : « La joie de l'Éternel sera votre force! » (Néhémie 8.10) Et Paul d'ajouter : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous. » « Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 4.4; 1 Thessaloniciens 5.16-18)

Tels sont les fruits de la conversion et de la sanctification prescrites par la Bible. On les voit si rarement parce que, dans le monde chrétien, les grands principes de justice de la loi de Dieu ne sont pas appréciés. Voilà aussi pourquoi on rencontre si rarement l'opération profonde et durable de l'Esprit de Dieu qui caractérisait les réveils d'autrefois.

La contemplation du Sauveur nous transforme à Son image. Mais si les préceptes par lesquels Dieu nous a révélé Sa sainteté et la perfection de Son caractère sont méconnus et sont remplacés par les enseignements et les théories des hommes, comment s'étonner qu'il s'ensuive un déclin de la piété vivante dans l'Église? Le Seigneur dit : « Ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau. » (
Jérémie 2.13)

« Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, ... mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et nuit! Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : tout ce qu'il fait lui réussit. » (
Psaumes 1.1-3) Ce n'est que lorsque le décalogue aura retrouvé la place qui lui appartient que l'on assistera, au sein du peuple de Dieu, au réveil de la foi et de la piété primitives. « Ainsi parle l'Éternel : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes. » (Jérémie 6.16)
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

UNE RÉFORME INDISPENSABLE

Ésaïe prédit en ces termes la réforme du jour du repos qui devait s’accomplir dans les derniers jours : « Ainsi parle l’Éternel : Observez ce qui est droit, et pratiquez ce qui est juste; car mon salut ne tardera pas à venir, et ma justice à se manifester. Heureux l’homme qui fait cela et le fils de l’homme qui y demeure ferme, gardant le sabbat, pour ne point le profaner, et veillant sur sa main, pour ne commettre aucun mal!... Les étrangers qui s’attacheront à l’Éternel pour le servir, pour aimer le nom de l’Éternel, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner, et qui persévéreront dans mon alliance, je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière. » ( Ésaïe 56.1, 2, 6, 7 )

Comme le montre le contexte, cette prophétie appartient à la dispensation chrétienne. « Le Seigneur, l’Éternel parle, lui qui rassemble les exilés d’Israël : Je réunirai d’autres peuples à lui, aux siens déjà rassemblés. » (
Ésaïe 56.8 ) C’est l’annonce du rassemblement des gentils par l’Évangile. Et c’est sur ceux d’entre eux qui observeront le jour de repos de l’Éternel qu’une bénédiction est prononcée. Ainsi, l’obligation du quatrième commandement va plus loin que l’époque de la crucifixion, de l’ascension et de la résurrection du Christ; elle embrasse le temps où les serviteurs de Dieu annonceront la bonne nouvelle au monde entier.

Par la plume du même prophète, le Seigneur donne cet ordre : « Lie le témoignage et scelle la loi parmi mes disciples! » (
Ésaïe 8.16. Trad. littérale, voir version de Lausanne.) Le sceau de la loi de Dieu se trouve dans le quatrième commandement. Seul entre les dix, il renferme le nom et les titres du Législateur. Il le proclame Créateur des cieux et de la terre, et montre ainsi que Dieu seul a droit à notre soumission et à notre adoration. En dehors de ce précepte, rien dans le décalogue n’indique de quelle autorité la loi émane. Or, la loi divine ayant été privée de son sceau lorsque le sabbat en a été éliminé par l’autorité du pape, les disciples de Jésus sont invités à rétablir ce sceau en rendant au jour de repos du quatrième commandement sa place légitime comme mémorial du Créateur, et signe de Son autorité.

« À la loi et au témoignage! » Entre les doctrines et les théories contradictoires qui abondent, c’est la loi de Dieu seule qui décide infailliblement. C’est par elle que toutes les opinions, toutes les doctrines et toutes les théories doivent être jugées. « Si l’on ne parle pas ainsi, dit le prophète, il n’y aura point d’aurore pour le peuple. » (
Ésaïe 8.20 )

Cet ordre est aussi lancé : « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés! » Ce n’est pas un monde méchant, c’est celui que Dieu appelle « mon peuple », qui est repris pour ses transgressions. Le Seigneur dit encore : « Tous les jours ils me cherchent, ils veulent connaître mes voies; comme une nation qui aurait pratiqué la justice, et n’aurait pas abandonné la loi de son Dieu. » (
Ésaïe 58.1, 2 ) Il s’agit de personnes qui se croient justes et qui semblent s’intéresser vivement au service de Dieu, mais la censure sévère et solennelle de celui qui sonde les coeurs leur apprend qu’elles foulent aux pieds ses divins préceptes.

Et le prophète précise comme suit le commandement qui a été abandonné : « Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines; tu relèveras des fondements antiques; on t’appellera réparateur des brèches, celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, si tu fais du sabbat tes délices, pour sanctifier l’Éternel en le glorifiant, et si tu l’honores en ne suivant point tes voies, en ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, alors tu mettras ton plaisir en l’Éternel. » (
Ésaïe 58.12, 13 ) Cette prophétie s’applique aussi à notre temps. Une brèche a été faite à la loi de Dieu quand Rome a changé le jour du repos. Mais le temps de la restauration de cette institution divine est maintenant venu. II faut que la brèche soit réparée et que les fondements antiques soient relevés.

Sanctifié par l’exemple et la bénédiction du Créateur, le sabbat, septième jour de la semaine, a été observé, en Eden, par Adam et Ève dans leur état d’innocence; puis par Adam déchu, mais repentant, lorsqu’il fut chassé du paradis. Il a été observé par tous les patriarches, depuis Abel jusqu’à Noé, le juste, et le fut au temps d’Abraham et de Jacob. Au cours de la captivité en Égypte, un grand nombre de membres du peuple élu perdirent la connaissance de la loi de Dieu au milieu de l’idolâtrie générale. Puis, lors de la délivrance d’Israël, pour lui faire connaître sa volonté immuable et le porter à lui obéir à toujours, Dieu proclama Sa loi devant la multitude réunie au pied du Sinaï, au milieu de scènes d’une impressionnante grandeur.

Depuis ce temps-là jusqu’à maintenant, la loi de Dieu et le quatrième commandement ont été connus, conservés et observés sur la terre. Bien que l’« homme de péché » ait réussi à fouler aux pieds le jour choisi de Dieu, il a toujours été honoré, même dans les jours les plus sombres, par des âmes fidèles qui vivaient à l’écart du monde. Depuis la Réforme, chaque génération a connu des observateurs du septième jour. En dépit des moqueries et de la persécution, un témoignage constant a été rendu à la perpétuité de la loi de Dieu et à l’obligation sacrée du jour de repos de la création.

Ces vérités, telles qu’elles sont présentées dans le
quatorzième chapitre de l’Apocalypse (v. 6-12) en rapport avec « l’Évangile éternel », caractériseront l’Église de Jésus-Christ au moment de son retour. Voici, en effet, le résultat de la proclamation du triple message : « C’est ici la persévérance de ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » Or, ce message est le dernier qui sera donné au monde avant le retour du Christ. Aussitôt après la proclamation de ce message, le prophète voit le Fils de l’homme venir dans la gloire pour recueillir la moisson de la terre.

Les fidèles qui accueillaient la lumière sur le sanctuaire et l’inviolabilité de la loi de Dieu furent remplis d’admiration et de joie en voyant la beauté et l’harmonie de ces vérités. Impatients de faire part au monde chrétien de leurs précieuses lumières, ils s’imaginaient qu’ils seraient reçus avec enthousiasme. Mais ces vérités, qui les eussent mis en désaccord avec la société, furent mal accueillies par un grand nombre de ceux qui se disaient disciples du Christ. L’obéissance au quatrième commandement exigeait un sacrifice que la majorité n’était pas disposée à consentir.

En entendant présenter les droits du septième jour, plusieurs raisonnaient de la façon suivante : « Nous avons toujours, de même que nos pères, observé le dimanche; un grand nombre d’hommes excellents et renommés pour leur piété l’ont aussi observé et sont morts en paix. S’ils étaient dans la bonne voie, nous y sommes aussi. L’observation de ce nouveau jour de repos nous brouillerait avec le monde et nous priverait de toute influence sur notre entourage. Que peut faire un petit groupe d’observateurs du septième jour contre tout un monde d’observateurs du dimanche? » C’est par des arguments du même genre que les Juifs tentaient de justifier leur rejet de Jésus. Leurs pères avaient été bénis de Dieu en offrant leurs sacrifices; pourquoi leurs enfants n’obtiendraient-ils pas le salut de la même manière? Au temps de Luther, de même, les papistes disaient que de vrais chrétiens étaient morts dans la foi catholique, et que, par conséquent, leur religion était suffisante pour assurer le salut. Un tel raisonnement aboutit à la suppression de tout progrès dans la foi et la vie religieuse.

Plusieurs avançaient que l’observation du dimanche était une doctrine et un usage séculaires et universels de l’Église. On leur répondait en démontrant que le sabbat et son observation sont plus anciens et plus universels encore, puisqu’ils sont aussi vieux que le monde, et possèdent la sanction des anges et du Créateur. C’est, en effet, quand les fondements de la terre furent posés, alors que les étoiles du matin entonnaient des chants d’allégresse et que les fils de Dieu poussaient des acclamations, que furent jetées les bases du jour du repos. (
Job 38.6, 7 et Genèse 2.1-3 ) Cette institution, qui ne se réclame d’aucune tradition, d’aucune autorité humaine, qui fut établie par l’ancien des jours et consacrée par Sa Parole éternelle, a certainement des droits à notre vénération.

Lorsque la réforme du jour du repos fut publiquement présentée, des pasteurs en renom s’efforcèrent de calmer les consciences inquiètes en tordant le sens des Écritures. Et ceux qui ne sondaient pas le saint Livre pour eux-mêmes acceptèrent volontiers des conclusions conformes à leurs désirs. On tenta de réfuter la vérité par des arguments? par des sophismes, par les traditions des Pères et l’autorité de l’Église. Pour soutenir la validité du quatrième commandement, ses défenseurs sondèrent leur Bible avec un zèle accru. Munis de cette seule arme, d’humbles hommes résistèrent à des savants qui constatèrent, surpris et irrités, l’impuissance de leurs éloquents sophismes contre le raisonnement simple et direct de gens versés dans les Écritures plutôt que dans les subtilités de l’École.

En l’absence de tout témoignage biblique en leur faveur, plusieurs -- oubliant que le même raisonnement avait été employé contre Jésus et ses apôtres -- répétaient avec une inlassable persévérance : « Pourquoi nos hommes éminents ne comprennent-ils pas cette question du sabbat? Vous n’êtes qu’une poignée; il est impossible que vous ayez raison et que tous les savants du monde aient tort. »

Pour réfuter de tels arguments, il suffisait de citer l’enseignement des Écritures et l’histoire des voies de Dieu envers son peuple au travers des siècles. Dieu opère par ceux qui l’écoutent, qui lui obéissent et qui sont disposés, s’il le faut, à faire entendre des vérités importunes et à dénoncer les péchés populaires. La raison pour laquelle Dieu ne se sert pas plus souvent de savants et d’hommes haut placés pour diriger des mouvements de réforme, c’est qu’ils mettent leur confiance dans leurs credo, leurs théories et leurs systèmes théologiques, et qu'ils n’éprouvent pas le besoin de se laisser enseigner d’en haut. Seuls ceux qui sont en rapport avec la Source de la sagesse peuvent comprendre et expliquer les Écritures. Lorsque des hommes peu versés dans la science des écoles sont appelés à annoncer la vérité, ce n’est pas parce qu’ils sont ignorants, mais parce qu’ils ne sont pas remplis d’eux-mêmes, et ne refusent pas de se laisser enseigner de Dieu. Disciples à l’école du Christ, ils sont grandis par leur humilité et leur obéissance. En leur confiant la connaissance de la vérité, Dieu leur confère une dignité en présence de laquelle pâlissent les honneurs terrestres et la grandeur humaine.

La majorité des adventistes repoussa la vérité concernant le sanctuaire et la loi de Dieu. Beaucoup d’entre eux abandonnèrent aussi leur foi au mouvement adventiste et adoptèrent des vues illogiques et contradictoires touchant les prophéties et le mouvement lui-même. D’aucuns tombèrent dans la manie de fixer pour le retour du Christ des dates successives. La lumière qui brillait alors sur le sujet du sanctuaire leur aurait montré qu’aucune période prophétique n’atteint le retour du Seigneur, le temps exact de cet événement n’ayant pas été prédit. S’étant détournés de la lumière, ils s’évertuèrent, à plusieurs reprises, à en fixer la date, mais ils essuyèrent chaque fois un nouveau désappointement.

Aux Thessaloniciens, qui avaient reçu des théories erronées touchant le retour du Seigneur, l’apôtre Paul conseilla judicieusement de soumettre leurs espérances et leurs désirs à la critique de la Parole de Dieu. En leur citant les prophéties annonçant les événements devant précéder le retour de Jésus, il leur montra qu’ils n’avaient aucune raison de l’attendre de leur temps. « Que personne ne vous séduise d’aucune manière » : tel fut son avertissement. En adoptant des vues non fondées sur les Écritures, ils couraient le danger de faire fausse route, leurs désillusions les exposeraient à la risée des impies, et ils risquaient de se laisser aller au découragement au point de douter des vérités essen-tielles à leur salut. Cette exhortation de l’apôtre aux Thessaloniciens renfermait un enseignement important pour les derniers jours. Beaucoup d’adventistes prétendaient que s’ils ne faisaient reposer leur foi sur une date précise marquant le retour du Seigneur, ils ne pouvaient pas s’y préparer avec zèle et ferveur. Mais les démentis successifs infligés à leurs calculs eurent pour effet d’ébranler leur foi au point qu’il devint presque impossible de les intéresser aux grands faits de la prophétie.

L’annonce de la date précise de l’heure du jugement lors de la proclamation du premier message avait été voulue de Dieu. Le calcul des périodes prophétiques sur lequel ce message était basé, fixant la fin des deux mille trois cents jours à l’automne de 1844, était inattaquable. Les tentatives réitérées faites en vue de découvrir de nouvelles dates, et les raisonnements illogiques sur lesquels ces théories reposaient, ne faisaient pas qu’éloigner les esprits de la vérité présente, ils jetaient en outre le discrédit sur la proclamation de ce message. Plus se multiplient et se généralisent les tentatives de fixer le temps précis du retour du Christ, mieux cela répond aux desseins de Satan. Dès qu’une date est passée, le Malin couvre de ridicule et de mépris ses propagateurs, et jette le discrédit sur le grand mouvement de 1843-1844. Ceux qui s’obstinent dans cette erreur finiront par fixer une date trop éloignée, et, bercés dans une fausse sécurité, ils ne se réveilleront que lorsqu’il sera trop tard.

L’histoire de l’ancien Israël est une image frappante de celle des adventistes. Dieu avait conduit ces derniers tout comme il avait conduit son peuple hors d’Égypte. Dans le grand désappointement, leur foi avait été éprouvée comme l’avait été celle des Israélites à la mer Rouge. S’ils avaient continué de mettre leur confiance en Celui qui les avait conduits, ils auraient vu le salut de Dieu. Si tous ceux qui travaillèrent d’un commun accord à l’oeuvre en 1844 avaient reçu le message du troisième ange et l’avaient proclamé par la vertu du Saint-Esprit, le Seigneur aurait, par eux, opéré avec puissance. Un flot de lumière se serait répandu sur le monde, les habitants de la terre auraient reçu l’avertissement, l’oeuvre se serait achevée, et il y a des années que le Seigneur serait venu pour introduire les siens dans la gloire.

Dieu ne désirait pas que les Israélites errassent quarante ans dans le désert; il voulait les conduire directement au pays de Canaan et les y voir saints et heureux. Mais « ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. » (
Hébreux 3.19 ) Leurs murmures et leurs apostasies les firent tomber dans le désert, et une autre génération fut suscitée. pour posséder le pays promis. Dieu ne désirait pas non plus que le retour de Jésus tardât si longtemps, et que ses enfants demeurassent tant d’années dans un monde de douleur et de larmes. Mais leur incrédulité les a séparés de Dieu. Ayant refusé d’accomplir la tâche qu’il leur avait assignée, ils ont été remplacés par d’autres. C’est par miséricorde envers le monde que Jésus retarde Sa venue, afin de donner aux pécheurs l’occasion d’entendre l’avertissement, et de trouver en lui un abri au jour de la colère de Dieu.

Aujourd’hui, comme dans les siècles précédents, le message dénonçant les péchés et les erreurs de notre époque suscitera de l’opposition. « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées. » (
Jean 3.20 ) Devant l’impossibilité de défendre leurs positions par les Écritures, et décidés à s’y maintenir en dépit de tout, les adversaires attaquent la réputation et les mobiles de ceux qui plaident la cause d’une vérité impopulaire. Cette tactique a servi dans tous les siècles. Élie fut accusé de troubler Israël, Jérémie, de le trahir et Paul, d’avoir souillé le temple. En tout temps, ceux qui ont voulu soutenir la vérité ont été dénoncés comme séditieux, hérétiques et schismatiques. Des foules, trop peu croyantes pour accepter la « parole certaine » des prophètes, recevront avec une crédulité aveugle une accusation contre ceux qui osent dénoncer des péchés à la mode. Cet esprit se manifestera de plus en plus. Les Écritures annoncent clairement que le jour viendra où les lois civiles seront si contraires à la loi de Dieu que celui qui voudra obéir aux préceptes divins devra braver l’opprobre et les châtiments réservés aux malfaiteurs.

En face de cette situation, que doit faire le messager de la vérité? Doit-il la taire, puisqu’elle ne fait que pousser les gens à l’éluder ou à la nier? Nullement. Il n’a pas plus de raisons de la cacher que n’en ont eu les anciens réformateurs. L'histoire des saints et des martyrs a été conservée au profit des générations futures. Ces vivants exemples de sainteté et de fermeté inébranlable nous sont parvenus pour encourager ceux qui sont maintenant à la brèche. Ce n’est pas pour eux seulement qu’ils ont reçu la grâce et la vérité, mais afin d’en illuminer la terre. Si Dieu a confié des lumières à ses serviteurs, c’est pour qu’ils les fassent briller sur le monde.

Le Seigneur disait autrefois à l’un de Ses porte-parole : « La maison d’Israël ne voudra pas t’écouter, parce qu’elle ne veut pas m’écouter. » Néanmoins, « tu leur diras mes paroles, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas ». (
Ézéchiel 3.7; 2.7 ) Au serviteur de Dieu en notre temps est donné cet ordre : « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés. »

Dans la mesure des moyens qui lui ont été confiés, quiconque a reçu la lumière de la vérité est sous la même responsabilité solennelle et redoutable que le prophète d’Israël auquel le Seigneur disait : « Fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang. Mais si tu avertis le méchant pour le détourner de sa voie, et qu’il ne s’en détourne pas, il mourra dans son iniquité; et toi tu sauveras ton âme. » (
Ézéchiel 33.7-9 )

Le grand obstacle qui empêche la proclamation et la réception de la vérité, c’est qu’elle suscite l’opprobre et la persécution. C’est là le seul argument contre la vérité que ses champions n’aient jamais pu réfuter. Mais ce fait ne rebute pas le vrai disciple de Jésus-Christ. Il n’attend pas que la vérité devienne populaire pour la défendre. Convaincu de son devoir, il en accepte délibérément les inconvénients, estimant, après l’apôtre des gentils, que « nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (
2 Corinthiens 4.17 ); il considère avec un ancien prophète « l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte » ( Hébreux 11.26 ).

Quelle que soit leur profession de foi, ceux qui, dans les choses religieuses, se laissent diriger par la prudence plutôt que par des principes, ne sont que des opportunistes. Il faut faire le bien parce que c’est le bien, et laisser à Dieu le soin des conséquences. Le monde est redevable de toutes ses grandes réformes à des hommes de principe, de foi et de courage; c’est par de tels hommes que celle de notre temps doit être menée à bien.

Voici ce que le Seigneur dit à ses serviteurs : « Écoutez-moi, vous qui connaissez. la justice, peuple, qui as ma loi dans ton coeur! Ne craignez pas l’opprobre des hommes, et ne tremblez pas devant leurs outrages. Car la teigne les dévorera comme un vêtement, et la gerce les rongera comme de la laine; mais ma justice durera éternellement, et mon salut s’étendra d’âge en âge. » (
Ésaïe 51.7, 8 )
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

LA LOI DE DIEU EST IMMUABLE

« Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. » ( Apocalypse 11.19 ) L’arche de l’alliance se trouve dans le saint des saints, la seconde pièce du sanctuaire. Dans le ritualisme du sanctuaire terrestre, qui était l’image et l’ombre des choses célestes, cette pièce ne s’ouvrait qu’au grand jour des expiations, pour la purification du sanctuaire. La déclaration concernant l’ouverture du temple de Dieu et la mise en évidence de l’arche de son alliance se rapporte donc à l’ouverture au lieu très saint du sanctuaire céleste en 1844, lorsque Jésus-Christ y entra pour achever son oeuvre expiatoire. Ceux qui, par la foi, avaient suivi leur souverain sacrificateur dans le lieu très saint y découvrirent l’arche de son alliance. En étudiant le sujet du sanctuaire, ils comprirent le changement survenu dans les fonctions sacerdotales du Sauveur, et le contemplèrent, plaidant, devant l’arche de Dieu, les mérites de Son sang en faveur des pécheurs.

L’arche du tabernacle terrestre renfermait les deux tables de pierre sur lesquelles étaient gravés les préceptes de la loi de Dieu. Le fait que cette arche était le réceptacle du décalogue lui conférait son caractère sacré. On vient de lire que « le temple de Dieu dans le ciel s’étant ouvert », « l’arche de son alliance apparut dans son temple ». C’est donc dans le lieu très saint du sanctuaire céleste que se trouve précieusement conservée la loi que Dieu proclama lui-même au milieu des tonnerres du Sinaï et qu’il écrivit de Son doigt sur les tables de pierre.

La loi de Dieu déposée dans le sanctuaire céleste est l’auguste original du code dont les préceptes gravés sur les tables de pierre et reproduits par Moïse dans le Pentateuque étaient une copie conforme. La constatation de ce fait important amena les adventistes à comprendre la nature sacrée et l’immutabilité de la loi divine. Ils virent comme jamais auparavant la portée de ces paroles du Sauveur : « Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (
Matthieu 5.18 ) Révélation de la volonté de Dieu, transcription de son caractère, la loi de Dieu, en sa qualité de « témoin fidèle qui est dans les cieux », est impérissable. Aucun de Ses commandements n’en a été aboli; nul trait de lettre n’en a été effacé. Le psalmiste s’écrie : « À toujours, ô Éternel! ta parole subsiste dans les cieux. » « Tous ses commandements sont immuables. Ils sont inébranlables pour toujours, à perpétuité.» ( Psaumes 119.89; 111.7, 8, version synodale.)

Au centre même du décalogue se trouve enchâssé le quatrième commandement tel qu’il fut proclamé à l’origine : Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » (
Exode 20.8-11 )

Continuant à étudier ainsi la Parole de Dieu, le coeur attendri par son Esprit, ils constatèrent avec surprise qu’ils avaient inconsciemment transgressé ce précepte en méconnaissant le jour de repos du Créateur, et ils se mirent à examiner les raisons qui avaient amené les chrétiens à l’observation du premier jour de la semaine au lieu du jour que Dieu avait sanctifié. Mais ils ne trouvèrent dans les Écritures aucune trace de l’abolition du quatrième commandement, d’un changement du jour de repos, ou d’un texte prouvant que la bénédiction prononcée sur le septième jour à l’origine lui eût jamais été retirée. Et, comme ils s’étaient honnêtement efforcés de connaître et d’accomplir la volonté de Dieu, s’avouant, avec chagrin, coupables devant la loi de Dieu, mais décidés à rester fidèles à leur Créateur, ils se mirent à sanctifier son jour de repos.

Des efforts nombreux et sérieux furent tentés en vue de les amener à renoncer à cette résolution. Mais ils avaient bien compris que si le sanctuaire terrestre était une image, une ombre du céleste, la loi déposée dans l’arche du terrestre était une copie exacte de celle du céleste. Or, pour eux, l’acceptation de la vérité concernant le sanctuaire céleste entraînait la reconnaissance des droits de la loi de Dieu et l’obligation d’observer le sabbat du quatrième commandement. Cela suscita une opposition acharnée contre l’exposé clair et scripturaire du ministère de Jésus-Christ dans le sanctuaire céleste. On s’efforça de fermer la porte que Dieu avait ouverte, et d’ouvrir celle qu’il avait fermée. Mais « celui qui ouvre, et personne ne fermera, qui ferme, et personne n’ouvrira », avait dit : « J’ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer. » (
Apocalypse 3.7, 8 ) Jésus avait ouvert la porte du lieu très saint; par cette porte avait jailli un flot de lumière, et l’on avait compris que le quatrième commandement faisait partie de la loi renfermée dans l’arche sainte. Ce que Dieu avait établi, nul ne pouvait le renverser.

On découvrit ces mêmes vérités au
quatorzième chapitre de l’Apocalypse. Les trois messages de ce chapitre constituent un triple avertissement qui doit préparer les habitants de la terre pour la seconde venue du Seigneur. (Voir Appendice a47) La proclamation : « L’heure de son jugement est venue a attire l’attention sur l’oeuvre de Jésus-Christ en faveur du salut de l’homme. Elle révèle une vérité qui doit être proclamée jusqu’à ce que cesse l’intercession du Sauveur et qu’il descende du ciel sur la terre pour chercher Son peuple. L’instruction du jugement commencé en 1844 se poursuivra jusqu'à ce que les cas des morts et des vivants aient tous été examinés; elle durera donc jusqu’à la fin du temps de grâce. Pour donner aux hommes la possibilité de subsister devant le Seigneur, le message les invite à « craindre Dieu, à lui donner gloire » et à « adorer celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d’eaux ». Le résultat de l’obéissance à ces messages est indiqué en ces termes : « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » En effet, pour oser affronter l’épreuve redoutable du jugement, il faut nécessairement observer la loi de Dieu. L’apôtre Paul dit : « Tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi... au jour où... Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes.» Il ajoute que ce sont « ceux qui mettent en pratique la loi qui seront justifiés. » ( Romains 2.12-16 ) C’est par la foi seulement que l’on peut observer la loi; car « sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu.» L’apôtre sous-entend ici ce qu’il dit ailleurs, quand il déclare : « tout ce qu’on ne fait pas avec foi est un péché. » ( Hébreux 11.6; Romains 14.23, version Synodale.)

Le premier ange invite le monde, à « craindre Dieu, à lui donner gloire », et à l’adorer comme Créateur des cieux et de la terre. Cela équivaut à une exhortation à se conformer à Sa loi. Le Sage dit : « Crains Dieu et garde ses commandements; c’est le devoir qui s’impose à tout homme. » (
Ecclésiastes 12.15 (vers. Synodale).) Hors de l’observation de ses commandements, aucun culte ne peut être agréable à Dieu. « L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. » « Si quelqu’un détourne l’oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination. » ( 1 Jean 5.3; Proverbes 28.9 )

Le devoir d’adorer Dieu découle de sa qualité de Créateur à qui tous les êtres doivent l’existence. Chaque fois que les Écritures font valoir les droits de Dieu à être adoré plutôt que les divinités païennes, c’est à Sa puissance créatrice qu’elles en appellent. « Tous les dieux des peuples sont des idoles, et l’Éternel a fait les cieux. » (
Psaumes 96.5 )« À qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble? dit le Saint. Levez vos yeux en haut, et regardez! Qui a créé ces choses? » « Ainsi parle, l’Éternel, le Créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie.... Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre. » ( Ésaïe 40.25, 26; 45.18 ) Le psalmiste écrit d’autre part : « Sachez que l’Éternel est Dieu! c’est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons. » « Fléchissons le genou devant l’Éternel, notre Créateur. » ( Psaumes 100.3; 95.6 ) Et les êtres saints qui adorent Dieu dans le ciel donnent comme suit la raison du culte qu’ils lui rendent : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l’honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses. » ( Apocalypse 4.11 )

Le triple message du
quatorzième chapitre de l’Apocalypse , qui invite les hommes à adorer le Créateur, signale comme résultat de son appel la formation d’un peuple qui observe les commandements de Dieu. Or l’un de ces commandements rappelle formellement que Dieu est le Créateur. Le quatrième précepte dit en effet : « Le septième jour est le jour, du repos de l'Éternel, ton Dieu... Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » ( Exode 20.10, 11 ) Parlant de son jour de repos, le Seigneur ajoute : « Qu’il soit entre moi et vous un signe auquel on connaisse que je suis l’Éternel, votre Dieu. » ( Ézéchiel 20.20 ) Et la raison en est donnée : « Car en six jours l’Éternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il a cessé son oeuvre et il s’est reposé. » ( Exode 31.17 )

« Ce qui fait l’importance du sabbat comme mémorial de la création, c’est qu’il rappelle constamment la raison pour laquelle il faut adorer Dieu », à savoir qu’il est le Créateur et que nous sommes ses créatures. « Le sabbat est par conséquent à la base même du culte du vrai Dieu, puisqu’il enseigne cette grande vérité de la façon la plus frappante, ce que ne fait nulle autre institution. La véritable raison d’être du culte rendu à l'Être suprême, non pas le septième jour seulement, mais constamment, se trouve dans la distinction qui existe entre le Créateur et ses créatures. Jamais ce grand fait ne sera aboli, et jamais il ne sera oublié. » (J. N. Andrews, Hist. of The Sabbath, chap. XXVII.) C’est pour nous le rappeler constamment que Dieu institua le sabbat en Éden, et aussi longtemps que son attribut de Créateur demeurera la raison pour laquelle il faut l’adorer, le jour du repos béni par lui restera Son signe et Son mémorial. Si ce jour avait été universellement observé, les pensées et les affections des hommes se seraient tournées vers le Créateur comme objet de leur adoration et de leur culte, et jamais on n’aurait entendu parler d’un idolâtre, d’un incrédule ou d’un athée. L’observation du repos de l’Éternel est un signe de fidélité au vrai Dieu, qui a « fait les cieux, la terre et la mer et tout ce qui y est contenu ». De ce fait, le message qui ordonne aux hommes d’adorer Dieu et de garder Ses commandements les exhortera tout spécialement à observer le quatrième commandement.

En contraste avec ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont la foi de Jésus, le troisième ange signale une autre classe de gens contre les erreurs desquels il profère ce solennel et terrible avertissement : « Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère.» (
Apocalypse 14.9 ) L’intelligence de ce message exige une interprétation correcte des symboles employés. Or, que représentent respectivement la bête, l’image, la marque?

La chaîne prophétique dans laquelle apparaissent ces symboles commence au
douzième chapitre de l’Apocalypse, avec le dragon qui tente de supprimer Jésus à sa naissance. Le dragon, nous est-il dit, c’est Satan; ( Apocalypse 12.9 ) c’est lui, en effet, qui poussa Hérode à attenter aux jours du Sauveur. Mais l’empire romain, dont le paganisme était la religion officielle, fut le principal instrument de Satan dans sa guerre contre le Christ et Son peuple, au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne. Il en résulte que si le dragon représente Satan, il représente aussi, à un point de vue secondaire, l’empire romain sous sa forme païenne.

Le treizième chapitre nous donne la description d’un autre animal (
Apocalypse 13.1-10 ) qui « ressemblait à un léopard », auquel « le dragon donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité ». Comme la plupart des protestants l’ont cru, ce symbole représente la papauté, qui réussit à s’emparer de « la puissance, du trône et de l’autorité » de l’ancien empire romain. Concernant cette bête semblable à un léopard, on lit : « Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes... Elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. » Cette prophétie, dont les termes sont presque identiques à ceux dans lesquels est décrite la onzième corne du septième chapitre de Daniel, désigne indubitablement la papauté.

« Il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.» Le prophète ajoute : « L’une de ses têtes » fut « comme blessée à mort », Et encore : « Si quelqu’un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu’un tue par l’épée; il faut qu’il soit tué par l’épée. » Les quarante-deux mois sont identiques à la période de « un temps, des temps et la moitié d’un temps » -- trois années et demie ou mille deux cent soixante jours -- de Daniel, et pendant lesquels la papauté devait opprimer le peuple de Dieu. Nous l’avons déjà dit dans les chapitres précédents : cette période, a commencé avec la suprématie papale en l’an 538 de notre ère et s’est terminée en 1798. C’est alors que le pape fut fait prisonnier par les troupes françaises, et que la papauté reçut une « blessure mortelle ». Ainsi s’accomplit cette prophétie : « Si quelqu’un mène en captivité, il ira en captivité. » (
Apocalypse 13.10 )

Ici apparaît un symbole nouveau. Le prophète dit : « Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau. » (
Apocalypse 13.11 ) L’aspect de cette bête et la façon dont elle se révèle indiquent une nation différente des puissances représentées par les autres symboles. Les grands empires qui ont dominé sur le monde ont paru aux yeux du prophète Daniel sous l’image de bêtes de proie montant de la grande mer, sur laquelle soufflaient les quatre vents des cieux. » (Voir Daniel 7.2) Au dix-septième chapitre de l’Apocalypse (verset 15), un ange annonce que les eaux représentent « des peuples, des foules, des nations et des langues ». Les vents symbolisent la guerre. Les quatre vents des cieux agitant la mer sont l’emblème des guerres cruelles et des révolutions qui portent ces puissances au pouvoir suprême.

Il n’en est pas ainsi de la bête aux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui « monte de la terre ». Au lieu d’abattre d’autres États pour s’établir à leur place, la nation en question doit s’élever sur un territoire jusqu’alors inoccupé, et se développer d’une façon graduelle et pacifique, Elle ne surgit donc point du sein des nombreuses populations de l’Ancien Monde, de cette mer furieuse représentant « des peuples, des foules, des nations et des langues ». Il faut la chercher au-delà de l’Atlantique.

Quelle est la nation du Nouveau Monde qui, jeune encore vers 1798, attirait l’attention du monde et présageait un avenir de force et de grandeur? L’application du symbole ne permet pas un instant d’hésitation. Une nation, une seule, remplit les conditions de notre prophétie : les États-Unis d’Amérique. À diverses reprises, la pensée et parfois même les termes du prophète ont éte employés par des historiens et des orateurs pour décrire la naissance et le développement de cette nation. La bête « montait de la terre ». Or, selon les commentateurs, le terme de l’original rendu ici par « monter de la terre » signifierait « croître, sortir du sol comme une plante ». En outre, comme on l’a vu, cette nation doit s’établir sur un territoire jusqu’alors inoccupé. Un écrivain estimé, décrivant la naissance des États-Unis, parle de « ce peuple qui sort mystérieusement du néant », et de cette « semence silencieuse qui devint un empire ». ( G. A.Townsend, The New World compared with The Old, p.462.) En 1850, un journal européen voyait les États-Unis comme un empire merveilleux « émergeant... au milieu du silence de la terre, et ajoutant chaque jour à sa puissance et à son orgueil » (The Dublin Nation). Dans un discours sur les Pères pèlerins, fondateurs de cette nation, Edward Everett disait : « Recherchaient-ils un lieu retiré, inoffensif en raison de son obscurité, et protégé en raison de son éloignement, où la petite église de Leyde pût jouir de la liberté de conscience? Considérez les puissantes régions sur lesquelles, par une conquête pacifique,... ils ont fait flotter la bannière de la croix! » (Speech delivered at Plymouth, Mass., déc. 1824, p. 11.)

Elle « avait deux cornes semblables à celles d’un agneau ». Ces cornes d’agneau symbolisent la jeunesse, l’innocence, la douceur. Elles représentent bien les États-Unis au moment où le prophète les voit « monter de la terre », en 1798. Parmi les croyants exilés qui s’enfuirent en Amérique pour se soustraire à l’oppression des rois et à l’intolérance des prêtres, plusieurs étaient déterminés à établir un État sur les larges bases de la liberté civile et religieuse. Leurs aspirations ont été consignées dans la Déclaration d’Indépendance, qui proclame cette grande vérité : « tous les hommes sont créés égaux » et possèdent des droits inaliénables « à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur ». En outre, la Constitution garantit au peuple le droit de se gouverner lui-même par l’élection de représentants chargés par lui d’élaborer et de faire observer les lois. La liberté religieuse elle aussi a été assurée, chacun étant déclaré libre de servir Dieu selon sa conscience. Le républicanisme et le protestantisme, dévenus les principes fondamentaux de cette nation, constituent le secret de sa puissance et de sa prospérité. Les opprimés de toute la chrétienté ont tourné vers ce pays des regards pleins d’espérance. Des millions d’émigrés ont débarqué sur ses rives, et les Etats-Unis ont fini par prendre place parmi les nations les plus puissantes de la terre.

Mais la bête aux cornes d’agneau « parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie ». Elle disait « aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait » (
Apocalypse 13.11-14 ).

Les cornes semblables à celles d’un agneau et le langage du dragon chez cette bête indiquent une contradiction frappante entre la profession de foi et les actes de la nation qu’elle représente. C’est par ses lois et par ses décisions judiciaires qu’une nation « parle », et c’est par ces mêmes organes que ladite bête démentira les principes libéraux et pacifiques qu’elle a mis à la base de la chose publique. La prédiction disant qu’elle parlera « comme un dragon », et qu’elle exercera toute l’autorité de la première bête en sa présence » , annonce clairement l’apparition d’un esprit d’intolérance et de persécution analogue à l’esprit manifesté par les nations représentées par le dragon et le léopard. Et la déclaration : « Elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête » montre que cette nation usera de son autorité pour imposer certaine pratique religieuse qui constituera un hommage rendu à la papauté.

De telles mesures seraient en opposition avec les principes de ce gouvernement et contraires au génie de ses libres institutions comme aussi aux affirmations les plus solennelles de la Déclaration d’Indépendance et de la Constitution. Afin d’éviter tout retour de l’intolérance et de la persécution, les fondateurs de la nation ont veillé avec soin à ce que l’Église ne pût jamais s’emparer du pouvoir civil. La Constitution déclare que « le Congrès ne pourra faire aucune loi permettant l’établissement d’une religion d’État, ou qui en interdise le libre exercice » ; elle ajoute « qu’aucune condition religieuse ne pourra jamais être exigée comme qualification indispensable à l’exercice d’une fonction ou charge publique aux États-Unis ». Ce n’est qu’en supprimant ces garanties de la liberté nationale que l’autorité civile pourrait imposer des observances religieuses. Or, telle est, d’après le symbole prophétique, l’inconséquence flagrante où tombera cette bête aux cornes d’agneau -- professant être pure, douce, inoffensive, mais parlant comme le dragon.

« Disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête. » Nous nous trouvons ici en présence d’une forme de gouvernement dont le pouvoir législatif est entre les mains du peuple, ce qui prouve une fois de plus que la prophétie désigne les États-Unis.

Mais qu’est-ce que « l’image de la bête », et comment se formera-t-elle? Notons qu’il s’agit d’une image de la première bête érigée par la bête à deux cornes. Pour savoir ce que sera cette image et comment elle, se formera, il faut étudier les caractéristiques de la bête elle-même, c’est-à-dire celles de la papauté.

Lorsque la primitive Église eut perdu l’Esprit et la puissance de Dieu en abandonnant la simplicité de l’Évangile et en adoptant les rites et les coutumes des païens, elle voulut opprimer les consciences et rechercha pour cela l’appui de l’État. Ainsi naquit la papauté, c’est-à-dire une Église dominant l’État au profit de ses intérêts, et tout spécialement en vue de bannir « l’hérésie ». Si les États-Unis en viennent un jour à « former une image à la bête », cela signifie que l’élément religieux aura assez d’ascendant sur le gouvernement civil pour se servir de sa puissance.

Or, chaque fois que l’Église a pu dominer le pouvoir civil, elle a tenu à réprimer la dissidence. Les églises protestantes qui ont marché sur les traces de Rome en s’unissant au pouvoir séculier ont, elles aussi, manifesté le désir de limiter la liberté de conscience. On en a un exemple caractéristique dans la longue persécution dirigée par l’Église anglicane contre les dissidents. Au cours des seizième et dix-septième siècles, des milliers de pasteurs non conformistes ont dû quitter leurs églises, et un grand nombre de personnes, prédicateurs et fidèles, ont été condamnées à des amendes ou ont subi la prison, la torture et le martyre.

C’est l’apostasie qui amena la primitive Église à recherchèr l’appui du gouvernement et prépara la voie à la papauté, c’est-à-dire à la bête. Saint Paul l’avait dit : « Il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché. » (
2 Thessaloniciens 2.3 ) Ainsi l’apostasie de l’Église préparera la voie à l’image de la bête.

La Parole de Dieu annonce qu’avant le retour du Seigneur, on verra un déclin religieux analogue à celui des premiers siècles. « Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. » (
2 Timothée 3.15 ) « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons. » ( 1 Timothée 4.1 ) Satan agira par « toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité ». Et tous ceux « qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » seront abandonnés à une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge. » ( 2 Thessaloniciens 2.9-11 ) Parvenue à ce degré, l’impiété produira les mêmes résultats que dans les premiers siècles.

La grande diversité de croyances parmi les protestants est parfois avancée comme une preuve décisive que jamais rien ne sera tenté en vue de les amener toutes à l’unité de la foi. Mais, depuis quelques années, il existe dans les églises protestantes un courant de plus en plus puissant en faveur d’une fédération basée sur certains articles de foi. Pour assurer cette union, on évite de discuter les sujets sur lesquels tous ne sont pas d’accord, quelle que soit l’importance que la Parole de Dieu y attache.

Dans un sermon prêché en 1846, Charles Beecher disait : « Non seulement le corps pastoral des Églises évangéliques protestantes est entièrement formé sous la pressionécrasante du respect humain.... On y fléchit le genou devant la puissance de l’apostasie. N’est-ce pas ainsi que les choses allaient à Rome? Ne répétons-nous pas son histoire? Et que verrons-nous bientôt? Un nouveau concile général! Un congrès mondial! Une alliance évangélique et un credo universel! » (Sermon on « The bible, a Sufficient Creed », delivere at Fort Wayne, Ind., 22 fév. 1846.) Alors, il ne restera qu’un pas à faire pour parvenir à l’unité : recourir à la force.

Dès que les principales églises protestantes des États-Unis s’uniront sur des points de doctrine qui leur sont communs et feront pression sur l’État pour l’amener à imposer leurs décrets et à soutenir leurs institutions, l’Amérique protestante sera formée à une image de la hiérarchie romaine et la conséquence inévitable en sera l’application de peines civiles aux délinquants.

La bête à deux cornes « fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom ». (
Apocalypse 13.16, 17 ) Or, voici la proclamation du troisième ange : « Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu. » La « bête » mentionnée dans ce message, et dont le culte est imposé par la bête à deux cornes, c’est la première bête, semblable à un léopard ( Apocalypse 13 ), la papauté. « Quant à l’image de la bête », elle représente le protestantisme apostat qui s’unira avec le pouvoir civil afin d’imposer ses dogmes.

Reste à définir « la marque de la bête ». Après nous avoir mis en garde contre l’adoration de la bête et de son image, la prophétie ajoute : « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » Le contraste établi dans ce texte entre ceux qui gardent les commandements de Dieu et ceux qui adorent la bête et son image et en reçoivent la marque, prouve que l’observation de la loi de Dieu, d’une part, et sa violation, d’autre part, différencieront les adorateurs de Dieu de ceux de la bête.

La caractéristique de la bête, et par conséquent celle de son image, c’est la transgression des commandements de Dieu. Le prophète Daniel écrit, au sujet du pouvoir représenté par la petite corne (la papauté) : « Il espérera changer les temps et la loi. » Et saint Paul donne au pouvoir qui allait chercher à s’élever au dessus de Dieu les qualificatifs d’« impie » et de « mystère de l’iniquité » (
Daniel 7.25; 2 Thessaloniciens 2.7, 8. Dans ce dernier passage, les mots impie et iniquité sont traduits de deux termes qui signifient : « l’homme sans loi », « l’opposition à la loi ». Voir les versions de Lausanne et Vevey.) Ces deux prophéties se complètent. Ce n’est qu’en tentant de changer la loi divine que la papauté peut s’élever au-dessus de Dieu car ceux qui se soumettraient sciemment à la loi ainsi amendée, rendraient des honneurs suprêmes à l’auteur de ce changement. Cet acte d’obéissance aux lois papales serait une marque d’allégeance accordée au pape au détriment de Dieu.

La papauté a effectivement tenté de changer la loi de Dieu. Dans les catéchismes, le second commandement, qui interdit le culte des images, a été supprimé, et le quatrième a été altéré de façon à ordonner, comme jour du repos, l’observation du premier jour de la semaine au lieu du septième. Les théologiens catholiques déclarent que le second commandement a été omis parce qu’il était inutile, vu qu’il est renfermé dans le premier, et affirment que le texte qu’ils nous donnent est la loi telle que Dieu voulait qu’elle fût comprise. Cela ne saurait donc, selon eux, constituer le changement prédit par le prophète, qui parle d’une altération intentionnelle et réelle : « Il espérera changer les temps et la loi. » Néanmoins, le changement apporté au quatrième commandement accomplit exactement la prophétie, car la seule autorité sur laquelle on le fait reposer est celle de l’Église. En cela, la puissance papale s’élève ouvertement au-dessus de Dieu.

Tandis que les adorateurs de Dieu se distingueront spécialement par leur respect pour le quatrième commandement, signe de la puissance créatrice de Dieu, et témoignage rendu à son droit aux hommages de l’humanité, les adorateurs de la bête se distingueront par leur tentative d’abolir le mémorial du Créateur en vue de glorifier l’institution romaine. C’est d’ailleurs en faveur du dimanche que la papauté a commencé d’affirmer sa prétention de changer la loi de Dieu (voir
Appendice a48) et qu’elle a eu pour la première fois recours à la puissance du bras séculier. Cependant, les Écritures ne désignent que le septième jour de la semaine, et jamais le premier, comme « jour du Seigneur ». Jésus lui-même a déclaré : « Le Fils de l’homme est seigneur même du sabbat. » D’autre part, dans le quatrième commandement, Dieu affirme que « le septième jour est le repos de l’Éternel », et, par la plume d’Ésaïe, il l’appelle « mon saint jour » ( Marc 2.28, version de Lausanne); Ésaïe 58.13 )

L’assertion, si souvent avancée, que c’est Jésus-Christ qui a changé le sabbat est démentie par ses propres paroles. Dans son sermon sur la montagne, il déclare : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (
Matthieu 5.17-19 )

Les protestants reconnaissent généralement que la Bible ne sanctionne pas le changement du sabbat. On en voit la preuve dans des publications autorisées. L’un de ces ouvrages constate « le silence absolu du Nouveau Testament en ce qui concerne un commandement explicite en faveur du dimanche ou en fait de règlements relatifs à son observation » . (Georges Elliott, The Abiding Sabbath, p. 184.)

Un autre écrivain affirme : « Jusqu’à la mort du Sauveur, aucun changement de jour n’avait eu lieu »; et « rien ne prouve que les apôtres, aient donné un commandement explicite enjoignant l’abandon du sabbat du septième jour et l’observation du premier jour de la semaine ». (A. E. Waffle, The Lord’s Day, p. 186-188.)

Les auteurs catholiques admettent d’autre part que le changement du jour du repos est le fait de leur église, et déclarent que les protestants s’inclinent devant son autorité en observant le dimanche. Dans le catéchisme de l’évêque de Montpellier, en réponse à la question : « Quel est le jour qu’il faut observer? » on lit : « Dans l’ancienne loi, on sanctifiait le samedi. Mais l’Église, instruite par Jésus-Christ, et conduite par le Saint-Esprit, a changé ce jour en celui du dimanche, en sorte qu’au lieu du dernier jour, on sanctifie le premier. » (Instructions générales en forme de Cathéchisme, publiées par ordre de Messire Charles Joachim Colbert, évêque de Montpellier ‘1733’, p.137, 138.)

Comme signe de l’autorité de l’Église catholique, ses apologistes citent « le fait même du transfert du sabbat au dimanche, fait accepté par les protestants... qui, en observant le dimanche, reconnaissent que l’Église a le pouvoir d’ordonner des fêtes et de les imposer sous peine de péché ». (H. Tuberville, An Abridgement of the Christian Doctrine, p. 58.) Le changement du quatrième commandement n’est-il donc pas nécessairement le signe ou la marque de l’autorité de l’Église catholique, en d’autres termes, « la marque de la bête »?

Or, l’Église catholique n’a pas abandonné ses prétentions à la suprématie, que le monde et les églises protestantes reconnaissent virtuellement en acceptant un jour de repos de sa création et en répudiant le sabbat des Écritures. Un évêque français affirme que « l’observation du dimanche par les protestants est un hommage rendu, malgré eux, à l’autorité de l’Église [catholique] ». (Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme d’Aujourd’hui, p. 207.) Ils ont beau se réclamer, pour ce changement, de l’autorité de la tradition et des Pères, ils le font au mépris du principe même qui les a séparés de Rome, à savoir que « leur seule et unique règle de foi est l’Écriture sainte » . Rome voit bien qu’ils s’abusent et ferment volontairement les yeux sur des faits évidents. Aussi se réjouit-elle en constatant que l’idée d’une loi du dimanche gagne du terrain, assurée de voir, tôt ou tard, le monde protestant revenir dans son giron.

L’observation du dimanche imposée par des églises protestantes équivaut à l’obligation d’adorer la papauté ou « la bête ». En outre, en imposant un acte religieux par l’intermédiaire du pouvoir civil, les églises formeront une « image à la bête »; il s’ensuivra que tout pays protestant qui imposera l’observation du dimanche rendra par là obligatoire l’adoration de la bête et de son image.

Il est vrai que les chrétiens des générations passées ont observé le dimanche, convaincus que c’était le jour du repos prescrit par la Bible. Et il y a actuellement dans toutes les confessions, sans en excepter la communion catholique romaine, de vrais chrétiens qui croient honnêtement que le dimanche est d’institution divine. Dieu agrée leur sincérité et leur fidélité. Mais quand l’observation du dimanche sera imposée par la loi, et que le monde possédera la lumière sur le vrai jour du repos, celui qui, alors, rendra hommage à Rome plutôt qu’à Dieu, adorera la bête de préférence à Dieu, adoptera le « signe » de l’autorité de la bête au lieu de celui de l’autorité divine et obéira aux lois humaines plutôt qu’à la loi de Jéhovah, celui-là recevra la « marque de la bête ».

Le plus terrible avertissement jamais adressé à des mortels est celui qui est contenu dans le message du troisième ange. Ce péché est particulièrement odieux puisqu’il attirera sur la tête des transgresseurs la colère de Dieu sans mélange de miséricorde. On ne saurait donc laisser le monde dans les ténèbres sur une question de cette importance. La mise en garde contre ce péché doit parvenir au monde avant que les jugements de Dieu fondent sur lui; chacun devra en connaître les motifs et avoir l’occasion d’y échapper. Or, la prophétie déclare que cette proclamation sera faite par le premier ange « à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple ». L’avertissement du troisième ange, qui fait partie de ce triple message, ne doit pas avoir une publicité moins large. Il sera, dit la prophétie, proclamé d’une voix forte par un ange qui vole au milieu du ciel. Il attirera donc l’attention du monde entier.

Dans ce conflit, toute la chrétienté sera partagée en deux camps : d’une part, ceux qui gardent les commandements de Dieu et ont la foi de Jésus, et, d’autre part, ceux qui adorent la bête et son image et en reçoivent la marque. L’Église et l’État auront beau unir leur puissance pour contraindre « tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves », à prendre « la marque de la bête », (
Apocalypse 13.16, 17 ) le peuple de Dieu ne la recevra pas. Le prophète de Patmos voit « ceux qui avaient vaincu la bête et son image, et le nombre de son nom, debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau » ( Apocalypse 15.2, 3 ).
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26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 00:00

DANS LE LIEU TRÈS SAINT

La clef de l'énigme de 1844 se trouvait dans le sujet du sanctuaire. L'étude de ce sujet révéla tout un système harmonieux de vérités. On y vit la main de Dieu, lequel avait dirigé le grand mouvement adventiste, éclairant la position et la mission de son peuple, et lui signalant ses devoirs présents. De même que les disciples de Jésus furent heureux de revoir le Seigneur après deux nuits et un jour de douleur et de désespoir, de même la joie des adventistes fut grande. Ils avaient espéré voir leur Sauveur revenir dans sa gloire pour récompenser ses serviteurs, mais leur chagrin le leur ayant fait perdre de vue, ils s'étaient écriés, comme Marie au sépulcre : « On a enlevé le Seigneur, et nous ne savons où on l'a mis! » Ils le retrouvaient maintenant dans le lieu très saint en qualité de souverain sacrificateur compatissant, près d'apparaître comme Roi et comme Libérateur. La lumière émanant du sanctuaire éclairait le passé, le présent et l'avenir. Ils savaient que l'infaillible providence de Dieu les avait conduits. Bien que, comme les premiers disciples, ils n'eussent pas vu la portée du message qui leur avait été confié, celui-ci n'en avait pas moins été exact sous tous les rapports. En le proclamant, ils avaient réalisé les desseins de Dieu et leurs travaux n'avaient pas été vains devant le Seigneur. « Régénérés pour une espérance vivante », ils se réjouissaient d'une « joie ineffable et glorieuse ».

La prophétie de
Daniel 8.14 : « Deux mille trois cents soirs et matins; puis le sanctuaire sera purifié », et le message du premier ange : « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue », signalaient le ministère de Jésus dans le lieu très saint pour y instruire le jugement, et non pas sa venue pour racheter son peuple et détruire les méchants. L'erreur ne se trouvait pas dans le calcul du temps prophétique, mais dans l'événement attendu à la fin des deux mille trois cents jours. Bien que cette erreur fût la cause du désappointement des croyants, tout ce que la prophétie déclarait et tout ce que les Écritures promettaient avait été accompli. Au moment même où ils pleuraient leurs espérances déçues, l'événement annoncé par le message se produisait, événement qui devait nécessairement survenir avant que le Seigneur revienne pour récompenser ses serviteurs.

Jésus était venu, non sur la terre, comme ils s'y étaient attendus, mais dans le lieu très saint du sanctuaire céleste, comme le rite l'avait annoncé. Le prophète Daniel nous le montre se dirigeant, à ce moment même, vers l'ancien des jours : « Je regardais, dit-il, pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il s'avança vers l'ancien des jours [et non pas vers la terre], et on le fit approcher de lui. » (
Daniel 7.13)

Cette venue est aussi prédite par le prophète Malachie : « Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez; et le messager de l'alliance que vous désirez. » (
Malachie 3.1) L'entrée du Seigneur dans Son temple fut, pour Son peuple, soudaine et inattendue. Ce n'était pas là qu'on l'attendait. On l'attendait sur la terre « au milieu d'une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de notre Seigneur Jésus. » (2 Thessaloniciens 1.8)

Mais le peuple de Dieu n'était pas encore prêt à aller à la rencontre de son Seigneur. Une oeuvre préparatoire restait à faire. Des lumières nouvelles allaient attirer son attention sur le temple de Dieu qui est dans le ciel; de nouveaux devoirs allaient se présenter aux fidèles qui suivraient leur souverain sacrificateur dans ses nouvelles fonctions. L'Église devait recevoir un nouveau message d'avertissement et d'instruction.

Le prophète avait dit : « Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui restera debout quand il paraîtra? Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons. Il s'assiéra, fondra, et purifiera l'argent; il purifiera les fils de Lévi, il les épurera comme on épure l'or et l'argent, et ils présenteront à l'Éternel des offrandes avec justice . » (
Malachie 3.2, 3) Ceux qui vivront sur la terre quand cessera dans le sanctuaire céleste l'intercession du Seigneur devront subsister sans Médiateur en la présence de Dieu. Leurs robes devront être immaculées, et leur caractères purifié de toute souillure par le sang de l'aspersion. Par la grâce de Dieu et par des efforts persévérants, ils devront être vainqueurs dans leur guerre contre le mal. Pendant que le jugement s'instruit dans le ciel et que les fautes des croyants repentants s'effacent des registres célestes, il faut que, sur la terre, le peuple de Dieu renonce définitivement au péché. Ce fait est plus clairement présenté par les messages du quatorzième chapitre de l'Apocalypse.

Cette oeuvre accomplie, les disciples de Jésus seront prêts pour son retour. « Alors l'offrande de Juda et de Jérusalem sera agréable à l'Éternel, comme aux anciens jours, comme aux années d'autrefois. » (
Malachie 3.4) Alors, l'Église que le Seigneur viendra chercher à son retour sera « glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible ». (Éphésiens 5.27) Alors elle paraîtra « comme l'aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières ». (Cantique 6.10)

Outre l'entrée du Seigneur dans Son temple, Malachie prédit aussi Sa seconde venue pour exécuter le jugement : « Je m'approcherai de vous, pour le jugement, et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, contre ceux qui jurent faussement, contre ceux qui retiennent le salaire du mercenaire, qui oppriment la veuve et l'orphelin, qui font tort à l'étranger, et ne me craignent pas, dit l'Éternel des armées. » (
Malachie 3.5) En contemplant la même scène, Jude écrit : « Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d'impiété qu'ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu'ont proférées contre lui des pécheurs impies. » (Jude 14, 15) Cette venue et celle du Seigneur dans son temple sont deux événements distincts et séparés.

En revanche, la venue du Seigneur en qualité de souverain sacrificateur dans le lieu très saint pour purifier le sanctuaire, mentionnée dans
Daniel 8.14, la venue du Fils de l'homme auprès de l'ancien des jours (7.13) et la venue du Seigneur dans son temple, dont parle Malachie, sont autant de descriptions du même événement; à quoi il faut ajouter l'arrivée de l'époux mentionnée dans la parabole des dix vierges.

Pendant l'été et l'automne de 1844, on entendit proclamer : « Voici l'époux! » Alors se formèrent les deux catégories de croyants représentés par les vierges sages et les vierges folles : les uns, attendant avec joie le retour du Seigneur, s'étaient soigneusement préparés à le rencontrer; les autres, poussés par la peur, mais dépourvus de la grâce de Dieu, s'étaient contentés de la théorie de la vérité. Dans la parabole, quand l'époux vint, « celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces ». Cette venue de l'époux a lieu avant les noces, qui représentent le moment où Jésus entre en possession du royaume. La sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui est la capitale du royaume, est appelée « l'épouse, la femme de l'agneau ». L'ange dit à Jean : « Viens, je te montrerai l'épouse, la femme de l'agneau. Et il me transporta en esprit, dit le prophète, sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu. » (
Apocalypse 21.9-10) Il est donc évident que l'épouse représente la sainte cité, et que les vierges allant à la rencontre de l'époux symbolisent l'Église. Dans l'Apocalypse, les serviteurs de Dieu sont les invités au souper. (Voir Apocalypse 19.9) Étant les invités, ils ne sauraient être aussi l'épouse. Jésus-Christ doit, selon le prophète Daniel, recevoir dans les cieux, de la main du Père, « la domination, la gloire et le règne ». Il reçoit la nouvelle Jérusalem, la capitale de Son royaume, « préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux ». (Daniel 7.14; Apocalypse 21.2) Mis en possession de Son royaume, Jésus viendra comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs, pour chercher Son peuple, et le faire asseoir « à table avec Abraham, Isaac et Jacob », dans Son royaume, pour participer au souper des noces de l'agneau. » (Matthieu 8.11; voir Luc 22.30)

La proclamation : « Voici l'époux! » qui retentit durant l'été de 1844, porta des milliers de personnes à attendre le retour immédiat du Seigneur. Au temps fixé, l'époux était venu, non sur la terre, comme on l'avait cru, mais dans le ciel, devant l'ancien des jours, au mariage, à la réception de Son royaume. « Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. » Les fidèles ne devaient pas assister personnellement au mariage, qui a lieu dans le ciel, tandis que les croyants sont sur la terre. Les serviteurs doivent « attendre que leur Maître revienne des noces ». (
Luc 12.36) Mais il faut qu'ils comprennent Sa mission et qu'ils Le suivent par la foi quand Il se présente devant le Père. C'est dans ce sens que les vierges entrent avec l'époux dans la salle des noces.

Dans la parabole, ce sont celles qui avaient de l'huile dans des vases, avec leurs lampes, qui entrèrent dans la salle du festin. Ceux qui, en 1844, possédaient, outre la connaissance de la vérité scripturaire, l'Esprit et la grâce de Dieu, et qui, dans les ténèbres de leur amer désappointement, avaient patiemment attendu, étudiant la Parole pour obtenir un supplément de lumières, trouvèrent la vérité concernant le sanctuaire céleste et le changement de fonctions du Sauveur. Par la foi, ils Le suivirent dans le sanctuaire. De même, tous ceux qui acceptent ces vénités sur le témoignage des Écritures, qui suivent Jésus par la foi, alors qu'Il Se présente devant Dieu pour Son oeuvre ultime de médiation à l'issue de laquelle Il entre en possession de Son royaume -- tous ceux-là sont représentés comme entrant dans la salle des noces.

Au
chapitre 22 de saint Matthieu, où l'on retrouve l'image d'un mariage, on voit clairement que l'instruction du jugement précède les noces. Avant la cérémonie, le roi entre dans la salle et examine les invités (Voir Matthieu 22.11) pour voir si tous ont revêtu l'habit de noces, la robe immaculée qui représente un caractère purifié dans le sang de l'agneau (Voir Apocalypse 7.14). Quiconque ne porte pas cet habit est jeté dehors; mais ceux qui en sont trouvés revêtus sont acceptés et jugés dignes de participer au royaume de Dieu et d'occuper une place sur le trône de l'agneau. Cet examen des caractères, ce choix des sujets propres au royaume de Dieu, c'est l'instruction du jugement par laquelle se termine l'oeuvre du sanctuaire céleste.

Quand cette instruction sera terminée, quand tous ceux qui, au cours des âges, ont professé la foi chrétienne auront été examinés et classés, alors seulement le temps de grâce prendra fin et la porte de la miséricorde se fermera. Cette seule et courte phrase : « Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée », nous conduit à travers le ministère final du Sauveur, jusqu'au moment où la grande oeuvre du salut de l'homme sera consommée.

Dans le sanctuaire terrestre qui est, nous l'avons vu, l'image des services du sanctuaire céleste, dès que le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint, tout travail cessait dans le lieu saint. Dieu avait dit : « Il n'y aura personne dans la tente d'assignation lorsqu'il entrera pour faire l'expiation dans le sanctuaire, jusqu'à ce qu'il en sorte. » (
Lévitique 16.17) De la même manière, Jésus, en entrant dans le lieu très saint pour y achever Son oeuvre, a mis fin aux services du lieu saint, tout en continuant à plaider devant le Père les mérites de son sang en faveur des pécheurs.

Les adventistes de 1844 ne comprenaient pas ce sujet. Une fois la grande date passée, croyant être arrivés au moment critique où l'oeuvre de Jésus comme intercesseur devant le Père avait pris fin, ils continuèrent de croire que la venue du Seigneur était proche. Il leur semblait voir dans les Écritures que le temps de grâce devait se terminer peu avant le retour du Seigneur sur les nuées du ciel. Cela leur paraissait prouvé par les passages qui décrivent le temps où l'on cherchera, où l'on frappera, où l'on pleurera, mais en vain, devant la porte de la miséricorde. Et ils étaient à se demander si ce temps n'était pas venu. Ayant averti le monde de l'approche du jugement, ils crurent avoir achevé leur oeuvre et se désintéressèrent du salut des pécheurs. Les moqueries blasphématoires des impies étaient pour eux une preuve de plus que l'Esprit de Dieu avait abandonné les contempteurs de sa miséricorde. Tout cela les confirmait dans la conviction que le temps de grâce avait pris fin; ou, pour nous servir de leur expression, que la « porte de la miséricorde était fermée ».

L'étude de la question du sanctuaire leur apporta des lumières nouvelles. Elle leur apprit qu'ils avaient eu raison de penser qu'un fait important devait se produire à la fin des deux mille trois cents jours, donc en 1844. La porte de la miséricorde par laquelle l'humanité avait eu accès auprès de Dieu pendant dix-huit siècles s'était effectivement fermée, mais une autre s'était ouverte, et le salut était offert aux hommes par l'intercession du Sauveur dans le lieu très saint. Une partie de sa tâche n'avait pris fin que pour faire place à l'autre. Il restait une « porte ouverte » dans le sanctuaire céleste où Jésus intercédait en faveur des pécheurs.

On comprit alors ces paroles de Jésus à Son Église : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira : Je connais tes oeuvres... J'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. » (
Apocalypse 3,7-8)

Ce sont ceux qui, par la foi, suivent le Sauveur dans son oeuvre d'expiation et qui reçoivent les avantages de Son intercession; tandis que ceux qui refusent de s'éclairer sur cette oeuvre n'en retireront aucun profit. Les Juifs qui rejetèrent la lumière donnée lors de la première venue du Seigneur et refusèrent de Le recevoir comme Sauveur du monde, ne purent obtenir le pardon en Lui. Quand Jésus, à son ascension, entra dans le sanctuaire avec son propre sang pour répandre sur Ses disciples les bienfaits de Sa médiation, les Juifs, abandonnés à d'épaisses ténèbres, continuèrent leurs offrandes et leurs sacrifices inutiles. La dispensation des types et des ombres était passée. La porte par laquelle les hommes avaient autrefois accédé auprès de Dieu s'était fermée. Les Juifs ayant refusé de l'invoquer de la seule façon par laquelle il fût possible de le trouver, c'est-à-dire par le ministère du sanctuaire céleste, ils perdirent tout rapport avec Dieu. Pour eux, la porte était fermée. Ils me connaissaient pas Jésus comme le véritable sacrifice et comme l'unique Médiateur auprès de Dieu; ils ne pouvaient donc être admis au bénéfice de sa médiation.

La condition des Juifs non croyants illustre l'état dans lequel se trouvent également les chrétiens insouciants qui restent volontairement dans l'ignorance de l'oeuvre de notre miséricordieux souverain sacrificateur. Dans le service typique, quand le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint, tout Israël était tenu de s'assembler autour du sanctuaire et de s'humilier devant Dieu de la façon la plus solennelle, pour recevoir le pardon de ses péchés et ne pas être retranché de la congrégation. Combien n'est-il pas plus important, en ce grand jour antitype de la fête des expiations, de comprendre l'oeuvre de notre souverain sacrificateur et de savoir ce qui est requis de nous!

On ne rejette jamais impunément les avertissements du Seigneur. Au temps de Noé, Dieu envoya un message d'avertissement dont dépendait le salut du monde. Les antédiluviens repoussèrent ce message, et l'Esprit de Dieu se retira de cette génération pécheresse, qui périt dans les eaux du déluge. Au temps d'Abraham, la miséricorde cessa de plaider pour les coupables habitants de Sodome qui tous, sauf Lot, sa femme et deux de ses filles, furent consumés par le feu du ciel. Il en fut de même aux jours du Sauveur, qui disait aux Juifs incrédules de Sa génération : « Votre maison vous sera laissée déserte! » (
Matthieu 23.38) Au sujet des hommes des derniers jours, la Parole inspirée s'exprime comme suit : « Ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice, soient condamnés. » (2 Thessaloniciens 2.10-12) Parce qu'ils rejettent les enseignements de Sa Parole, Diem leur retire Son Esprit et les abandonne aux égarements qu'ils affectionnent.

Malgré tout, Jésus intercède encore en faveur des hommes, et ceux qui cherchent la lumière la trouveront. Ce fait ne fut pas immédiatement compris par les adventistes; mais il leur devint évident des qu'ils commencèrent à saisir le sens des passages de l'Écriture relatifs à leur position.

L'échéance de 1844 fut suivie d'une période de crise. Quelques-uns perdirent confiance dans leur ancien calcul des périodes prophétiques et attribuèrent à des influences humaines ou sataniques la puissance qui avait accompagné le mouvement adventiste. Ceux qui persistèrent dams leur foi trouvèrent un immense soulagement en recevant la lumière touchant le sanctuaire céleste. Conservant l'assurance que le Seigneur les avait dirigés, ils attendirent les directions divines et découvrirent que leur souverain sacrificateur était entré dans une nouvelle phase de Son ministère; en l'y suivant par la foi, ils comprirent également la mission finale de l'Église. Éclairés sur le premier et le second message, ils furent ainsi préparés à recevoir et à communiquer au monde le message du troisième ange, rapporté dans le quatorzième chapitre de l'Apocalypse.
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